ATHENA-DEFENSE

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Jean Marie Le Pen un « détail » de l’Histoire. ( actualisé)

 

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Les  propos sur les chambres à gaz, «détail de l'histoire», de Jean-Marie Le Pen, caricature de sa propre histoire décidément  ne passent plus. On  aurait pu attendre d’un tel personnage qui se gausse de sa grande culture par des citations néoclassiques,  cesse, en prenant de l’âge de se référer à lui-même. Interrogé jeudi matin par Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV sur ses propos litigieux,  le président d'honneur du Front national a assumé ses déclarations, répétant qu'il n'avait jamais regretté ses propos, "à aucun moment".

Jean-Marie Le Pen : "Ce que j'ai dit correspondait à ma pensée, que les chambres à gaz étaient un détail de la guerre, à moins d'admettre que c'est la guerre qui était un détail des chambres à gaz".

"Vous maintenez ces propos?", lui demande Jean-Jacques Bourdin.

Jean-Marie Le Pen : "Oui absolument, je les maintiens, parce que je crois que c'est la vérité et que ça ne devrait choquer personne"

Il est donc nécessaire pour bien comprendre sa pensée de se référer à ses propos de 1987 :

Jean-Marie Le Pen : Je suis passionné par l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale. Je me pose un certain nombre de questions. Je ne dis pas que les chambres à gaz n'ont pas existé. Je n'ai pas pu moi-même en voir. Je n'ai pas étudié spécialement la question. Mais je crois que c'est un point de détail de l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale.
Paul-Jacques Truffaut : Six millions de morts, c'est un point de détail ?
Jean-Marie Le Pen : Six millions de morts ? Comment ?
Paul-Jacques Truffaut : Six millions de Juifs morts pendant la Seconde Guerre mondiale, vous considérez que c'est un point de détail ?
Jean-Marie Le Pen : La question qui a été posée est de savoir comment ces gens ont été tués ou non.
Paul-Jacques Truffaut : Ce n'est pas un point de détail !
Jean-Marie Le Pen : Si, c'est un point de détail de la guerre. Voulez-vous me dire que c'est une vérité révélée à laquelle tout le monde doit croire, que c'est une obligation morale ? Je dis qu'il y a des historiens qui débattent de ces questions.
Paul-Jacques Truffaut : Une immense majorité d'historiens et quelques autres l'ont dit et prouvé.
Olivier Mazerolle : Vous-même, monsieur Le Pen, considérez-vous qu'il y eut un génocide juif par les chambres à gaz ?
Jean-Marie Le Pen : Il y eut beaucoup de morts, des centaines de milliers, peut-être des millions de morts juifs et aussi des gens qui n'étaient pas juifs. Grand Jury RTL, du 13 septembre 1987

 

Ainsi ce « passionné »  de la seconde guerre mondiale émet quelques doutes sur l’existence des chambres à gaz et au passage, sur la réalité des six millions de Juifs morts durant la seconde guerre mondiale.  C’est une réponse  pour le moins surprenante  pour quelqu’un qui croit dur comme fer à Jeanne d’Arc,  « Je ne dis pas que les chambres à gaz n'ont pas existé. Je n'ai pas pu moi-même en voir. Je n'ai pas étudié spécialement la question ».  C’est donc qu’il aurait vu Jeanne d’Arc pour croire en son existence et en sa mission divine ? A la question : « Vous-même, monsieur Le Pen, considérez-vous qu'il y eut un génocide juif par les chambres à gaz ? » Sa réponse est à la hauteur de ses certitudes : « Il y eut beaucoup de morts, des centaines de milliers, peut-être des millions de morts juifs et aussi des gens qui n'étaient pas juifs. » intelligent, le bougre, cela participe à répandre la confusion à défaut d’assumer son négationnisme latent. Personne ne contexte  le fait qu’il y ait eu des centaines de milliers de morts juifs et non juifs, mais en semant le doute sur l’existence des chambres à gaz, en fait, il sème le trouble sur l’existence même de la shoah, dont il n’a jamais, à ma connaissance, prononcé le nom.

Cette inconsistance malsaine suffit à disqualifier à mes yeux définitivement le personnage, un personnage du passé, caricature du franchouillard à béret, sous des apparence de matamore ; ce qui est le cas,  puisque étymologiquement matamore vient de l’espagnol et cela veut dire « tuer les Maures ». Car il n’aime pas trop les « maures » pourtant, ce ne fut pas toujours le cas :

Le 28 janvier 1958, à l'Assemblée Nationale, lors d’une intervention du député Jean-Marie Le Pen pour soutenir le maintien de l'Algérie française, il déclarait, mais qui s’en souvient :

« J’affirme que dans la religion musulmane rien ne s’oppose au point de vue moral à faire du croyant ou du pratiquant musulman un citoyen français complet. Bien au contraire, sur l’essentiel, ses préceptes sont les mêmes que ceux de la religion chrétienne, fondement de la civilisation occidentale. D’autre part, je ne crois pas qu’il existe plus de race algérienne que de race française [...]. Je conclus : offrons aux musulmans d’Algérie l’entrée et l’intégration dans une France dynamique. Au lieu de leur dire comme nous le faisons maintenant: « Vous nous coûtez très cher, vous êtes un fardeau », disons leur : « Nous avons besoin de vous. Vous êtes la jeunesse de la Nation » [...] Comment un pays qui a déploré longtemps de n’avoir pas assez de jeunes pourrait-il dévaluer le fait d’en avoir cinq ou six millions ? »  

Pourtant,  le 2 avril 1987   dans le « Discours aux jeunes beurs arrogants », il déclare « si vous prétendez vivre dans vos lois, vos mœurs à vous, avec votre culture, alors il vaut mieux que vous rentriez chez vous, sans cela tout se terminera très mal »

Et lors d’un entretien vérité avec Jean Marie Le Pen (Réfléchir & Agir (ISSN 1273-6643), nº 31, hiver 2009, p. 35) « Il y a six millions de Musulmans chez nous. Vous savez que j'ai été condamné à trois mois de prison et à vingt mille euros d'amende pour avoir dit que le jour où ils seraient vingt millions, ils nous faudra descendre des trottoirs et baisser les yeux. Alors que dans mes auditoires, combien de fois m'a-t-on dit: “C'est déjà comme ça Monsieur Le Pen !” »

Ces différentes prises de position posent un problème, celui de la  cohérence à moins que ce ne soit un détail.

Il est vrai que le 12 octobre 1996, devant deux cents personnes dans un salon de l’hôtel Lutetia, il pérore : « oui, il y a inégalité des races, comme il y a inégalité des civilisations, je persiste et signe […]. Sans inégalité, la France ne serait pas la France. » En  faisant semblant  de confondre différence de culture, ce qui n’est pas choquant,   et  inégalité  des races,  il répand la confusion.  Il est vrai qu’il se réfère consciemment ou pas, aux « lumières de l’humanité » du XVIII° siècle,  telles  que Joseph Arthur de Gobineau, Gustave Le Bon et Georges Vacher de Lapouge  qui  ont répandu leurs thèses sur l’inégalité des races,   ce qui n’est pas très neuf.  En conséquence, des zoos humains seront créés ce  qui excite  la curiosité du public et des expositions ethnographiques.  Il n'était pas rare de voir les prétendus sauvages enfermés dans des cages (la sécurité est invoquée), et dans certains cas, non loin de singes. Cela rappelle quelques dérives récentes de la banane ou des cris de singe devant certains personnages politique ou sportif.    

Le Pen raciste pas nécessairement, racialiste peut-être, qui est  une école sociologique au sens large du terme, qui apparaît au milieu du XIXe siècle et qui prétend expliquer les phénomènes sociaux par des facteurs héréditaires et raciaux.

Alors,  Monsieur Le Pen, seriez-vous un adepte de la théorie du complot ? Finalement, vos théories pour le moins fumeuses datent un peu, vous n’êtes vous-même, qu’un détail de l’histoire, une formule.  Vous êtes dangereux parce que vous  faites partie de ceux qui étalent leur culture en semant le doute dans des esprits peu enclins à la réflexion et à l’analyse, vous préférez votre fille [ce  qui n’est pas certain] à vos amis, vos amis à vos voisins, vos voisins à vos compatriotes, vos compatriotes aux Européens. Mais vous, Monsieur Le Pen, vous n’êtes pas,  notre préférence.

 

Roland Pietrini

 

  

 chambre à gaz.JPG

 

 

Je réponds à un long commentaire.  A lui seul il pourrait faire l’objet d’un article. Je le publie par respect de la liberté de pensée. Mais j’y mets des limites. Je ne veux pas que cet article suscite des réactions nauséeuses. Ce qui est avancé par Monsieur Marc Gebelin  méritait une réponse précise et circonstanciée.  Nous en resterons là. Les lecteurs se créeront leur propre opinion.  Le texte de Marc Gebelin est en noir et mes réponses sont  en italiques et en bleu. 

 

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Monsieur Pietrini vous créez aussi la confusion, si je peux me permettre...

 

Réponse : je vais vous répondre point par point selon une méthode  anglo-saxonne qui a l’avantage d’être exhaustive.  Vos propos ne sont pas exempts de confusionnisme, votre article sur la théorie du genre m’apparaissait en comparaison plus claire.

 

Racialisme, racisme, inégalités réelles ou fantasmées, etc... depuis qu’on patauge là-dedans on est tous un peu las!... Prenons le problème par un autre bout : les Juifs. Les Juifs sont racialistes et racistes du seul fait qu’en Israël ils marquent bien la différence entre eux et les Palestiniens qu’ils soient dans l’état ou dehors, surtout dehors bien sûr puisque Gaza est un camp de concentration à ciel ouvert (l’expression déplait, je sais) qui, de plus est bombardé régulièrement par des psychopathes

 

 

Réponse : que faites-vous des missiles envoyés de Gaza vers Israël ? Ceux qui ont juré la perte d’Israël, sont-ils aussi des psychopathes ? Au passage, vous omettez de dire que depuis 2001, plus de 19600 roquettes et obus de mortier ont été tirés depuis Gaza sur Israël et plus de 15000 depuis le retrait israélien de la bande de Gaza en 2005. Ce sont donc 3 roquettes par jour en moyenne qui ont été tirées ces 12 dernières années, mettant ainsi en danger la vie de 3,5 millions de civils israéliens.

 

 

(peut-on les appeler autrement?). La vie était-elle plus ou moins agréable à lui aussi à Auschwitz ciel ouvert mais pas bombardé? Je ne sais pas. Je n’ai l’expérience ni de l’un ni de l’autre et ce ne seront jamais des lectures qui me permettront de trancher.

 

 

Réponse : je vous laisse la responsabilité d’une telle allusion sur « la vie » à Auschwitz. Personnellement,  je n’aurais pas osé parler de « vie »  dans ce lieu, mais plutôt de « mort ». Je vous laisse la responsabilité de la  comparaison entre  Gaza (un camp de concentration à ciel ouvert)  et Auschwitz… Les petits-enfants des déportés apprécieront.

 

 

Il faut y être pour comprendre. Les juifs Israéliens auraient-ils la maladresse de dire publiquement qu’ils sont supérieurs aux Arabes? J’en doute mais en privé ils les comparent à des rats. Nous soutenons donc un régime et un peuple qui a fait de la Palestine des bantoustans, bantoustans que nous voulions voir abolir en Afrique du Sud. La chose ne semble gêner personne parmi nos politiques, tous défenseurs comme un seul homme d’Israël et de « son droit à l’existence ». Et si on boycotte avec BDS on passe au tribunal grâce à une loi inepte voulue par une femme sarkosienne!

 

 

Réponse : vous m’accusiez d’amalgame, voilà un exemple du vôtre. L’apartheid ou séparation en Afrique du sud n’a rien de comparable avec la situation vécue en Israël et en Palestine. Dans le premier cas, les noirs sud-africains victimes de l’apartheid réclamaient l’égalité légitime avec les blancs, dans le second cas, les palestiniens du Hamas  qui est un « Mouvement de résistance islamique »), constitué d'une branche politique et d'une branche armée, principalement actif à Gaza affirme que « la terre de Palestine est une terre islamique ». Il prône donc la destruction de l'État d'Israël et l'instauration d'un État islamique palestinien sur tout le territoire de l'ancienne Palestine mandataire, c'est-à-dire incluant l'État d'Israël, la Cisjordanie et la bande de Gaza).  La nuance vous aurait-elle échappée ?

 

 

Alors la dure question est posée et se posera de plus en plus. Le racisme est-il condamnable? Si oui, tous les racismes, le juif compris, et il faut le dire haut et fort et ne jamais varier si on aime le Juifs et les non Juifs. Leibowitz, penseur juif, l’a fait. Qui l’a fait de façon claire et constante depuis ces 60 dernières années? Pratiquement personne sauf peut-être Hessel.

 

 

Réponse : amalgame encore, oui tous les racismes sont condamnables, non pas en tant que constat de différence culturelle possible mais en tant qu’adhésion à la théorie de l’inégalité des races et d’une supériorité supposée d’une race sur une autre.

 

 

Le Pen est raciste ou anti-raciste quand ça l’arrange. Autrefois, en Algérie, quand il croyait à l’Algérie française, il ne l’était pas. Le serait-il devenu? Il semble mais il semble seulement. Il ne faut pas oublier que l’expression « Algérie française » a deux sens: 1. l’Algérie reste la propriété des Français ou 2. l’Algérie sera intégrée à la France et ses habitants en deviendront citoyens. Ce n’est pas tout à fait la même chose. Si on avait suivi le Le Pen d’autrefois on aurait aujourd’hui des mosquées dans tous les coins et il pourrait difficilement s’en dire désolé le bonhomme! Mais alors les laïcards auraient la bave aux lèvres… Racisme lepénique donc bien mystérieux.

 

 

Réponse : le mystère est pourtant facile à percer. Le Pen n’est pas raciste vous avez raison, mais  il déclare le 12 octobre 1996, devant deux cents personnes dans un salon de l’hôtel Lutetia ; Oui, il y a inégalité des races, comme il y a inégalité des civilisations, je persiste et signe […]. Sans inégalité, la France ne serait pas la France.

 

 

 Quant à sa dernière sortie, je lui viens en aide : que sont 5,3 millions (Hilberg) de victimes des camps au regard des 27 millions de Russes et au regard des 65 millions des victimes totales du second conflit mondial ? et au regard des 300 000 victimes jaunes d’Hiroshima et Nagasaki anéantie en 10 secondes par le crématoire volant dernier cri ? Donc les exterminations nazies ne sont peut-être pas un « détail », mais en tout cas elles ne sont pas pas l’essentiel surtout si on sait combien nos gentils Yankees ont aidé le nazisme dès 1932 et si on sait comment nos gentils diplomates français on poussé Staline dans les bras d’Hitler. L’infamie du pacte germano-soviétique est surtout infâme pour ceux qui l’ont sciemment provoqué. A quoi pouvait-on s’attendre après Munich ?

 

 

Réponse : sur ce point je ne peux vous suivre. En effet, comment parler chiffre en comparant l’incomparable.

 

 Lors de la première guerre mondiale, les pertes sont d’environ  18,6 millions de morts. Ce nombre inclut 9,7 millions de morts pour les militaires et 8,9 millions pour les civils.  Lors de la seconde guerre mondiale, les historiens s’accordent sur des pertes allant de 50 millions à plus de 70 millions de morts ce qui en fait le conflit le plus meurtrier de l'histoire de l'humanité, mais pas en termes de décès par rapport à la population mondiale .Les civils ont totalisé 40 à 52 millions de morts, y compris 13 à 20 millions de maladie ou de famine du fait de la guerre. Les pertes militaires s'évaluent entre 22 et 25 millions, y compris 5 millions de prisonniers morts en captivité ? Ce qui semble aller vers votre sens. Sauf à un « détail près » La mise en place de la shoah  (anéantissement en hébreu) solution finale pour les SS, lors de la conférence de Wannsee du 20 janvier 1942 marque le début et officialise l’extermination des juifs  et autres minorités ( rom, handicapés etc..).. Heydrich chef de la SD (Service de sécurité) et gouverneur nazi de la Bohème et de la Moravie., annonce que la "Solution finale" concernerait environ 11 millions de Juifs en Europe. Il ajoutait ainsi, aux Juifs résidant dans les pays européens contrôlés par l'Axe, les populations juives du Royaume-Uni et des nations neutres (Suisse, Irlande, Suède, Espagne, Portugal et la partie européenne de la Turquie). Pour les Juifs résidant dans le Reich grand-allemand et qui gardaient le statut de sujets de l'Empire allemand, les lois de Nuremberg serviraient de base pour déterminer qui était juif.

 

Cette décision que l’historien que vous êtes ne peut ignorer (à moins que vous alliez plus loin dans votre négation de la réalité historique)  change tout. Cette décision officialise une mise en place organisée et industrielle de l’élimination des juifs en Europe. Et c’est cela l’abomination, pas le nombre relatif  soit  10%  des victimes totales de la seconde guerre mondiale, ce qui est déjà considérable. 6 millions de mort victimes d’un système conscient et organisé d’extermination d’une population par une autre n’est  pas un « détail ». Cela est inacceptable.

 

 

D’un autre côté le Pen défend Israël. Pourquoi? Parce qu’il pense que les « Arabes » de là-bas, ne sauraient valoir ceux du Maghreb? Je ne sais pas. Le personnage est plein de contradiction mais il a défendu l’Irak attaqué par le « fasciste », criminel, dément raciste, Bush et il défend Bachar et… Poutine, ce parangon du totalitarisme selon nos médias vendus non plus à un Bush mais à un Obama pire. Président noir défendant les valeurs des WASP partout dans le monde et tuant par drone chaque jour ou presque, n’importe qui qui lui est présenté par un quelconque névropathe de l’establishment militaro industriel, sorte de Coulibaly bien en cour qui mériterait pour cela qu’on lui applique les lois de Nuremberg comme l’a dit Chomsky. Obama est-il raciste contre sa race? Ça se pourrait, il y a bien des Juifs antisémites! Faudra-t-il interdire à ces racistes leur racisme?

 

 

Réponse : là aussi et sur ces deux points, amalgame. On ne peut m’accuser d’être un  défenseur de la politique américaine, mais franchement je ne vois pas en quoi,  l’origine  métisse  d’Obama , je vous  le rappelle, influencerait son attitude. Pour moi,  Obama est un président américain comme un autre que je n’excuse pas plus qu’un autre. Obama raciste ? Admettons,  de surcroît contre les noirs ?  Cela ne résiste pas un seul  instant  à l’analyse la plus primaire.

 

 

Enfin les chambres à gaz. Des études poussées ont été faites, le malheur c’est que celui qui les a faites, le fameux pharmacien Pressac, a plus ou moins pris ses distances par la suite, a si bien relativisé son livre et les disputes qui tournaient autour, que bien malin sera celui qui aujourd’hui pourrait dire : j’ai une idée parfaitement claire des chambres à gaz, de leur nombre, de leur capacité, etc… Et ce n’est pas le « poids » de la photo d’un four crématoire qui fait suite à votre article qui emportera ma conviction.

 

 

Réponse : le débat ne porte pas sur le rôle des chambres à gaz. Je vais vous aider : les chambres à gaz étaient utilisées depuis le début des années 20, dans certains états des Etats-Unis, comme méthode d’exécution individuelle de la peine de mort, en application de décisions de justice. Certaines survivent encore en Corée du Nord. 

 

Sauf que, les chambres à gaz nazis  servaient pour accélérer le processus d’extermination. Environ 3 millions de juifs et tziganes et homosexuels,  passèrent par ce système sur les 6 millions de victimes.  Et oui, parfois il  y avait embouteillage.   À Auschwitz il y a cinq crématoires appelés K I, K II, K III, K IV et K V (K I à Auschwitz I, les autres à Auschwitz II c’est-à-dire Birkenau). Les crématoriums diffèrent dans leur conception ; les K II et K III ont leurs salle de déshabillage et chambre à gaz enterrées7 alors que les K IV et K V ont toutes leurs pièces constitutives en terre-plein.

 

Le crématoire II fut livré le 31 mars 1943. Dans les bordereaux de réception, il est indiqué que la leichenkeller I (morgue I) est équipée d'une porte étanche aux gaz, de quatre colonnes grillagées et de quatre obturateurs en bois. Ces colonnes grillagées en treillis de fil de fer servaient au versement du Zyklon B à partir des ouvertures percées dans le toit. Je n’emporterais pas votre conviction comme vous dites. Mais j’en rajoute une couché au cas où vous seriez  autiste, au cas où vous décideriez que tout cela fut  inventé par les sionistes :

 

Une fois les portes fermées, un officier SS versait les cristaux de Zyklon B par des ouvertures dans le toit qu'il obturait ensuite par des dalles en béton (aux K I, K II et K III) ou par des lucarnes de bois en haut des murs (aux Bunkers et aux K IV et K V). Dans le premier cas, le produit tombait dans des colonnes creuses jalonnant la chambre d'où le gaz commençait à se diffuser. La mort survenait progressivement après 6 à 20 minutes (variable selon la quantité de personnes dans la salle et la chaleur) de convulsions et d'étouffement. Après un délai qui était jugé convenable par un médecin SS regardant pour cela dans la pièce par un judas, on ouvrait les portes. Peu après, dans les crématoires équipés de ventilation, les cadavres étaient sortis de la chambre à gaz. Là, un Kommando était chargé de raser les cheveux des femmes et de récupérer les objets de valeur, y compris les dents en or. Ensuite, ces prisonniers devaient empiler les cadavres dans des monte-charges vers la salle des fours aux K II et III parce que les chambres à gaz y étaient au sous-sol…

 

Quelques ouvrages pour vous aider dans  vos recherches historiques : 

 

  • Manuscrits des Sonderkommandos d'Auschwitz-Birkenau, Des voix sous la cendre, Livre de poche, 2006.
  • Auschwitz vu par les SS, trois documents commentés par des historiens, écrits par des officiers SS du camp : R. Höss le commandant, J. P. Kremer médecin et P. Broad, éd. Musée d'État d'Auschwitz-Birkenau, 2004.
  • Raul Hilberg, La Destruction des Juifs d'Europe, éd. Fayard, 1988 ; rééd. Gallimard, 3 vol., 1992.
  • Eugen KogonHermann LangbeinAdalbert Rückerl, Les chambres à gaz, secret d'État. Seuil, Points Histoire, 1987. En ligne.
  • Jean-Claude Pressac, Les Crématoires d'Auschwitz, éd. du CNRS, France, 1993 (épuisé puis réédité).
  • Rudolf Höß, Le commandant d'Auschwitz parle, éd. la Découverte, 2005.
  • Germaine Tillion, Ravensbrück, Seuil, 1988.
  • Georges Wellers, Les chambres à gaz ont existé — Des documents, des témoignages, des chiffres, éd. Gallimard, collection « Témoins », 1981.

 

 

Tant qu’on n’aura pas exhaustivement utilisé toutes les sources à notre disposition pour savoir ce qu’il en fut exactement, subsistera une doute et une querelle alimentant les idées les plus folles. En tant qu’historien je ne peux que souhaiter des recherches dans cette direction, c'est-à-dire que la scélérate loi Gayssot, « communiste » se voulant « humaniste » et n’étant qu’un crétin, soit abolie. Sans quoi, cette épine restera dans nos chairs pour encore 10 générations. La question des chambres à gaz et des fours reste de toute façon ouverte car les articles 19 et 21 du tribunal de Nuremberg sont juridiquement ineptes et donc insoutenables. Si on était honnête il faudrait refaire ce procès et le démystifier. Pour plus de détails sur « ma » position je vous prie de vous référer au livre de Jean Bricmont que vous avez peut-être lu. Cordialement,

 

Marc gébelin

 

PS ces lignes sont écrites rapidement. Des expressions maladroites peuvent s’y trouver.

 

Réponse : vous  vous dites historien, moi je ne le suis pas, je ne suis qu’un citoyen qui considère que la liberté de penser ne consiste pas à adhérer à n’importe quel courant de pensée. Je vous rappelle qu’en avril 2001, Bricmont publie dans Le Monde diplomatique un article consacré à la défense de Noam Chomsky contre ceux qui l'avaient fustigé pour un supposé soutien au négationnisme de  Robert Faurisson.

 

En 2009, il prend publiquement position à la suite du scandale provoqué par l'ovation accordée à Robert Faurisson au Zenith de Paris en s'étonnant de ce qu'« on requiert un an de prison (avec sursis) contre Dieudonné pour un sketch »

 

Je  vous laisse l’entière responsabilité de vos réflexions.  Bref, cher Monsieur,  êtes-vous un homme libre ou sous influence ?

 

 

Roland Pietrini

 



04/04/2015
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