ATHENA-DEFENSE

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Les cendres de Bigeard..

Le ministre de la défense a présidé la cérémonie de transfert des cendres du général Bigeard à Fréjus,

Son action en Algérie, est pour cause, est à peine évoquée. On le comprend,  le sujet est sensible et éminemment politique.  Mais il faut donner acte à Jean-Yves le Drian, d’avoir été présent lors de cette cérémonie et de l’avoir présidé en dépit des pressions à sa gauche, et de certaines associations toujours actives pour dénoncer les crimes de guerre en oubliant ceux des autres et jeter un voile d’opprobre sur la vie de ce soldat. Qui probablement comme tant d’autres,  porté le poids de nos outrances et de nos erreurs, mais qui a su écrire aussi des pages de gloire, mais surtout qui a su entrainer tant d’homme vers le haut, et se dépasser..  Ces valeurs, sont tellement éloignés de celles d’aujourd’hui  qu’il convient de ne pas les juger avec les yeux de notre époque..

 

Un mot pour dire qu’en Afghanistan, des soldats français aussi se sont sacrifiés et qu’ils sont sur le chemin du retour, notre action opérationnel prend fin, Les 400 derniers militaires français présents en Kapisa ont quitté ces derniers jours,  la Fob de Nijrab, mettant fin à quatre ans de présence dans cette vallée difficile où la première task force était arrivée en juillet 2008.

Il faut souligner, un départ sans incident et dans l’ordre.  Mais la Mission continue pour certain.. J’en reparlerais.

 

Voici des extraits de la déclaration du ministre de la défense à l’occasion du transfert des cendres du Génaral Bigeard à Fréjus..(Voir les articles précédents).

 

"Comme s’il n’avait rien laissé au hasard, c’est le 18 juin 2010, le jour du soixante-dixième anniversaire de l’appel du général De Gaulle, que le général Bigeard nous a quittés... 
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Le 20 novembre éveille d’autres souvenirs, ceux qui nous rassemblent aujourd’hui. Moi qui l’ai connu sur les bancs de l’Assemblée nationale, je crois qu’au fond, s’il avait eu vraiment le choix, c’est sans doute ce jour-là qu’il aurait retenu. Le 20 novembre 1953, le chef de bataillon Bigeard survole les rizières du Tonkin. Depuis 1945, c’est son troisième séjour en Indochine. Avec le 6e
 BPC, un an auparavant, il a déjà connu la gloire en ayant fait preuve du plus grand courage : à l’automne 1952, parachuté sur Tu Lê avec son bataillon, il est menacé d’encerclement par une division du général Giap. Commence alors l’une des manœuvres d’exfiltration les plus audacieuses de notre histoire militaire. Lui et ses hommes sont donnés pour perdus, mais ils se frayent un chemin à travers la jungle et déjouent la poursuite des combattants du Vietminh. Après plusieurs jours harassants, ils parviennent jusques aux lignes françaises…

 

…..

 

Au matin du 20 novembre 1953, l’opération Castor vient d’être lancée et le chef de bataillon Bigeard s’apprête à sauter sur Dien Bien Phu. Le « 6 » sera parachuté deux fois sur la cuvette. Ce matin-là, avec le 2ème bataillon du 1er régiment de chasseurs parachutistes, ils doivent s’emparer de l’aéroport et de ces collines dont les noms vont entrer dans l’histoire : Gabrielle, Béatrice, Eliane… Au terme d’un magistral combat, la mission est remplie, le colonel de Castries prend le commandement du camp retranché, Bigeard et ses hommes sont relevés. 
 
 
Au printemps 1954, le général Giap décide une attaque générale contre Dien Bien Phu et conduit lui-même l’assaut. Le 6e
 BPC est parachuté le 16 mars, alors que le sort de la bataille est scellé. Sa seule arrivée insuffle du courage. Nommé lieutenant-colonel au cours de ces combats, Bigeard devient l’un des héros de Dien Bien Phu, l’un de ceux qui n’aura jamais baissé la tête.

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On ne peut citer tous les combats de Marcel Bigeard. Pendant vingt ans, de l’Alsace au Sénégal, des cuvettes de Ban Som et de Dien Bien Phu aux djebels algériens…

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De l’Indochine, il rentre avec plus de vingt citations. C’est l’Indochine qui le révèle à la Nation comme un très grand soldat. C’est là, surtout, qu’il se distingue comme un chef charismatique, aux qualités exceptionnelles. Car celui qui était aimé, admiré de tous, avait en retour la passion de ses hommes, prompt à les exhorter au combat, mais toujours attentif à leur sort. 
 
 
En un sens, c’est cette passion-là qui nous rassemble ici. En l’accompagnant dans sa dernière demeure, au Mémorial de Fréjus, nous ne rendons pas seulement hommage à l’engagement  qui fut le sien en Indochine. Nous saluons la mémoire de tous ceux qui, comme lui, parfois à ses côtés, furent engagés en Indochine et y perdirent la vie, au service de la France. Aujourd’hui, nous sommes les témoins de ce lien qui s’est forgé au feu entre Bigeard et tous ces hommes, ce lien que rien n’aura pu altérer.
 
 
 
C’est que le général Bigeard fut d’abord l’un d’entre eux….

…… 

Général de corps d’armée sorti du rang, cinq fois blessé, titulaire de 25 citations individuelles et Grand-Croix de la Légion d’Honneur, il fut un parachutiste hors pair et un soldat infatigable, jusque dans les combats politiques qu’il a portés à l’Assemblée nationale et notamment à la Commission de la Défense qu’il présidait. C’est là que je l’ai connu.

 

Avec lui, une page importante de notre histoire se tourne.  Aujourd’hui, cinquante-neuf ans après le début de l’Opération Castor, celui qui a donné aux « paras » de France quelques « parcelles de gloire » et une part essentielle de leur identité, rejoint dans l’éternité ses compagnons d’Indochine. Hommage lui soit rendu. C’est dans le souvenir commun des combattants d’Indochine que nous nous recueillons aujourd’hui. S’il faut mesurer tout le chemin que nous avons parcouru depuis, n’oublions pas que ce conflit colonial fut un jour notre guerre et que ces hommes sont tous morts pour la France. Aujourd’hui, avec respect, nous leur rendons hommage." 

 



 



22/11/2012
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