ATHENA-DEFENSE

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Centrafrique : en toute chose il faut raison garder.

 

 

 

Soyons clairs, des militaires français sont accusés d’avoir commis des abus sexuels sur des enfants en Centrafrique. Il ne sert à rien de nier à priori ou d’avoir un réflexe de défense qui serait basé tout autant que les accusations  sur des rumeurs. L’enquête est en cours, nous verrons ce qu’il en ressortira.  

 

Il convient cependant de souligner que cette accusation, relayée par le quotidien britannique The Guardian, est un journal sérieux mais un ami qui nous veut du bien  et qui participe tout autant que les autres au bashing anti-français. Sans revenir à ce qui était écrit à l’époque  en ses pages sur la France et les Français lors de notre refus de collaborer aux mensonges qui ont déclenché la seconde guerre en Irak, il indiquait  dans un l’article paru au début du mois d’avril 2014 que les Français ne travaillaient plus, mais alors plus du tout, après six heures du soir avec une conclusion à la hauteur insistant sur le fait que les Anglais se tuent au travail tandis que les Français n’en foutent pas une et passent leur temps à boire du Sancerre dans des bistrots. Ce qui démontre un souci évident d’objectivité et de sérieux rédactionnel.

 

En 2003, de nombreuses femmes kényanes (281) ont manifesté devant le Haut-commissariat britannique à Nairobi pour demander des réparations en exhibant des bébés métis, censés être la preuve des viols dont elles auraient été victimes. L'enquête britannique a conclu que les enfants censés être les preuves du viol étaient le résultat de relations consentantes ou de viols pratiqués par des hommes ne faisant pas partie de l'armée britannique. Quelle chance, il n’y avait pas de Français au Kenya, ancienne colonie britannique, sans quoi on aurait eu des doutes. Sur les 4000 soldats britanniques présent au Kenya aucun n’avait commis de viol, nous voilà rassurés, mais tous étaient tombés sous le charme consenti des Kenyanes…     

 

Venons-en aux faits qui nous intéressent : Une enquête menée par le Bureau des droits de l’homme des Nations Unies à Bangui par un Suédois du nom d’Anders Kompass, transmise aux autorités françaises le 29 juillet 2014, au mépris de toute règle, rapportait des allégations d’exploitation sexuelle et d’abus d’enfants prétendument commis en Centrafrique par des militaires français.

Anders Kompass a été  sanctionné et « placé en congé administratif avec plein salaire, en attendant les conclusions d’une enquête interne sur ce grave manquement aux procédures en vigueur ».

Comment a été menée cette enquête ? Nous ne la savons pas. Dans quelles conditions ont été recueillis les témoignages ? Nous ne le savons pas. Monsieur Farhan Haq, le porte-parole adjoint des Nations Unies conclut en préliminaire qu’une telle conduite de la part d’Anders Kompass « ne peut pas être considérée comme celle d’un lanceur d’alerte » 

Cependant, le journal Jeune Afrique en date du 30 avril 2015, écrit que «Selon la co-directrice de l'ONG américaine Aids-Free World, Paula Donovan qui a communiqué le rapport au Guardian, le document rassemble les témoignages de six enfants âgés de 8 à 15 ans et implique une quinzaine de soldats français. Ceux-ci auraient échangé de la nourriture et parfois de petites sommes d'argent, contre des faveurs sexuelles »

Sans être un virtuose des procédures judiciaires, il semblerait donc que le qualificatif de viol, si les faits sont avérés, semblent inadaptés car il s’agirait en l’occurrence d’une " d'exploitation sexuelle et d'abus commis sur des enfants en raison d’une position dominante "  ce qui ne diminue évidemment pas la gravité des faits.  La justice française a ouvert à Paris, le même mois, une enquête en la qualifiant de viol sur mineur de moins de 15 ans.

 
"Les enfants (6 de 8 à 15 ans) ont témoigné qu'ils avaient faim et qu'ils pensaient pouvoir se procurer de la nourriture auprès des soldats", a expliqué Mme Donovan. La réponse des soldats était "si tu fais ça, alors je te donnerai à manger". Ces « faits auraient été commis sur une dizaine d’enfants, sur le site de l’aéroport de M’Poko, en Centrafrique, entre décembre 2013 et juin 2014″.

 

Le ministère français de la Défense, quant à lui, a précisé  que  les témoignages d’enfants centrafricains mettant en cause des militaires de l’opération Sangaris ont été recueillis par un agent du Bureau Intégré de l’Organisation des Nations Unies en Centrafrique (BINUCA), assisté par de personnels de l’UNICEF, avant d’être « consignés dans un rapport de la MINUSCA » (Mission des Nations unies en Centrafrique).

 

Opex 360, bien informé et toujours précis, rappelle que « chronologiquement, à Bangui, le Groupement tactique interarmes (GTIA) Amarante, armé par le 8e RPIMa, a été relevé par le GTIA Savoie en février. Puis, ce dernier a été à son tour remplacé, en juin, par le GTIA Acier. Enfin, étant donné que les relèves ont lieu tous les 4 mois, il y a une incohérence s’il est établi que les faits se sont vraiment produits entre décembre 2013 et juin 2014. En outre, il n’y avait pas que des militaires français présents à M’Poko : il y avait également ceux de la MISCA (Mission internationale de soutien à la Centrafrique) ».

 

Lorsque l’on sait dans quel contexte délicat  cette mission en Centrafrique a été effectué, il convient donc de rester prudent, la versatilité des opinions en Afrique et les manipulations possibles  sont parfaitement connues, le contexte plus que délicat des interventions l’est tout autant. Dans tous les conflits, dans toutes les guerres, dans toutes les armées, des salauds restent en embuscade, mais de grâce, même si ces faits étaient avérés, ce qui est loin d’être le cas, cela ne remet pas en cause l’immense probité et générosité de nos soldats lors de missions plus que délicates et éprouvantes.

Informer demande de la rigueur, il n’est pas certain que les médias en diffusant des informations tronquées ou incomplètes s’en souviennent.  Je note que pour l’instant aucun militaire n’est mis en examen, l’enquête, quant à elle,  promet d’être longue et nébuleuse, un peu comme la brume du matin sur la savane.

Un proverbe chinois, il pourrait être africain,  dit : « Quand moustique se pose sur tes testicules, toi comprendre que la violence pas toujours la solution »  En toute chose il faut raison garder.

Roland Pietrini

 

Retour sur le contexte de l'époque: http://www.athena-vostok.com/rca-danger-de-genocide

 

Pour ceux qui souhaiteraient avoir des informations sur le prostitution en Afrique: http://www.afrik.com/prostitution

 

Rappel pédagogique

 

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La prostitution des enfants n’implique pas forcément une transaction monétaire et peut aussi bien concerner une rémunération en nature telle que de la nourriture, un abri, une promesse de protection ou encore une faveur comme des meilleures notes scolaires. Cependant, un enfant ne choisit pas d’exercer la prostitution, il y est forcé par des circonstances, des valeurs, des normes sociales, ou des personnes abusives. Ce sont les adultes qui créent la prostitution des enfants à travers leur demande, leur abus de pouvoir et leur désir de profit. A ce titre, les expressions de type « enfant prostitué » ou « enfant travailleur du sexe » dénaturent la réalité impliquant un choix de la part de l’enfant. 

 

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Les enfants restent des enfants

 

Au Mali, comme dans de nombreux pays d’Afrique, « on assiste à une recrudescence des abus sexuels à l’égard des mineurs de l’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales et la traite des enfants », rapporte le journal de Bamako Le Flambeau relayant Ecpat, réseau international d’organisations travaillant ensemble à l’éradication de la prostitution enfantine. L’ONG a dressé un état des lieux inquiétant de cette industrie extrêmement lucrative, qui prend de nombreuses formes : tourisme sexuel, pédopornographie, prostitution enfantine et traite des enfants à des fins sexuelles. Elle dénonce également les réseaux qui se développent un peu partout sur le continent.



30/04/2015
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