ATHENA-DEFENSE

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Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis - LE MUR -

 

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Alors je change d’avis, avec quelques bémols cependant.  La tournée spectacle politico-provoc  de Dieudonné est interdite. C’est une censure,  c’est un  fait, il a eu droit à un « impeachement » implacable de la part d’un pouvoir d’Etat qui a su utiliser l’outil de la justice, dont on peut se demander si le respect de  son indépendance au pouvoir en place est certain. Le choix d’un juge unique, même s’il est conforme au droit pourrait cependant poser question.  

 

Le procédé est donc  discutable, mais le résultat est là. Le chemin  qui a été choisi afin  d’interdire un spectacle par voie administrative est contestable, à deux niveaux, celui du respect de la liberté d’expression et celui de son efficacité réelle. D’ailleurs, le danger d’une normalisation  d’un tel procédé créé par ce précédent, m’apparaît dangereux, dans la mesure où d’autres majorités politiques moins soucieuses de cette liberté de pensée, fondement de notre démocratie, pourraient s’en servir à l’avenir.  Le liberté d’expression a donc une limite dans ce pays, il serait nécessaire de la caractériser, afin que cela ne soit pas une ébauche de rupture. En matière de liberté, l’expérience montre que l’on revient rarement sur des libertés acquises de haute lutte. En voulant défendre notre démocratie, ce qui est légitime, on lui porte un coup. C’est toute la difficulté de la réponse à apporter à ceux qui se servent de nos libertés fondamentales pour semer le doute, répandre le mensonge et la haine. Faut-il répondre par une autre intolérance ? Devons-nous combattre le mal par le mal ? Pourtant, la solution était celle d’appliquer la loi, rien que la loi, en soumettant cet auteur malsain aux sentences de la justice et aller plus loin, s’il le fallait, plutôt que d’interdire un spectacle au risque d’en faire un martyr.

 

Mais, en dépit de ces réserves, force est de constater que  Dieudonné est pour l’instant dans l’incapacité  de distiller ses allusions révisionnistes auprès d’un public tout acquis, complice ou simplement curieux.  Son spectacle Le Mur est dans le mur.

 

Prosélyte ( le mot prosélyte vient du grec et signifie païen convertit au judaïsme ce qui ne manque pas de sel) de ses propres convictions, il est donc désormais maintenu dans un silence qui n’est que d’apparence, puisque sur internet le visionnage de ses vidéos est désormais planétaire.

La fréquentation de son site a progressé cette dernière semaine de manière exponentielle.  La faute en est certainement  à un emballement médiatique, conséquence  d’un combat mené par un  Valls qui pour l’instant recueille les fruits  de son apparente autorité à défaut de régler les vrais problèmes d’insécurité.

Mais la conséquence est que leurs images respectives positives ou négatives en sortent renforcées et du point de vue des communicants ce n’est pas rien. Ils en sorte d’une manière ou d’une autre renforcés, Dieudonné existera encore lorsque Valls aura disparu politiquement. Médiatiquement Dieudonné s’est fait une clientèle, n’en doutons pas qu’il ne puisse en profiter.    

Inutile de se mentir, Dieudonné avait, avant tout ce battage, une existence confidentielle.  Désormais, jusqu’au fond des campagnes chacun connaît son existence, pire, chacun peut devenir le réceptacle de  ses messages odieux devenus par la gestuelle de sa quenelle presque subliminaux.  Les jeunes notamment,  qui manquent de recul, et ce n’est pas leur faire injure tant leur terrain culturel est laissé en jachère. Ils sont en première ligne et risquent d’être réceptifs aux messages de M’Bala M’Bala qui peut devenir sinon un modèle, dans une moindre mesure un héros ou un martyr, tant son image peut correspondre à celle d’un résistant au système. De Che Guevara à Mao chaque génération a eu son rebelle de prédilection, Dieudonné n’est ni l’un ni l’autre mais on aurait pu se dispenser de lui donner tant d’importance.   

Le phénomène Dieudonné trahit le mal profond de notre société, caractérisé par un manque de repère et une perte des valeurs. Nous payons aujourd’hui le prix d’un état trop centralisé,  trop verrouillé et paradoxalement trop permissif. On ne manquera pas d’insister sur le fait que la tolérance ne saurait être sélective. Pour exemple, il n’y a a aucune raison de tolérer les excès des femmen déposant sur  l’autel de l’église de la Madeleine à Paris un morceau de foie pour simuler une fausse couche, ou d’autres pissant sur  un portrait d’homme politique. Il y a des lieux à respecter et les églises méritent d’être tout autant respectées que les synagogues et que les  mosquées, autres lieux où le discours n’est pas toujours maîtrisé.

 

L’exemple donné par nos dirigeants n’est pas non plus un élément qui favorise le respect des institutions et de l’autorité. L’un, se protège derrière le sacro-saint respect de la vie privée pour  fustiger une presse dite de M.  pour cocufier la première dame de France dont le statut est pour le moins contestable. Ce qui pose une autre question, celle de sa place réelle auprès d’un président. Mais dans ce cas, celle qui revendique son indépendance tout en profitant au passage de  quelques voyages officiels aux frais des contribuables, est-elle au courant et  si oui, est-elle toujours officiellement la compagne ?  Pour le moins une clarification s’impose.

 

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On peut, par ailleurs,  se poser plusieurs questions sur la sécurité du président qui semble se réserver du temps libre au mépris de quelques règles simples. Est-il dans les attributions d’un officier de sécurité d’apporter les croissants au lit des tourtereaux.  Le « cela ne nous regarde pas » est un peu facile, cela ne nous regarde pas certes, mais cela nous concerne dans la mesure où nous sommes un peu démunis devant tant de légèreté et de mépris envers les français qui ont du mal à boucler les fins de mois. Jusqu’à preuve du contraire cette liaison « qui ne nous regarde pas » n’a pas été démentie.  Dont acte. Mais c’est qui qui la première dame ?

 

 Plus ou moins grave, un autre apparatchik de la république se protège derrière une immunité renouvelé par ses pairs pour échapper à la justice.  De qui se moque-t-on ?

 

Oui, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, je reconnais donc l’efficacité de l’action du ministre de l’intérieur Valls.. Tout en pensant que cette victoire n’est qu’une victoire à la Phyrrus.

 

Plutarque relate à propos de la victoire de Phyrrus : À chaque victoire de Pyrrhus, les Romains perdaient plus d'hommes que lui mais ils pouvaient facilement recruter de nouveaux soldats ; leurs pertes affectaient donc beaucoup moins leurs efforts de guerre que celui de Pyrrhus.

La citation : « Si nous devons remporter une autre victoire sur les Romains, nous sommes perdus »

Attention à ne pas avoir l’illusion d’une victoire, le mécontentement enfle, personne ne sait  quelle forme celui-ci peut prendre, la montée de la contestation de l’autorité de l’Etat peut revêtir  des formes surprenantes. Le  communautarisme, l’échec de notre système éducatif, le désespérance économique sont les ingrédients éternels qui favorisent la désignation d’une communauté plutôt qu’une autre  comme portant la poids de tous les maux. Il faut se battre contre toutes les dérives, mais aussi éviter de refermer la prison. Les espaces de liberté sont la respiration de notre société. Cessez d’emmerder les français ! Et montrez l’exemple se sera plus facile pour donner des leçons.

 

http://www.lepoint.fr/societe/dieudonne-pourquoi-la-decision-du-conseil-d-etat-est-tres-contestable-11-01-2014-1779137_23.php



11/01/2014
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