ATHENA-DEFENSE

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Guerre, terrorisme... Et si on parlait vrai. Intervention et soumission. ( 1° partie)

 

 

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«Nous sommes en guerre, nous subissons depuis plusieurs mois en Europe des actes de guerre, et face à cette guerre, il faut une mobilisation de tous les instants» explique Manuel Valls,  « La France est en guerre » affirme François Hollande, le chef des armées.

 

Puisque l’exécutif l’indique, il n’y a aucune raison d’en douter,  lui qui  dispose sur le plan intérieur comme sur le plan extérieur, des meilleurs moyens de renseignement, des forces de maintien de l’ordre et des forces armées.

 

Nous serions donc en guerre face à un ennemi hybride qui nous aurait déclaré la guerre, et qui par définition userait  d’armes et de moyens que notre déontologie nous empêcherait d’utiliser à son encontre. Je constate que nous avons la fâcheuse habitude,  dès que l’on tente d’étudier un phénomène, en l’occurrence celui du terrorisme et de la guerre, de mettre  des lunettes un peu opaques et  d’oublier une partie des éléments de réflexion, et non des moindres.

 

En effet, le terrorisme n’est pas un phénomène nouveau et les victimes, devrions-nous le rappeler, ne sont pas toutes occidentales. Il faut même constater que les victimes occidentales, en raison de l’efficacité de nos services, et il faut leur rendre hommage, sont proportionnellement rares en comparaison au nombre de celles qui sont comptabilisées dans d’autres pays, et singulièrement dans les pays qui sont en guerre sur leur propre territoire.

 

Quelques exemples : le nombre de victimes lié au terrorisme mondial a augmenté d’environ 80% en 2014. L’an dernier, 32 658 personnes ont été tuées contre 18 111 victimes en 2013. C’est le chiffre le plus élevé jamais enregistré. Il est presque dix fois plus élevé qu’en 2 000. En effet, en 2000 le nombre de morts causés par les attaques terroristes se chiffrait à 3 329.

 

Cinq pays souffrent de la majorité des attaques terroristes, l’Irak, le Nigeria, l’Afghanistan, le Pakistan et la Syrie comptabilisent à eux seuls 78% des morts de 2014. L’Irak porte le fardeau le plus lourd avec 9 929 décès liés au terrorisme en 2014.

 

Le  nombre des pays responsables de plus de 500 morts liés au terrorisme a augmenté de 5 à 11, avec l’ajout de la Somalie, de l’Ukraine, du Yémen, de la République Centrafricaine, du Sud du Soudan et du Cameroun. L’Europe et les Etats-Unis  représentent une infime partie du phénomène. Une  étude révélée par l’IEP (Institute for Economics and Peace), rend deux groupes, Boko Haram et Daesh responsables de la moitié d’entre eux.

 

Les Talibans, qui représentaient le groupe le plus meurtrier en 2013, arrivaient à la troisième place en 2014 en ayant tué 3477 personnes au cours d’attaques terroristes. (Source static.visionofhumanity.org)

 

Ces victimes sont, il convient de le dire,  de majorité musulmane.  Ont-elles moins de valeurs que les nôtres ?  Pourquoi les musulmans ne font-ils pas le ménage au sein même de leurs communautés ? Pourquoi cette passivité ? Voilà un autre sujet de réflexion.

 

Simplement, pour l’instant, je me permets de  poser ces questions. Certains responsabilisent les musulmans en avançant des réponses sinon racistes, au moins de mauvaise foi, du genre : ils sont responsables de leur malheur, ils sont musulmans donc inassimilables, ils avaient qu’à naître ailleurs ou, argument ultime,  je ne les aime pas... Ceci étant posé et ses réponses actées, il parait évident que nous sommes à peu près au niveau zéro de la compréhension du phénomène. Un retour en arrière s’impose.  

 

 

 

Dans les années 1960 qui voient la fin des « évènements d’Algérie » (on mettra un certain temps pour parler de guerre), les affrontements entre le Front de libération nationale et le Mouvement National Algérien causèrent en France, selon les chiffres officiels entre le 1er janvier 1956 et le 23 janvier 1962, 10 223 victimes dont 3 957 tués. [ Les Français subissent  lors de cette décennie 54 attentats,  faisant 32 morts et de nombreux blessés. Le 18 juin 1961, l’attentat dans le train Strasbourg –Paris  cause la mort de 28 personnes et en blesse 170. En 1962,  L’OAS déposera une cinquantaine de bombes et fera 86 attentats. (Voir la liste complète, des attentats commis en France de 1960 à nos jours en annexe)

 

Il faut se souvenir cependant,  des principaux attentats meurtriers ayant été commis en France pour mesurer l’ampleur du phénomène.

 

Les années 70 sont  les années Carlos. (Ilich Ramírez Sánchez, né le 12 octobre 1949 à Michelena, plus connu sous le nom de Carlos ou  - En 1973, il prend les commandes du Front populaire de libération de la Palestine - Opérations externes (FPLP-OE) dont il était sympathisant, et prend alors le surnom de Carlos-, est un terroriste d’origine vénézuélienne condamné par la justice française à la réclusion criminelle à perpétuité pour assassinats. Initialement détenu à la maison d’arrêt de la Santé à Paris, il est actuellement incarcéré à la maison centrale de Poissy dans les Yvelines).  Le 15 septembre 1974, il commet un attentat à la grenade au drugstore Saint-Germain-des-Prés à Paris, fait 2 morts et 34 blessés. Le 10 mars 1975,  un attentat à la gare de l'Est à Paris, 1 mort et 7 blessés ; le 27 juin suivant,  deux policiers sont tués, dans un autre attentat, rue Toullier à Paris.

 

Le 3 octobre 1980, une bombe explose à Paris, devant la synagogue de la rue Copernic. Le 29 mars 1982, une bombe explose dans le train TEE "le Capitole" reliant Paris à Toulouse, tuant 5 personnes et faisant 27 blessés. Jacques Chirac aurait dû emprunter ce train. L’attentat est revendiqué par Carlos.

 


 

Le 9 août de la même année, l’attentat de la rue des Rosiers à Paris fait 6 morts et 22 blessés, Les services de police et de renseignements chargés de l'enquête soupçonnent le Fatah, Conseil révolutionnaire d'Abou Nidal, un groupe palestinien dissident de l'OLP.

 

Le 15 juillet 1983,  l’ASALA (mouvement nationaliste de tendance marxiste-léniniste) fait exploser une bombe à l'Aéroport Paris-Orly, faisant 8 morts et 56 blessés.

 

À Tain-l'Hermitage, l'attentat du 31 décembre 1983 contre un TGV Marseille-Paris fait trois morts et une quinzaine de blessés

 

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Attentat dans le tgv Paris-Marseille du 31 décembre 1983

 

 

 

Le plus meurtrier, l'attentat de la rue de Rennes, du 17 septembre 1986 devant le magasin Tati et le siège du magazine "Le Point", dans le 6e arrondissement de Paris, fait 7 morts et 55 blessés. Cet attentat sera revendiqué par le « Comité de solidarité avec les prisonniers politiques arabes et du Proche-Orient » (C.S.P.P.A.) un faux nom dissimulant le Hezbollah.

 

 En 1995, une série d'attentats attribués au Groupe islamique armé (GIA) fait 8 morts à Paris

 

Entre juillet et octobre 1995, la France est touchée par huit attentats à la bombe qui feront huit morts et près de 200 blessés, officiellement attribués au Groupe islamique armé (GIA), basé en Algérie. Le 25 juillet 1995 à 17h30, une bouteille de gaz bourrée d'écrous explose dans le RER parisien à la gare Saint-Michel - Notre-Dame. Le bilan final est de 8 morts et 117 blessés.

 

Le 17 octobre 1995, une rame du RER est perforée par l'explosion d'une bombe entre les stations Musée d'Orsay et Saint-Michel fait  une trentaine de blessées.

 

La liste est longue, la litanie des victimes risque de lasser le lecteur.

 

En 2012, Mohamed Merah,  désigné par la presse comme « un jeune délinquant » toulousain de 23 ans, se lance dans une série d'expéditions jihadistes en scooter, et assassine  successivement un militaire le 11 mars 2012 à Toulouse,  puis deux autres à Montauban le 15, et enfin trois enfants juifs et un enseignant, père de deux d'entre eux, le 19 mars à l'école juive à Toulouse.

 

Personne ne tire les conséquences de ce qui est en fait le premier acte terroriste « moderne » qui ouvre les nouvelles méthodes des combattants qui se réclament d’un Allah sanguinaire « ces mutants qui sèment la mort au nom d’un obscur et fallacieux paradis à venir et dans l’au-delà » comme le désigne un certain Arezki Metref Journaliste et écrivain algérien, qui rajoute, dans un interview donné dans le journal l’Humanité du 12 avril 2016 ( il n’est pas inutile d’avoir de bonne lecture...)  « oui, en Algérie, on a connu ça ! Doit-on rappeler l’attentat du 26 août 1992 contre l’aéroport d’Alger ? (Le 26 août 1992 à 10 heures 45 une bombe explosait dans le hall central de l’aéroport Houari Boumediène d’Alger faisant 9 morts et 128 blessés). Doit-on déplorer rétroactivement que personne à l’époque, en dehors d’un quant-à-soi éploré, n’ait clamé : « Je suis Alger » ? Bon, on ne va plus ressortir ça à chaque attentat en Europe, car au rythme où ça va, ça risque d’être un chouia répétitif. La question demeure : comment le salafisme a-t-il pu, après s’être fait les dents sur des pays comme l’Algérie, s’ancrer en Europe, se greffer sur la ligne de fracture sociale, et convertir instantanément en adorateurs de la mort, puis en bombes humaines, des jeunes désertés par l’espérance » Oui,  comment se fait-il ? La question est posée. Je ne prétends pas avoir la réponse, mais de démission en démission,  de laxisme en clientélisme, de lâcheté en lâcheté, ne sommes-nous pas nous tous responsables un chouia... Puisque nous choisissons au plus haut niveau nos représentants, ceux qui sont censés avoir de « cojones », nous qui ne sommes que des ignares stupides et irresponsables,  devrions-nous croire en leur capacité à nous protéger ? Pourtant, le 25 mai 2013, un individu attaque à l'arme blanche un soldat en faction à La Défense. Le soldat est blessé dans la tentative d'égorgement, mais a pu sortir de l'hôpital quelques jours après son agression. L'individu interpellé a été mis en examen et placé en détention provisoire pour "association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste". Cette action,  la première du genre, intéresse peu les médias.

 

L’année 2014 est un tournant. Le 20 décembre 2014, un individu armé d'un couteau pénètre dans le commissariat de Joué-lès-Tours, faisant 3 blessés dont 2 graves. Il est abattu sur les lieux par la police. Selon la famille,  il ne s'agirait pas d'un attentat mais d'un malentendu. L'auteur de l'agression est un converti à l'islam, radicalisé récemment. Il a crié « Allah Akbar » durant son agression.

 

Nous en arrivons aux évènements récents, faut-il les rappeler ?

 

Le 7 janvier, deux hommes cagoulés armés, les frères Kouachi, pénètrent dans les locaux de la rédaction du magazine Charlie Hebdo à Paris, tuant 12 personnes et faisant 11 blessés. Le 8 janvier, l'islamiste radical Amedy Coulibaly tire sur une policière municipale et un agent municipal à Montrouge, faisant 1 mort et 1 blessé grave. Le 9 janvier,  ce même Amedy Coulibaly réalise la prise d'otages du magasin Hyper Cacher de la porte de Vincennes (Paris) faisant 4 morts et 4 blessés. Parallèlement, les frères Chérif et Saïd Kouachi, auteurs présumés de l'attentat à Charlie Hebdo, réalisent une prise d'otage dans une imprimerie de Dammartin-en-Goële. Ils sont abattus par les forces de l'ordre lors de l’assaut.

 

Le 3 février, Moussa Coulibaly agresse à l'arme blanche 3 militaires en mission dans le cadre du plan Vigipirate devant un centre communautaire juif à Nice. Quelques instants après l'agression, il est intercepté par les forces de l'ordre. Durant sa garde à vue, il évoque sa haine des juifs et des militaires et dénonce les persécutions dont les musulmans seraient victimes selon lui.

 

Entre le 9 et le 10 avril, c’est la  cyberattaque de TV5 Monde qui entraîne l'arrêt de la diffusion des programmes de la chaîne de télévision francophone. Cette attaque, sans précédent dans l'histoire de la télévision, est revendiquée par le groupe « Cybercaliphate », se réclamant de l'organisation État islamique. Le 19 avril,  Sid Ahmed Ghlam, algérien islamiste radical de 24 ans, préparait à l'heure de la messe un attentat contre les deux principales églises de Villejuif : Saint-Cyr-Sainte-Julitte au centre-ville et Sainte-Thérèse, au nord. Selon le curé de Saint-Cyr-Sainte-Julitte, il y avait 300 personnes et la cérémonie n'était pas protégée par la police. À 8 h 50,  le Sid Ahmed appelle le SAMU, car il est blessé gravement à la hanche et à la rotule par deux balles. Selon les enquêteurs, il se serait lui-même blessé au cours de la tentative de vol du véhicule de Aurélie Châtelain, celle-ci est tuée et il aurait ensuite brûlé la voiture qui contenait le corps de la jeune femme, avant de regagner le XIIIe arrondissement. La police arrête alors le triste « Sid » Ghlam et évite ainsi le massacre.

 

Le 26 juin,  c’est l’attentat de Saint-Quentin-Fallavier. Au moins un homme, à l'aide d'une voiture bélier, fait exploser des bonbonnes de gaz dans une usine industrielle classée Seveso. Un corps décapité avec des inscriptions en arabe et la profession de foi musulmane est retrouvé à proximité du site. Le suspect est algéro-marocain et en lien avec la mouvance salafiste. L'auteur des faits nie la dimension terroriste.

 

Le 13 juillet, trois individus ont été interpellés pour un projet d'attentat contre une installation militaire. Il s’agit d’un mineur de 17 ans, d’un jeune majeur de 19 ans et d’un ancien matelot réformé de la marine française de 23 ans. Interpellés dans les départements des Bouches-du-Rhône, du Rhône et des Yvelines, ils auraient reconnu leurs intentions durant leur garde à vue.

 

Le 21 août,  c’est  l’attentat du train Thalys. Je résume,  un homme armé d'un fusil d'assaut AKM, le Marocain Ayoub El Khazzani, est désarmé in extremis dans le Thalys no 9364 reliant Amsterdam à Paris. Il blesse trois passagers avant d'être maîtrisé. L'auteur des faits nie la dimension terroriste.

 

Le 29 octobre, un jeune Toulonnais de 25 ans, Hakim Marnissi, est arrêté alors qu'il préparait un attentat contres des militaires de la base navale de Toulon. Il était en contact avec un djihadiste français en Syrie et aurait reçu deux colis contenants un couteau et deux cagoules.

 

Le 13 novembre ce sont les  attentats sanglants à Paris, véritables attaques organisées et coordonnées, revendiquées par l'État islamique, faisant 130 morts et 414 blessés. De nombreuses questions restent en suspens concernant la manière dont nos services ont réagi à cette attaque.

 

Le 22 décembre, un projet d'attentat a été déjoué à Orléans. Deux personnes ont été interpellées,  leur audition a confirmé qu'ils visaient des installations militaires.  Le 23 décembre à Montpellier, un couple a été arrêté. Les services de renseignement français ont confirmé qu'une femme radicalisée préparerait un attentat suicide. Elle avait un faux ventre chez elle entouré d'aluminium, certainement pour placer des explosifs à l'intérieur et avait récemment fait des recherches sur les femmes kamikazes.

 

2016, le  1erjanvier, attaque à la voiture-bélier contre des militaires en faction devant la grande mosquée de Valence (Drôme). Un soldat est blessé et un fidèle du lieu de culte est blessé par une balle perdue tirée par un des militaires. Le conducteur, un homme de 32 ans, est grièvement blessé par les tirs de riposte. Il explique son geste par la volonté de tuer des militaires. Des images de propagande djihadiste sont retrouvées sur son ordinateur.

 

Le 7 janvier, un homme, porteur d'une arme blanche, est abattu par des fonctionnaires de police devant le commissariat du quartier de la Goutte-d’Or dans le 18e arrondissement de Paris après avoir tenté d'y pénétrer. L'homme a crié « Allahu akbar » et portait un faux gilet d'explosifs,  selon le porte-parole du ministère de l'Intérieur.

 

Le 2 février, six hommes sont arrêtés à Lyon, ils devaient se rendre en Syrie et prévoyaient d'attaquer des clubs échangistes en France[.

 

Le 9 mars, un individu radicalisé d'une trentaine d'années a embarqué à l'aéroport de Nantes en direction de Fès. Il a été arrêté au Maroc par les autorités marocaines,  en possession de plusieurs armes blanches et une bonbonne de gaz.

 

Le 9 mars, un franco-algérien a délibérément lancé sa voiture contre la façade d'un commissariat de police à Firminy. D'après Noëlle Deraime, directrice départementale de la sécurité publique, il ne s'agit pas d'un accident. Alors de quoi s’agit-il ?

 

Le 11 mars, quatre adolescentes ont été interpellées alors qu'elles dialoguaient sur les réseaux sociaux pour monter un projet d'attaques contre une salle de concert parisienne. Deux d'entre elles ont été déférées devant la justice pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ». L'enquête a montré que les deux adolescentes avaient pour projet d'acheter des armes à Molenbeek et attaquer une salle de concert parisienne pour réitérer les attaques du 13 novembre. Auraient-elles commis l’acte ? Rien n’est moins sûr, mais cela traduit pour le moins,  l’influence de la propagande sur des esprits faibles.

 

Le 16 mars, quatre personnes (3 hommes et 1 femme) ont été interpellées par la DGSI dans le XVIIIe arrondissement de Paris ainsi qu'en Seine-Saint-Denis. Elles sont suspectées de s'être préparées à commettre des attentats dans la capitale. Les quatre suspects ont été placés en garde à vue dans les locaux de la DGSI. L'un des suspects est un citoyen français de 28 ans, fiché S et assigné à résidence depuis les attentats du 13 novembre.[

 

Le 24 mars, un homme est arrêté à Argenteuil, il préparait un attentat à un stade avancé sur le sol français. Un deuxième homme en relation avec la préparation de l'attentat d'Argenteuil sous nom d’Abderahmane Ameuroud a été arrêté le lendemain à Bruxelles, en Belgique[. Un autre homme, Anis B. est arrêté à Rotterdam, son numéro de téléphone avait été retrouvé dans l'appartement d'Argenteuil.

 

Le  24 avril, un militaire de l'opération Sentinelle est agressé au cutter à Strasbourg par un individu tenant des propos en arabe. L'agresseur prend la fuite et est interpellé le 4 mai 2016.

 

Le 21 mai, manipulation,  intox ou réalité,   arrestation d'un jeune français de l'extrême droite en Ukraine,  par les services ukrainiens. Il détenait 3 lance-roquettes, 6 Kalachnikovs, un gros stock de munitions, plus de 100 kg de TNT, des détonateurs et des cagoules et  voulait perpétrer 15 attentats pendant l'Euro 2016 de football en France.  

 

Puis, nous arrivons au 13 juin avec  l’attentat « novateur » lâche et meurtrier à Magnanville, dans les Yvelines. Un couple de policier attendu à leur domicile,  en est victime. Daech revendique l'action immédiatement par son agence de presse. Le bilan est de 3 morts, dont le terroriste présumé. Le meurtrier, déjà condamné pour divers délits et pour « association de malfaiteurs avec une entreprise terroriste » dans le cadre d'une filière djihadiste au Pakistan, avait suivi et surveillé ses victimes au préalable.

 

Le 14 juin à  Rennes, une lycéenne âgée de 19 ans est agressée à coups de couteau par un déséquilibré de 32 ans, dénommé Nicolas Jacquet, et connu des services de police qui voulait procéder à un « sacrifice » au cours du ramadan, selon ses propres termes, d'où son hospitalisation sous contrainte dans un service psychiatrique. L'homme était notamment traité pour schizophrénie... On ne sait à ce jour si l'homme, interpellé, a commis cet acte avec une intention terroriste, ou si celui-ci relève d'un accès de folie.

 

Le 16 juin, un jeune homme de 22 ans arrêté par la DGSI à la gare de Carcassonne, en possession d'un couteau et d'une machette projetait un attentat en s'attaquant à des touristes américains et anglais,  ainsi qu'aux forces de l'ordre et "mourir en martyr".

 

Le... 

 

Je laisse la ligne vide, il suffira de la compléter... Cette liste non exhaustive, parfaitement ignoble dans les faits,  bien trop longue, que j’estime cependant nécessaire de remettre en mémoire, démontre, s’il en était besoin,  que le monde,  et singulièrement la  France vit avec le terrorisme depuis de très nombreuses années.  Que celui-ci,  quels que soit ses motifs,  est meurtrier, aveugle, injuste, sanglant. Cette liste montre aussi que tous les gouvernements ont tenté de minimiser le phénomène et  toujours eu un temps de retard sur la réalité des menaces.  Ils ont aussi une certaine incapacité à agir sur les causes mêmes de ce terrorisme en se mettant dans une position résolument  défensive, y compris lors des opérations extérieures, qui ne sont que réactives et faussement préventives,  quand elles ne sont pas la cause même de la création des foyers terroristes.  L’intervention  en Lybie en est un exemple,  quant aux motivations réelles, même si l’aspect humanitaire est l’un des éléments à ne pas sous-estimer.

 

 

Fin de la première partie..

 

A suivre

 

Seconde partie: //www.athena-vostok.com/guerre-terrorisme-et-si-on-parlait-vrai-intervention-et-soumission-2-partie

 

Roland Pietrini

 

 

Liste des principaux attentats commis en France, des années 60 à aujourd’hui.

 

 Les années 1970 voient des actions menées contre trois journaux : La Nation, Le Parisien libéré, Minute. Le 22 juin 1972, un attentat à la station de métro Invalides fera 8  blessés.  Le 5 septembre 1973, c’est une prise d’otage à l’ambassade d’Arabie Saoudite par un commando palestinien. Le 14 décembre 1973 un attentat devant le consulat algérien à Marseille, organisé par le groupe Charles Martel (un groupe armé français d'extrême droite et qualifié d'anti-Arabe) fera 4 morts et 20 blessés). Le 22 mars 1974, ce sont des attentats répétés contre les voies ferrées françaises menant à l'Espagne par les Groupes d'action révolutionnaire internationalistes. Le  3 août 1974  des voitures piégées par des palestiniens sautent et visent les journaux L'Aurore, Minute et L'Arche. Le  15 septembre 1974 c’est un  attentat à la grenade au drugstore Saint Germain des Prés à Paris, revendiqué par Carlos qui cause  2 morts et  34 blessés. Le 13 janvier 1975, une attaque à la roquette d'un commando palestinien mené par Carlos contre El Al à l'aéroport d'Orly fait 3 blessés. Le 19 janvier 1975, une attaque d'un commando palestinien à l'aéroport d'Orly contre un avion israélien fait 20 blessés. Le 9 mars 1975 une bombe explose  à la gare de l'Est, bilan 1 mort et  6 blessés. Le 13 juin 1975 ce sont les  attentats contre le secrétaire général de Force ouvrière et, par erreur, c’est le rédacteur en chef du journal Le Parisien libéré, Bernard Cabannes, son homonyme qui est tué, tout le monde peut se tromper... Le 4 décembre 1975 un double attentat au journal L'Express. Le 27 mai 1976 une bombe à la maison de la culture arménienne (1 mort) et le 2 juin un attentat à la bonbonne de gaz à Paris fait 4 mort. Le 2 novembre 1976, un : attentat contre Jean-Marie Le Pen cause 5 blessés. Le 20 mai 1978 c’est un attentat contre la compagnie El Al à Orly ;  trois terroristes sont tués et  deux policiers[. Le 31 août 1978  c’est un attentat au domicile d'Yves Mourousi, revendiqué par la section franco-arabe du front du Refus (10 blessés). Le 2 décembre 1978 une  bombe au Bazar de l'Hôtel de Ville   fait déplorer 1 mort et 17 blessés).

 

Cette litanie risque de fatiguer, mais elle est nécessaire... Le 25 mars 1979, quatre attentats sont commis  contre des commissariats parisiens, revendiqués par le Groupe Offensive pour la Radicalisation des Luttes, lié au mouvement autonome (extrême gauche). Le 27 mars 1979  c’est une bombe qui explose contre un foyer d'étudiants juifs à Paris, revendiqué par le Collectif autonome d'intervention contre la présence sioniste en France et la paix israélo-égyptienne (33 blessés). Le 1er mai 1979,  "Nuit bleue" à Paris, 12 attentats (trois commissariats, deux banques, une permanence de l'UDF, un garage, une agence ANPE, une agence EDF, une perception, une annexe du Ministère des Finances, …), revendiqués par le Collectif communiste révolutionnaire. Le 2 mai 1979,  deuxième "Nuit bleue" à Paris, 12 attentats. Le 31 mai 1979, troisième "Nuit bleue" à Paris, 22 attentats, revendiqués par le FLNC.

 

Les années 1980 comptabilisent pas moins de  58 attentats faisant 43 morts et plus de 350 blessés. Au palmarès : le 18 juillet 1980, tentative d'assassinat du premier ministre du Chah d'Iran Shahpur Bakhtiar à son domicile, 2 policiers tués et un civil). Le 3 octobre 1980, attentat raciste de la rue Copernic. 4 morts et 20 blessés. Le 20 octobre 1980 une bombe est désamorcée à la Bourse de Paris. Le 5 février 1981, deux bombes sur les Champs-Élysées, revendiquées par l'ASALA. Le 29 mars 1982, attentat à la bombe dans le train Paris-Toulouse, près de Limoges, revendiqué par Carlos (5 morts, 77 blessés). Le 22 avril 1982, une voiture piégée explose devant le siège du magazine Al Watan Al Arabi rue Marbeuf à Paris faisant 1 mort et 63 blessés (attentat revendiqué par Carlos). Le 9 août 1988,  Fusillade de la rue des Rosiers (6 morts, 22 blessés). Le 15 juillet 1983, une bombe explose à l'aéroport d'Orly, placée par l'ASALA (Armée secrète arménienne de libération de l'Arménie)  fait 8 morts et plus d'une cinquantaine de blessés). []Le 29 mars 1985: un attentat à la bombe détruit le cinéma Rivoli Beaubourg (4e arr. de Paris) lors d'un festival du film juif où l'on projette "Eichmann, l'homme du 3° Reich", bilan 18 blessés. Le 7 décembre 1985, plusieurs attentats ont pour objectif des grands magasins (Galeries Lafayette et le Printemps) à Paris, 41 blessés. Le 20 mars 1986, une bombe explose dans la galerie Point Show des Champs-Élysées à Paris faisant 2 morts et 29 blessés. Le 9 juillet 1986 : une bombe explose dans les locaux de la Brigade de répression du banditisme, quai de Gesvres, à Paris. (1 policier tué, 30 blessés). Le 11 juillet,  un attentat est revendiqué par le Commando Loïc Lefèvre Action directe.  [] Le 19 août 1986, une bombe dans un marché à Toulon, revendiquée par S.O.S. France (4 morts). Le  [] 8 septembre 1986 : une bombe explose dans le bureau de Poste de l'hôtel de ville de Paris (1 mort et 21 blessés). Le 12 septembre 1986, une bombe explose dans les locaux de la cafétéria Casino au centre commercial Les Quatre Temps à la Défense (54 blessés.) Le 14 septembre 1986, une bombe est découverte au Pub Renault avenue des Champs-Élysées à Paris. (2 policiers tués, 1 blessé grave). Le 15 septembre 1986, une bombe explose à la préfecture de Paris sur l'île de la Cité. (1 mort, 52 blessés). Le 17 septembre 1986,  une bombe explose devant le magasin Tati, rue de Rennes à Paris (7 morts et 55 blessés). Je ne comptabilise pas les prises d’otages, les tentatives déjouées...

 

Dans les années 1990 c’est le GIA et le FNLC qui tiennent le haut du pavé. Il suffit de se souvenir de la prise d'otages du vol Air France 8969 (AFR8969), reliant Alger à Paris, par quatre membres du Groupe islamique armé (GIA),  qui se déroula du 24 au 26 décembre 1994 et du danger préfigurant celui du WWC de new York, l’avion étant destiné à se crasher sur Paris...

 

Les années 2000 voient la recrudescence des attentats perpétrés par l’ETA, le FNLC, on commence à interpeller en France et en Belgique des individus islamistes, considérés comme proches d'Al-Qaïda.  Le 16 décembre 2008, un groupe inconnu, le Front révolutionnaire afghan, informe les autorités après avoir déposé des bâtons de dynamite (sans détonateurs) au Printemps à Paris.

 

En 2012, en Corse, 78 attentats sont recensés au cours de l’année. En 2013, toujours en Corse, 21 attentats sont recensés au cours de l'année. Ces attentats ciblent essentiellement des biens immobiliers et feront peu de victimes, mais la guerre est sanglante entre les Corses de sensibiltés indépendantistes diverses. C’est le 6 février 1998, que le préfet de Corse et de Corse-du-Sud Claude Érignac avait été assassiné.

 

  

 



22/06/2016
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