ATHENA-DEFENSE

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Raid, BRI des questions légitimes sur leur action.

 

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Le Raid, comme la BRI, sont des corps d’élites,  composés de professionnels hors normes,  dont le courage et l’honnêteté ne peuvent être mise en doute. C’est pourquoi,  en cette période particulière dans laquelle nous vivons,  il ne faut pas avoir peur, ni de la vérité, ni d’une certaine forme de transparence lorsque celle-ci est destinée à renforcer le lien  de confiance qui lit le citoyen à sa police.

 

L’intervention  et l’assaut  du Raid et de la BRI de Saint Denis dans la nuit du 13 au 14 novembre sont entourés de zones d’ombre qui devront être élucidés. Une enquête interne est  donc en cours et pour des raisons de sécurité bien compréhensibles,  nous ne connaitrons certainement pas la totalité des conclusions.

 

Dès le lendemain de l’intervention, les simples « experts non autorisés »  que nous sommes pouvaient s’interroger sur la violence des échanges de feu, et du côté des forces de police sur le volume des munitions utilisé plus de 5000, lorsque l’on a appris par la suite qu’un seule arme de poing, un pistolet automatique de marque Browning  de calibre 9mm a été retrouvé et qu’il n’y avait pour l’instant aucune arme de guerre découverte dans les décombres, ce qui pose question sur l’évocation de  « feu nourri » et des tirs  "par rafale, ou au coup par coup, à tour de rôle, pour que le feu ne s’arrête pas."

 

D’autres question subsistent dont :

 

La porte n’aurait pu être ouverte, les charges placées sur la serrure et les gonds n’ayant pas fonctionnées ?  Mais on apprend par la suite que celle-ci n’était pas blindée contrairement à ce qui avait été dit.

 

Pourquoi une telle imprécision sur l’identification des corps retrouvés dans l’appartement ? Un homme (initialement présenté comme une femme), qui a activé son gilet explosif ? Un autre, touché par des projectiles et des grenades, dont les analyses ont ensuite conclu qu’il s’agissait d’Abdelhamid Abaaoud,. Finalement,  après deux morts annoncées, les fragments d’un troisième corps, celui d’une femme, a été découvert dans la nuit de jeudi à vendredi.

 

Sept blessés apparemment parmi les forces engagés, par des tirs fratricides ?

 

 

Le Raid comme La BRI se posent probablement  en interne les bonnes questions,  et cela est légitime et notamment sur les conditions de leur engagement dans un contexte particulièrement difficile d’incertitude et de fatigue extrême. D’autres questions doivent  être aussi  posées dont celle des responsabilités de haut niveau.  Qui a donné l’ordre d’intervenir de nuit et apparemment sans suffisamment de renseignement pour un tel assaut ? Ne valait-il pas mieux attendre le jour ?   La zone était bouclée, ils ne pouvaient en sortir. La priorité n’aurait pas été celle  plutôt d’évacuer les résidents proches ?  Le GIGN placé en réserve n’aurait-il pas dû relever le Raid, ses opérateurs étant beaucoup plus reposés ?

 

 

 

Certes,  nous n’avons pas tous les éléments pour juger si l’assaut  a été  mené ou pas avec toute l’intelligence (dans les deux sens du terme)  nécessaire et il est certainement plus facile assis dans un fauteuil  tel que je le suis, d’apporter  à postériori des commentaires que d’être dans l’action. Mais je crains  que  cela ressemble à quelque chose  qui tient  de l’improvisation, ce qui est à l’opposé exact de  la culture du Raid et  de ceux qui sont plus habitués à lutter contre le grand banditisme et les prises d’otages classiques que d’intervenir  dans des opérations "de guerre". (le terme ne m'apparait pas adapté)

 

 

Pour l’avenir, faute de remise en cause sur les méthodes, il est nécessaire de tirer les enseignements de cette intervention qui n’est pas satisfaisante ni sur le plan de l’éthique, ni sur le plan de l’efficacité.  Faute de quoi, Il n’est pas interdit de réfléchir à  l’apport éventuel de nos forces spéciales  si nous devions nous retrouver  à nouveau face à des attaques simultanées ou des prises d’otages massives.  Les Rapas du 1° RPima  ou les Commandos Marines par exemple, mais pas seulement, sont préparés à ce genre d’action.

 

La transparence,   c’est ce qui fait la différence entre le totalitarisme et la démocratie, y compris en cette période d’état d’urgence, va toujours  dans le sens du renforcement de notre capacité à réagir juste dans l’efficacité sereine.  Ne tombons pas dans le piège tendu par ceux qui veulent à tout pris notre perte. C’est dans la sérénité que nous démontrerons notre supériorité sur des des assassins qui n’ont pour toute gloire que de se faire sauter  au nom d’une cause  djihadiste fasciste et terroriste  perdue d’avance.  

 

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03/12/2015
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