ATHENA-DEFENSE

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Au risque de vous surprendre !

 

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 photo  agence reuters

 

« J’ai beaucoup pensé à rien »,  « l’être avec qui on meurt et aussi important que l’être de qui on nait », plus loin, comme une fin qui n’en est pas une, « j’avais été enchanté d’arriver, je n’étais pas fâché de partir » ces petites phrases, prises au hasard au tout début d’un livre,  (1) donnent à réfléchir sur la finalité de l’existence. Jean d’Ormesson,  ce dandy à l’œil malicieux, a toujours su parler de la mort avec le recul nécessaire, l’homme avait su conserver cette éternelle jeunesse des vieux qui,  se moquant de la mort,  ont eu toute leur vie l’obsession de ne parler que d’elle.

 

D’Ormesson aimait Chateaubriand, d’Ormesson savait  tout de lui comme il savait tout de tant d’autres, il avait de la mémoire, celle d’Outre-Tombe peut-être, comme si ayant déjà fait le voyage, il nous rassurait par son sourire,  pour nous dire que cela n’est finalement pas si terrible.

 

Rassurez-vous, je ne vais pas me lancer dans un éloge panégyrique qui tournerait au ridicule. A cet égard, j’ai apprécié, ce matin,  le discours du Président de la République, manifestement rédigé par une plume de talent, il en existe encore.  Non, au risque de vous étonner, je suis simplement touché par cette disparition et au risque de vous étonner plus encore, je suis aussi touché par celle de Johnny Halliday.

 

Si cela vous intéresse, continuez à me lire, sinon, passez votre chemin et acceptez une fois pour toute que je n’ai pas pour seul viatique la défense ou la géopolitique, il m’arrive parfois d’acheter, comme ce 9 février 1994, où de passage à Paris dans l’attente d’un retour vers Berlin, ce livre à la Librairie de Saint Germain des Prés, boulevard Saint-Germain.

 

A la même époque, j’écoutais une chanson de 1985, chanté par un homme de ma génération, portée par une voix unique, une voix qui pouvait transformer le plomb en or. Certes, cette chanson, il ne l’avait pas écrite, elle était celle d’un gamin dénommé Michel Berger, mais ce « quelque chose de Tennessee »  faisait résonner en moi des vibrations étranges. Quelque chose en nous de Tennessee :       Cette volonté de prolonger la nuit  - Ce désir fou de vivre une autre vie - Ce rêve en nous avec ses mots à lui....

 

Oui,  je vous le dis, on peut aimer un auteur réputé classique ou un philosophe, et apprécier un chanteur. Il n’est pas interdit d’aimer la musique classique et le jazz, les bandes dessinées et Chateaubriand, la complexité de la géopolitique et la poésie. Je revendique le droit d’être multiple et complexe. Je ne suis pas compliqué, ce qui est compliqué c’est l’étiquette qu’un jour on vous met sur le dos et qui finit par coller comme un sparadrap sur les doigts, sans que l’on puisse s’en débarrasser.

 

J’ai regardé ce matin la cérémonie d’hommage national,  belle et digne donnée à Jean d’Ormesson, « une clarté qui nous manquera ».  Je suivrais demain l’hommage populaire rendu à un saltimbanque, car le popu a aussi le droit aux rêves et celui-là, il a fait rêver.

 

Alors que les cul-serrés et les  esprits chagrins pour une fois se rejoignent, en honorant  les morts on ne fait que communier sur nos pauvres vies. Ils ne sont que des éclaireurs qui nous ouvrent le chemin. Les honorer,  c’est respecter nos modestes trajectoires de vie, car ils sont,  qu’on le veuille ou non,   sinon des exemples,  des marqueurs du temps qui passent.  

 

D’Ormesson,  comme Johnny,  étaient des « émerveilleurs » le premier n’aurait pas condamné ce mot, le second aurait été caricaturé s’il l’avait prononcé.  Les deux valaient bien ce petit billet de ma part.

 

Roland Pietrini

 

 

 

 

 

(1) La douane de mer

 



08/12/2017
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