ATHENA-DEFENSE

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On ne mourra pas pour la Crimée, mais les conséquences de nos choix imbéciles feront que l‘on risque d’en être malade.

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cherchez Fabius

 

 

Confusément, nous le savons bien, nous comprenons que face à  Poutine, nous engageons  un combat d’arrière garde stérile et  ce choix franco-français, un peu ridicule il faut le dire,  d’être à la tête  de sanctions visant la chef du Kremin est non seulement maladroit et inefficace, mais à bien y réfléchir dangereux et contre productif. Sommes nous légitimes dans ce combat ?  Pas sûr.

 

Fabius qui n’est pas à une inconséquence près,  mène une politique étrangère pour le moins hasardeuse, petit soldat d’un gouvernement sans pilote, sans autorité, sans intelligence, sans vision, ( cf. la Syrie, le Mali, le Centrafrique…)  il menace et s’agite, dans une Europe où le leadership est désormais allemand, avec une Grande Bretagne qui sait se faire discrète et pour une fois obéit à sa règle perfide du wait and see.

 

L’Angleterre intelligente comme souvent,   nous observe en se  réjouissant d’avance de nos maladresses, elle  restera  le plus longtemps possible en retrait de cette crise et tirera les marrons du feu afin de préserver ses excellentes relations financières avec les milliardaires russes qui vivent et s’engraissent dans le confort d’un brouillard londonien camouflant opportunément leurs turpitudes.  La perfide Albion joue avec un coup d’avance, nous jouons avec un temps de retard.

 

Fabius qui joue au billard à trois bandes comme je joue à la playstation, c’est tout dire, pense se trouver intelligent en menaçant la Russie d’annuler le contrat des BPC à condition que la Grande Bretagne saisisse les avoirs russes.. C’est à mourir de rire, non seulement les Anglais ne le feront pas, mais Poutine se souviendra de cette maladresse fabiusienne ressentie comme un affront.

 

Poutine tapit dans l’ombre, compte ses amis, et aura à l’avenir de la mémoire, les marchés que nous commencions à nouer avec la Russie sont désormais menacés, alors que notre économie, faut-il le rappeler est exsangue,  nous jouons au matamore. Ce gouvernement de commedia d’ellarte est inepte.

 

Que cela soit bien clair, je ne peux être accusé de complaisance, ni avec Poutine, ni avec les Russes. Je fais partie des quelques-uns, pour pas dire des rares, qui ont risqué leur peau de l’autre côté du rideau de fer à l’époque où la Russie était un empire. J’étais en RDA, lorsque Poutine y était. J’étais en Pologne jusqu’en 1989.  Peut-être sans le savoir, l’ai-je croisé.  Cela ne me donne pas forcément une grande légitimité en matière d’analyse mais disons une certaine sensibilité et une connaissance des ressorts de l’âme slave.  Je l’ai écris à, propos des velléités américaines d’avancer les pions de l’OTAN à l’EST, on ne peut indéfiniment humilier les Russes et Poutine.   Poutine est aux yeux de certains un tyran, mais un tyran intelligent, qui  très habilement utilise la fibre patriotique des russes surtout des russes blancs afin d’asseoir son autorité et sa puissance. L’Ours russe est sorti de sa tanière et n’y rentrera pas de sitôt.  Alors, s’opposer à Poutine de la manière dont nous le faisons est le meilleur moyen de rassembler tout le peuple russe derrière lui. Drôle de façon pour l’occident de le combattre !  Quant à la France, aligné comme jamais elle l’a été derrière les Etats-unis dans un combat dont elle semble ne rien comprendre et qui la dessert, elle montre ses muscles de rachitiques en montant sur le ring d’un combat de boxe perdu d’avance.

 

Après avoir écouté en direct le discours de Poutine devant les députés, les gouverneurs russes et le gouvernement,  lors de la cérémonie au Kremlin de ce 18 mars, je ne peux que constater que le combat mené par les occidentaux contre le retour de la Crimée dans la Russie était un combat perdu d’avance.

 

Poutine fait observer avec habilité qu’au Kosovo nous avons couvert un référendum bien plus  contestable. « Le 17 février 2008, les parlementaires kosovars albanais votent par proclamation une déclaration d'indépendance du Kosovo. Une décision unilatérale approuvée par certains membres de l'Union européenne, rejetée par d'autres comme l'Espagne, la Slovaquie, la Grèce, la Roumanie et Chypre.  Ce jour-là, des journalistes du monde entier multiplient les reportages sur une population qui «pleure d'émotion dans la liesse de l'indépendance proclamée». Partout, ce sont des visages d'hommes, de femmes et d'enfants heureux, soulagés, bonhommes, affables: la liberté en marche. Qui, alors, songe à interroger les quelques milliers de Serbes retranchés depuis 1999 dans des villages entourés de barbelés et de véhicules blindés de la force de protection internationale, la KFOR? Personne ou presque. Qui donne la parole aux moines et aux moniales des églises et des monastères orthodoxes locaux qui n'ont pas encore été attaqués ou brûlés par les extrémistes albanais rêvant de purification ethnique et religieuse? Personne ou presque. Qui s'intéresse à cette population minoritaire du Kosovo albanais? Personne ou presque » Jean-Christophe Buisson 

 

Cette liesse réjouissante approuvée à l’époque par la France est-elle si différente de celle observée aujourd’hui en Crimée ? Faut-il mettre en doute le choix des Russes de Crimée. Au moins  la Russie s’est imposée sans qu’une seule goutte de sang ne coule. Le seul sang qui a coulé,  a coulé à Kiev.  Pourquoi avons-nous avons cette propension à choisir sans cesse  les mauvais combats ?

 

Si on interrogeait aujourd’hui les Français sur leur sentiment face à cette crise il n’est pas certain que l’on trouverait une majorité pour appuyer la politique d’un président à la dérive.

 

On ne mourra pas pour la Crimée, mais les conséquences de nos choix imbéciles feront que l‘on risque d’en être malade.

 

Roland Pietrini

 

 

 



18/03/2014
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