ATHENA-DEFENSE

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Hollande et Fillon des histoires de cabinet

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En cette campagne électorale qui tente désespérément de démarrer en raison des affaires au relent de cabinets noirs, que certains de manière hypocrite font semblant de découvrir ou d’ignorer, il est particulièrement difficile de se concentrer sur les programmes des candidats, notamment en matière et de défense et de lutte contre le terrorisme. Aussi, j’y reviendrais le moment venu.

 

Il n’est pas inutile de rappeler que, ce que l’on nomme  cabinet noir, créé probablement sous Richelieu, fut appelé  « Cabinet du secret des Postes ». Ce cabinet interceptait les correspondances afin de repérer et de censurer les opposants politiques. Il prit toute son ampleur sous la Révolution, le Premier Empire, la Restauration, la Monarchie de juillet, le Second Empire et... La Cinquième République,  en suivant les  progrès de la communication par l’usage des  écoutes téléphoniques puis celui de l’interception des Sms et des courriels. Cabinet secret destiné à renseigner, il renseignait au profit des puissants et du pouvoir en place. Fouché, qui accède au ministère de la Police générale en 1799, tient des fiches sur tout le monde en ouvrant les correspondances,  tout comme Fouquet, Louvois, Mirabeau, et  Napoléon 1er qui disait « J'employais le plus souvent le Cabinet noir, à connaître la correspondance intime de mes ministres, de mes chambellans, de mes grands officiers, de Berthier, de Duroc lui-même.».

 

Ainsi, le nom de Cabinet noir fut donné au local où l'on procède à l'ouverture des correspondances confiées à la poste par les particuliers et, par extension, aux agents chargés des opérations délicates que comportent le décachetage d'une lettre et surtout sa remise en l'état primitif.

 

Ceux qui sont passés par certains services, savent que nous possédions un service remarquable  pour ouvrir du courrier et surtout les refermer en l’état d’origine, comme d'autres services, bien évidemment tout aussi actif. Ainsi, cabinet secret ou pas, tous les hommes détenteurs du pouvoir ont regardé par les trous de serrure pour espionner les opposants et ainsi avoir un coup d’avance, tout en se défendant d’utiliser de telles méthodes. Les « oreilles » peuvent  parfois « écouter » sous des prétextes plus ou moins légaux,   telle ou telle personnalité  afin de  la « protéger ».  Bien entendu cela est du passé.   Mitterrand,  en usa de manière habile,  tout comme d’autres, un peu plus que d’autres, sans avoir eu besoin d’un cabinet nommément désigné ;  question coup tordu, il n’était pas le moins manchot.  Avec l’affaire des écoutes téléphoniques illégales de l’Elysée  qui eurent lieu de 1983 à 1986 sous son premier septennat,  il tient le gros lot. Cette affaire s'était terminée par le jugement du 9 novembre 2005 du Tribunal correctionnel de Paris, avec la condamnation de sept anciens collaborateurs du Président de la République, François Mitterrand lui-même étant expressément désigné comme « l'inspirateur et le décideur de l'essentiel. Il s’en tira forcément sans être inquiété pour la raison impérative que l’on connait.  Les  lampistes,  quant à eux,  écopèrent de diverses condamnations dont, Christian Prouteau chef de la cellule antiterroriste de l’Élysée et ancien chef du GIGN, Marie-Pierre Sajous, secrétaire de M. Prouteau et cinq membres de la-dite cellule,   plus ou moins connus. (1)

 

Ainsi,  il n’existerait pas de cellule particulière à l’Elysée, faussement dénommée cabinet noir,  puisque François Hollande le dit, et que cela n’est d’ailleurs pas nécessaire. Il suffit simplement d’organiser quelques fuites habillement distillées, en toute innocence cela va de soi,  dans le respect de l’indépendance de la justice et sans viser quelqu’un en particulier. Pas de cabinet noir, pas de preuve de son existence, pourtant le Président Hollande  parait très bien informé, comme l’était d’ailleurs sa ministre de la justice,  Madame Taubira  qui s’en défendait en brandissant le compte rendu des écoutes d’un certain Bismuth alias Nicolas, accessoirement  ex Président de la République et président du parti républicain.

 

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Bien informé et réactif le président puisque, quasi immédiatement, alors que Monsieur Fillon venait à peine d’exprimer ses accusations basées sur les révélations d’un livre, écrit pas des journalistes intègres puisqu’ils écrivent dans la Canard Enchainé, le président normal se fendait d’un communiqué qui "condamne avec la plus grande fermeté les allégations mensongères de François Fillon. Il assure que l'exécutif "n'est jamais intervenu dans aucune procédure judiciaire" et que "le président de la République n'a été informé que par la presse" des affaires touchant le candidat de la droite.  Bref, blanc comme neige, il faut croire que la gauche au pouvoir n’a jamais porté un intérêt particulier à Fillon. Seul la presse savait, et Hollande qui ne sait rien,  lit la presse.

 

Ni dans la manière dont Fillon a été poursuivi par Parquet National financier, ni le calendrier de la mise en examen, ni les minutes de l’instruction largement répandues dans la presse ne doivent faire l’objet d’aucune  interrogation.

 

Circulez, il n’y a rien à voir, pas plus qu’à entendre d’ailleurs. Précédemment, les attaques ad hominem contre Sarkozy mis sous écoutes 14 mois, n’avaient été rendues nécessaires que pour la poursuite des enquêtes en cours. Bismuth, pour s’appeler ainsi,  avait certainement quelque chose à se reprocher, et puis à l’occasion on pouvait apprendre deux ou trois choses sur le parti républicain. Imaginons cela aux Etats-Unis ou ailleurs. En France c’est possible, oui ! C’est possible !    

 

Ainsi, Fillon candidat surprise sortie du chapeau des primaires, ne pouvait échapper à la curiosité d’une presse libre et indépendante. Sauf, qu’à la vitesse où on lui a trouvé des casseroles on peut supposer que quelques fiches devaient exister à son égard. Mais,  bien entendu, seul la sagacité des journalistes d’investigations, a permis de mettre à jour « le vrai visage de Fillon ». Ceux-ci  n’ont profité d’aucune aide, d’aucun  blanc,  comme on disait dans le métier, d’aucun papier « au cas où »... Je te tiens, tu me tiens par la barbichette.

 

Honnêtement, si le mot veut encore dire quelque chose, on prend le citoyen pour un con, non ?  Et cela ne choque personne... Mais ça marche ! Le bon peuple tient son pourri de droite, la presse et la gauchosphère le lapide à loisir, tout est bien, tout va bien. L’épisode lors du débat où Angot Christine,  née Christine Pierrette Marie-Clotilde Schwartz,  fait le buzz en déversant sa haine, en traitant Fillon de malhonnête est symptomatique.  Cette égérie de la gauche, réclamant le retour de Hollande,  a été condamnée 3 fois : En 2008, à la suite de la publication du Marché des amants, Christine Angot se voit obligée de dédommager, après accord, à hauteur de 10 000 euros, Élise Bidoit (ex-femme de son nouveau compagnon), qui a reconnu une partie de sa situation personnelle transcrite dans l'œuvre. En 2011, lors de la publication du roman Les Petits, Élise Bidoit accuse à nouveau Christine Angot d'atteinte à sa vie privée et familiale et décide d'attaquer l'auteur en justice. Cette dernière comparaît le 25 mars 2013 pour atteinte à la vie privée. Elle est condamnée, conjointement avec son éditeur, à verser 40 000 euros de dommages et intérêts à Élise Bidoit. En 2017, elle est mise en examen, ainsi que Laurent Joffrin, pour diffamation après la parution d'un article dans Libération,  où elle accusait l'éditeur Christophe Lucquin de publier des livres à caractère essentiellement pédophile. C’est curieux que ce genre d’information n’apparaisse nulle part dans les médias. Quelques clics suffisent sur internet pour l’apprendre. Pujadas n’en savait rien ?  De qui se moque-t-on ?

 

La vérité est que  Fillon a été imprudent, notamment en cédant à des tentations dont il n’avait même pas pris la mesure de leur immoralité,  il est tombé dans un piège largement piloté par ceux qui avaient avantages à « révéler » ce type de comportement. Cela ne suffit pas pour condamner un homme.

 

La presse, consciemment ou pas,  a été instrumentalisée et le pouvoir et la justice qui n’est pas blanc-bleu s’en servent. Fillon ressent cette injustice, elle  est réelle, elle est à la hauteur de l’attaque, ce qui explique  la stupeur et la maladresse de Fillon pour sa défense.

 

Pourtant, il y avait des choses à dire et à faire et notamment des contre-attaques à mener,   en citant des noms, des dérives, des usages... Selon Mediapart, l'Assemblée a rémunéré 52 épouses, 28 fils et 32 filles de députés en 2014, pourquoi ne pas le dire ?  Bruno Le Roux,  qui employait ses gamines lycéennes et  qui se positionnait à l’encontre de Fillon en donneur de leçon,  pouvait être attaqué.  Qui conseille Fillon ? Que de maladresses ! L’homme encaisse et démontre des qualités de résistance et d’homme d’Etat indéniables. Cela suffira-t-il ?

 

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Ainsi doucement, on manipule l’opinion pour que leur vote aille dans le sens souhaité par la médiasphère, Bourdin en tête.   J’avoue que le  choix entre Macron en marche, mais en marche vers où ?  et Marine Le Pen me laisse dubitatif. Le premier, qui tel le joueur de flute de Hamelin,  (Der Rattenfänger von Hameln) nous emmène tout droit vers la noyade,  (2) est conseillé par Michèle Marchand dit « Mimi ». Elle est la patronne de Bestimage, l'une des plus grosses agences photo de France, qui couvre aussi bien des paparazzis, des patrons de presse, des stars du show-biz, des figures du milieu de la nuit, que des policiers et des hommes politiques. « Cette femme-là peut éteindre les feux, racheter des photos, contrer les boules puantes, bref, garantir la paix », affirme Vanity Fair. Comment s’étonner qu’avec un tel talent il couvre la Une de nombreux journaux et échappe aux affaires.   La seconde,  Marine Le Pen,  qui tout en arrivant du diable vauvert, en deviendrait presque sympathique mais perdra au second tour,  de toute façon.  Il lui manque un programme, un vrai, dommage, tout comme à Macron d’ailleurs, mais la nullité ne surprend plus, elle rassure.   

 

Certes, aucun scénario n’est écrit d’avance, et François Fillon peut encore surprendre grâce à un socle solide de militants. Mais sur la dernière ligne droite, on a rajouté des poids à sa selle, il part avec un handicap sérieux pour sauter les  quelques haies qui lui restent à franchir.

 

Il n’est pas sûr que son attaque directe contre Hollande, l’effet de surprise passé, réussisse. La réaction et la prudence nouvelles des auteurs du livre n’est pas surprenante.  Il  lui faudrait quelques munitions supplémentaires, que diable, cela doit bien se trouver.  Puisque la gauche est en lambeau, il était donc nécessaire de tuer la droite républicaine qui pouvait, sans problème, accéder à l’alternance avec un programme.  Tuer Fillon était donc devenu prioritaire, ils l’ont fait, probablement  depuis un petit endroit discret, un cabinet en quelque sorte, en langage trivial chiottes,  mot assez vulgaire, mais néanmoins dans le dictionnaire, dont la définition est explicite : un endroit discret où une personne peut se soulager de ses déjections corporelles, c'est-à-dire uriner, déféquer, voire vomir. Vomir c’est l’envie que j’en ai.

 

Pour ne pas finir sur cette note nauséabonde, j’affirme que j’ai toujours pensé qu’il ne fallait jamais sous-estimer son adversaire, surtout si celui-ci  utilise à son profit les armes  de la légitimité.  La décomposition de la vie politique est en cours, il va falloir rebâtir une nation qui a perdu tous ses repères. Cinq  ans de hollandisme on suffit à détruire ce qui restait d’honneur à notre pays. Le mal est fait, désormais tout sera à reconstruire.

 

 

 

A relire : http://www.athena-vostok.com/a-propos-d-une-justice-irreprochable-independante-apolitique

 

 

 

 

Roland Pietrini

 

 

 

  1. https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_des_%C3%A9coutes_de_l%27%C3%89lys%C3%A9e

  2. https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Joueur_de_fl%C3%BBte_de_Hamelin

 



24/03/2017
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