ATHENA-DEFENSE

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A propos du budget Défense : Ce que dit la Cour des comptes

 En 2012 : Sur un budget prévu de 39,96 Md€ un décrochage de 1.79Md€ a eu lieu accentué par des annulations de crédit pour un montant de 332M€. Les OPEX ont crée un surcout de 230M€ environ par rapport au provisionnement.. Il manque par ailleurs 200M€ de crédit pour la masse salariale hors Opex. Il y a donc d’ores et déjà un décrochage des crédits par rapport à la loi de programmation. Selon la cour des comptes, un pilotage fin ( admirons la sémantique) devrait permettre une meilleure gouvernance. Les pistes possibles d’économie préconisées sont une amélioration de la gestion du services de santé des Armées… Reste un aléa de 100M€ pour les carburants.. Une insuffisance de crédit au titre des infrastructures à hauteur de 70M€ est identifiée. Le financement du retrait des forces combattantes d’Afghanistan concernera les budgets 2012 et 2013. La cour des comptes n’a pas obtenu de chiffrage… (Et pour cause, puisque ce retrait a été avancé) Le point le plus important est celui du financement sur les restes à payer des équipements militaires : Les échéanciers importants de crédit de paiement de 2012 s’élèvent à 45,18Md€ somme restant à financer fin 2011. Les échéances de 2012 sont de 13,46Md€ et nécessiteront un recours à des ressources exceptionnelles.

La Cour des comptes précise, que la Défense doit accomplir en priorité des efforts pour réduire les dépenses de fonctionnement et les dépenses de certains programmes d’investissement non directement lié à la capacité opérationnelle des armées. Enfin, je cite : « Si ces efforts ne suffisaient pas, la réflexion à venir dans le cadre du nouveau livre blanc sur la défense sera l’occasion de reconsidérer certains éléments du programme d’investissement voire, en dernier ressort, de réduire les objectifs opérationnels confiés aux armées pour les adapter aux contraintes des finances publiques.. »

 

J’aurais aimé que la Cour des comptes indique si les économies ont une  répercussion en terme d’emploi et de conservation de nos capacités industrielles et de recherches, le budget de la défense est le seul à générer un retour sur investissement qui n’est pas en pure perte… En outre chaque report de programme  et chacune des diminutions de cible génèrent un surcout particulièrement important.

 

Une vision comptable et uniquement comptable est une déviation perverse de la réflexion de notre société moderne, qui admet que les banques puissent jouer des centaines de milliard dans des entreprises hasardeuses au détriment final du contribuable mais qui regarde d’un œil sévère ce qui génère sécurité, emploi et investissement d’avenir, la défense n’est d’ailleurs pas la seule touchée. La vision à court terme pour les états et les entreprises fait désormais recette (sans jeu de mot) un rappel : L'industrie de défense en France a généré un solde commercial positif de 2,7 Md€ en 2011, là où le solde commercial de la France s'établissait comme déficit, à 70,1 Md€ )… D’autre part, il ne faut pas oublier que les achats défense ne sont pas exonérés de TVA. La défense comme d’autres ministères devenus non prioritaires va donc subir une nouvelle réduction drastique de son budget.. Et comme d’habitude on fera des économies en allant au plus facile.. Le volume des forces, et l’équipement, sans remettre en cause le ratio opérationnel/ non opérationnel qui est dans nos armées particulièrement défavorable, les dépenses de fonctionnement, le maintien de certains privilèges, Une gestion du personnel qu'il conviendrait d'auditer.. Cela risque de créer une armée mexicaine avec un nombre impressionnant de cadres dans les Etats-majors pour commander un nombre de plus en plus réduit de combattants… D’autres problèmes risquent de révéler un déficit de considération, un décrochage des rémunérations avec certains secteurs appartenant à la fonction publique et aussi dans la sphère sécurité/défense, un recours de plus en plus fréquent aux contrats à durée limités risquant de décourager un certain nombre, un recrutement qui deviendra de plus en plus difficile. Une perte de savoir-faire et de compétence, une dérive vers une spécialisation toujours de plus en plus poussée, rendant spécial ce qui n’a pas lieu d’être.. Nous suivrons de très prés l’évolution de la situation..



05/07/2012
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