ATHENA-DEFENSE

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Hollande et Sarkozy deux chefs de guerre pour des guerres sans nom.

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De 2007 à 2012 le président Sarkozy avait engagé les armées de la  France, une seule fois en Libye, avec les conséquences que nous connaissons aujourd’hui, si on fait abstraction des opérations Pamir en Afghanistan dont il avait hérité et de celles sous couvert de l’ONU, ONUCI en Côte d’Ivoire et ONUST au Liban.

Quant au président Hollande, depuis 2012, son action révèle un interventionnisme et une détermination qui tranchent avec sa réputation d’homme plutôt enclin à tergiverser qu’à décider.

Ce sont essentiellement les opérations Serval, Misma, Minusma au Mali, l’opération Sangaris en RCA, l’opération Barkhane au Sahel, puis plus récemment le chef des armées a engagé la  France, dans l’opération baptisé  Chammal,  en Irak, au sein d'une coalition sous commandement militaire américain, contre l'organisation terroriste Etat islamique (EI) le DAESH.  

Enfin le projet avorté d’intervention en Libye en 2013 semble être de nouveau un objectif  prioritaire pour Hollande, sans oublier la gestion erratique de la crise ukrainienne et  ses conséquences y compris militaires.  (Intervention de nos drones tactiques avec les allemands dans le Dombass)

La France est donc en guerre, dans une guerre qui n’est pas définie comme telle, mais qui sans aucun doute est chaotique puisqu’il n’existe aucun mot pour définir cet état de belligérance permanent  impliquant tous les aspects d’un conflit. Ces guerres qui ne disent pas leur nom, qui ne sont pas interétatiques mais transverses dans lesquelles nous sommes  engagées nous n’avons jamais eu conscience de leur début  et  ne peuvent avoir de fin. Elles préfigurent celles du futur qui ne protégeront aucunement nos populations y compris sur le sol national.

A chaque fois, qu’Hollande, tout comme Sarkozy ont engagé les forces françaises,  ils ont semblé se complaire dans leur costume de chef de guerre, ce qui n’est pas exempt de motivations répondant à un besoin politicien de restaurer leur image pour une opinion si versatile.   

Pour Sarkozy en 2011, la crise libyenne et l'option militaire qu'il avait choisie lui offrait, à 15 mois des élections, alors qu’il était  au plus bas dans les sondages, une possibilité de rebondir.

Pour Hollande, son impopularité et ses échecs sur le plan intérieur  sont si patents,  qu’il ne se sent chef qu’à la tête des armées,  lui,  qui n’a pas de passion particulière connue pour les militaires, et qui semble survoler les grandes théories stratégiques à défaut de les maitriser. L’armée est devenue comme un élément indispensable  dans l'incarnation de sa fonction.  La constitution le lui permet, puisque sans contrôle du parlement, il peut envoyer nos Mirage et nos Rafale  frapper là où il le souhaite, ce qui dans un état moderne pose certain nombre de questions. Mais ce qui est vrai pour Hollande était tout aussi vrai pour ses prédécesseurs et le sera, en l’état, pour ses successeurs.

Il est vrai qu’au regard des dispositions de la Constitution de 1958, le président est  le "chef des armées" (article 15), le gouvernement "dispose de l’administration et de la force armée" (article 20), le Premier ministre est "responsable de la défense nationale" (article 21).  Mais rien n’est précisé pour ce qui concerne les conditions d’intervention des forces armées, à l’exclusion de  

 L’article 35 de la Constitution française  qui est rédigé comme suit :

 

"La déclaration de guerre est autorisée par le parlement. Le gouvernement informe le parlement de sa décision de faire intervenir les forces armées à l'étranger, au plus tard trois jours après le début de l'intervention. Il précise les objectifs poursuivis. Cette information peut donner lieu à un débat qui n'est suivi d'aucun vote. Lorsque la durée de l'intervention excède quatre mois, le gouvernement soumet sa prolongation à l'autorisation du parlement. Il peut demander à l'Assemblée nationale de décider en dernier ressort. Si le parlement n'est pas en session à l'expiration du délai de quatre mois, il se prononce à l'ouverture de la session suivante."

 

Sauf que la guerre en tant que tel n’existant plus, le président décide, agit sans que la représentation nationale ait les moyens de contrôler véritablement le bien fondé des interventions. D’ailleurs, Sarkozy comme Hollande et auparavant Chirac, ont  toujours évoqué le prétexte d’une urgence humanitaire pour sauver des populations en danger quitte à faire passer au second plan les conséquences géopolitiques, ethniques et religieux qui font   que  le chaos succède à tout coup au chaos.  

 

 

Mais,  ces interventions à répétition sans donner des moyens suffisants à notre défense, « rince » nos matériels et épuisent à outrance nos soldats professionnels et singulièrement nos forces spéciales.  

 

La suppression du service national a permis de s’affranchir d’un certain nombre de précaution. Il est certainement plus facile de mourir entre soi, c’est-à-dire entre soldat professionnels, qu’en partageant le sang vif de la nation, celui de nos jeunes, comme si il pouvait y avoir une différence.  Le « ils ont choisi » justifie-t-il de les envoyer au casse-pipe ? Il est vrai que ces guerres sans nom utilisent peu de potentiel humain, ce qui n’est pas sans poser d’autres questions. L’utilisation de la guerre à distance par des bombardements et des drones est-elle morale ?  Est-elle plus morale que celle d’un  kamikaze se faisant sauter dans une foule ?

Le  choix de régler les conflits par procuration par le biais de société privés et du mercenariat, est désormais posé,  le processus est déjà largement engagé. Nous l’avons vu en Ukraine, ce fut le choix de Poutine et les EU en ont ouvert la voie.

En 2010, dans la zone de responsabilités du United States Central Command couvrant l'Asie de l'Ouest, le Département de la Défense des États-Unis employait 194 405 civils dont 176 340 employés travaillant pour des entreprises civiles sous contrat avec lui, les contactors En Afghanistan, toujours en 2010 il y avait   0,68 contractor  pour 1 militaire américain. Selon le New York Times, la proportion d'employés d'agences de sécurité privée en Afghanistan a continué à augmenter, dépassant celle des militaires en 2011, avec 113 000 contractors contre 90 000 soldats et un nombre plus élevé de morts (430 contre 418).

Hollande  a succédé à Sarkozy, ce dernier succédera peut-être à Hollande, leur manière de

traiter les crises par les armes se ressemblent, dommage, deux chefs de guerre pour des guerres sans nom.

 

Roland Pietrini

 

 



21/09/2014
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