ATHENA-DEFENSE

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Flux migratoire -une photo qui fait parler. Il est temps !

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sur la plage d’Al-Qarabole, à 60 km à l’est de Tripoli.  Quelques 70 autres corps qui n’ont pas été piégés dans l’embarcation ont été rejetés par la mer, dont ceux de cinq enfants en bas âge. Le 25 août 2014

 

 

 

A défaut de faire pleurer certains, la photo de ce pauvre enfant noyé sur une plage fait parler et pas toujours avec de bonnes intentions. Le problème n'est pas celui de cette photo mais du phénomène qu'il illustre. 

Revenons-en aux faits, depuis de nombreux mois des adultes et des enfants sont retrouvés noyés, il n’y a pas de miracles pour ceux qui,  fuyant les zones de guerre ou la misère, sont abandonnés par des passeurs sans scrupules et assassins sur des navires poubelles ou des embarcations inadaptées à la navigation en haute mer. Ces départs ne  peuvent passer inaperçus des autorités de certains pays dont la Turquie, la Tunisie, le Maroc, sans parler de côtes libyennes.

Au total, en 2014, plus de 230 000 migrants seraient parvenus à atteindre les côtes européennes, selon l'agence européenne Frontex. 28000  auraient perdu la vie. Selon le Ministère de l'Intérieur italien, 170 000  sont arrivés en Italie. C'est plus du double qu'en 2013. Un afflux qui dépasse même le dernier pic atteint en 2011,  au moment du Printemps arabe (141 000). Désormais, c’est aussi par voie terrestre que ces gens, car il s’agit de personnes, (certains en douteraient-ils ?) tentent à tout prix de rejoindre ce qu’ils considèrent comme l’Eldorado, les pays nordiques, l’Allemagne, l’Autriche, la Grande- Bretagne, la France n’est pas un pays de préférence pour la majorité d’entre eux.  

Ces migrants proviennent désormais de trois pays en guerre, la Syrie, l'Erythrée et la Somalie. En Somalie,  ce qui les poussent au départ, ce sont les islamistes du Shebab liés à Al Qu’Aïda qui font régner la terreur. Les  Erythréens sont également soumis au régime dictatorial imposé par Issayas Afeworki.

Ce flux s’ajoute à ceux des populations fuyant  les conflits au Mali, au Soudan, au Sud Soudan, au Nigeria, au Tchad et en République Centrafricaine, dans lesquelles la France est engagée.  

Selon l'agence européenne Frontex,  il y aurait au total,   sept routes d'entrée en Europe, dont trois principales. Les migrants venants d'Afrique subsaharienne et du Maghreb passent en majorité par les enclaves espagnoles de Melilla et de Ceuta au Maroc. Les migrants en provenance du Proche-Orient passent par la frontière turque puis pénètrent en Grèce. Les autorités turques semblent fermer les yeux où sont corrompues. On peut se poser la question de savoir  quelles pression politiques faisons-nous peser sur la Turquie afin qu’elle maîtrise et régule ces flots.  En 2014,  plus de 50 000 personnes ont franchi la frontière turco-grecque, contre 25 000 l'année précédente.  A la décharge de la Turquie, celle-ci accueille déjà  sur son territoire, dans des camps, 1,8 millions de réfugiés.  Le  Liban,  petit pays  accueille 1.2 millions pour 4 millions d’habitants. La Syrie s’est donc vidée quasiment de la moitié de ces habitants, ce qui équivaudrait à l’échelle de la France,  à un départ de 32.5 millions d’habitants sur les 66 millions.

Désormais, la Libye apparaît comme la porte principale d'entrée vers l'Europe. 60% des migrants ont opté pour cette voie en 2014, soit 170 000 personnes, contre 40 000 en 2013. En août 2014, l'UNHCR (Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés) comptait 37 000 candidats au départ à Tripoli et Benghazi. Cette hémorragie que Kadhafi avait indiquée comme menace, est certainement  sous-estimée. Le gouvernement de Tripoli n’est pas en mesure d’endiguer ce flux. Que faisons-nous concrètement pour l’aider ? Cette situation permet le développement de véritables réseaux de passeurs dont les bénéfices remontent en partie pour alimenter le terrorisme islamiste.   

 

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La  multiplication des conflits dont nous sommes largement responsables en déstabilisant les régimes totalitaires en place et desquels nous avons largement profités durant des décennies,  est loin de se tarir. Quatorze conflits au cours des cinq dernières années, pardon si j’en oublie,  huit en Afrique (Côte d’Ivoire, République Centrafricaine, Libye, Mali, nord du Nigeria, République Démocratique du Congo, Soudan du sud et Burundi), trois au Moyen-Orient (Syrie, Irak, Yémen), un en Europe (Ukraine) et trois en Asie (Kirghizistan, plusieurs régions de Birmanie et du Pakistan). Nous sommes donc à l’orée d’un gigantesque  mouvement de populations qu’il sera impossible d’endiguer si nous ne prenons pas à bras le corps la résolution des crises en amont.

Il va falloir se retirer les doigts (les anciens militaires comprennent la suite) en montant au charbon et en cessant d’être les propres spectateurs du merdier que nous avons semé. Il  va falloir y aller… Mais cela ne sera pas suffisant si en contrepartie on n’accueille pas dans des conditions minimales et décentes les victimes de la barbarie. Même si certains de mes concitoyens ont la trouille, il fallait y réfléchir avant. Il est trop tard pour continuer à réfléchir avec un seul neurone du genre -Y’a qu’à les renvoyer chez eux-, car leur chez eux n’existe plus et on a contribué à le foutre en l’air. Alors de grâce,  respectez l’image de ce gamin sur une plage, il est ni plus ni moins que l’illustration de la honte que nous avons, celle  d’avoir élu les dirigeants les plus cons de la planète.    Cette photo vous dérange, tant mieux ! Elle marque, parce qu’elle est clean, cela change de ce qui peut être vu ailleurs en Afrique, notamment où des gosses étaient coupés à la machette, des femmes violées et éventrées, des hommes brulés vifs par aspersion d’essence. Vous en voulez encore ? Non,  ce gosse est clean, il est mort presque décemment sur une plage où  d’autres gosses de son âge aurait pu faire des pâtés de sables. Il n’en est pas moins mort  de son innocence. Cette photo vous trouble tant mieux, elle a la puissance de la vérité toute simple, il faut souhaiter qu’elle nous fasse tous réfléchir, pour une fois…

 

 

Roland Pietrini

 

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La comparaison avec nos enfants noyés sur nos plages en raison des vacances est abjecte.

lui, il n'avait pas choisi de faire des châteaux de sable.

 

http://www.athena-vostok.com/flux-migratoire-l-evidence-du-pire



05/09/2015
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