ATHENA-DEFENSE

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Centrafrique. La logique du caporal.

Si vous aviez interrogé, il y a  deux semaines à peine, le premier brigadier ( caporal) venu,  sur le dimensionnement des moyens projetés en Centrafrique pour remplir la mission confiée à l’armée française, par un chef des armées dont la compétence n’a échappé à personne et qui annonce d’avance la fin du match à 6 mois et les effectifs à ne pas dépasser, 1600 hommes,  pas un de plus;  celui-ci, vous aurait confié son scepticisme au regard de la faiblesse des moyens en homme, de la solitude de la France et il aurait rajouté, car le brigadier n’a pas fait l’école de guerre, que l’imprécision de la mission face à la complexité de la situation ne pouvait que rajouter de la difficulté à la difficulté.

Ce qui en langage simple et militaire d’homme de base, se traduit par:  c'est le merdier. 

 

D’ailleurs nos  grands penseurs, généraux en 2°section, dont les analyses fines ne cessent de nous épater, indiquent, qu’il faudrait pas moins de 6000 hommes pour remplir une partie de la mission.. L’accrochage récent entre soldats tchadiens et burundais montre que le risque de guerre pseudo religieuse peut dégénérer  soudainement entre les forces de la Misma, que la cohérence opérationnelle est fragile, voire inexistante, que nos soldats sont otages d’une situation dans laquelle Hollande ( le président)  les a engagés, sans réflexion, sans vision stratégique, à se demander si nos généraux auxquels on a retiré une partie de leur autorité ne sont pas eux-mêmes otages d’un pouvoir faible, incohérent, irresponsable.

 

Or la France est engagée au Mali, souvenez-vous cela devait être une promenade de santé,  et désormais, elle l’est en Centrafrique.  Dans cet engagement  comme dans l’autre la France ne peut désormais  se désengager et restera seule, contrairement aux discours de notre ministre, étrangement discret ces temps-ci, et de notre inénarrable président ( tant ses blagues sont judicieuses)  qui dans le domaine de l’alchimie a trouvé la pierre philosophale, celle de transformer en plomb notre or, et de faire de l’outil militaire une  machine inefficace faute de s’engager avec des moyens suffisants.  Quitte à y aller, Il fallait frapper vite et fort, sauf qu’après un régime  de pain sec et d’eau,  nos armées sont cacochymes (suranné et faible, je précise car ce terme est peu employé dans nos académies militaires) ..

 

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Certains vont même jusqu’à avancer que le maintien de l’ordre pourrait être assuré par des gendarmes mobiles, en matière d’imagination, nos stratèges ne manquent pas de courage, nos gendarmes avec tout le respect que je leur dois, ont autre chose à faire, et surtout ne sont pas formés  pour vivre à la dure, sans douche et sans hôtel.. Plus sérieusement, la mission serait plus complexifiée,  dans la mesure où nos forces devraient les protéger dans leur action, car il ne s’agit pas uniquement de maintenir une foule en délire mais de désarmer des factions, on n'est pas face à des bonnets rouges qu’un jet d’eau suffit à disperser, mais face à des foules mélangées, femmes, enfants, hommes, parfois drogués, parfois alcoolisés, toujours manipulés où la rumeur remplace l’information, dans un pays sans structure, sans autorité légale, livré au pillage et à la plus grande misère.

 

Nous y sommes désormais, enfoncés jusqu’au cou.. Notre caporal avait raison, c’est le merdier.. Merci chef !  A vos ordres chef !  Bon voyage en Arabie saoudite, vendez-leur des frégates et des sous-marins, à nous il nous restera des pétoires..

 

 



29/12/2013
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