ATHENA-DEFENSE

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RCA: danger de génocide

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L'Elysée vient de confirmer que les effectifs français en RCA sont passés à 2 000 hommes. Paris "a pris en considération l'appel du secrétaire général des Nations unies, M. Ban Ki-moon" qui demandait une augmentation de la présence militaire française.

Cette décision si peu surprenante sous couvert d’une demande de l’ONU montre bien que le dimensionnement décidé au départ de l‘intervention était trop mesuré, ce que les modestes observateurs, dont je fais partie,  n’avaient pas manqué de  souligner.

Il est certain que l’Etat-Major en était conscient, mais désormais, nous le savons, c’est le politique qui dirige et détermine le volume de projection. Les militaires exécutent.

Sans oublier le fait que cette intervention a un coût, et qu’en ces temps de disette budgétaire, la calculette est l’un des éléments importants  de la prise de décision.  

Il est tout aussi probable que l’appréhension de la crise ait été mal évaluée. Les services de renseignement ne sont probablement  pas à mettre en cause, on sait que l’analyse  de la situation n’est qu’un élément de la prise de décision.  On sait aussi que Paris comptait sur un engagement de l’Europe, et sur celui plus rapide des Nations-Unies. On voit bien que l’engagement de certaines forces africaines et notamment Tchadiennes si judicieuses au Mali l’était beaucoup moins en RCA. Quant à l'opération militaire de l'Union Européenne, deux mois après l’engagement de la France, comme sœur Anne, on ne voit rien venir et sera de toute façon insuffisant et compliqué à mettre en place.
Les susceptibilités des uns s’entremêlant avec la susceptibilité des autres, on peut mesurer à quel point à cette occasion l’Europe de la défense est un leurre, et les Etats-Majors européens mis en place à grand frais, sans compter les pseudos brigades  sont une belle démonstration de l’inefficacité de la méthode.   

La France est donc en Centrafrique pour longtemps, avec des effectifs qui devront probablement être revus à la hausse. Le secrétaire général de l’ONU sera contraint, fort probablement, de demander à la France,  seule nation en capacité de le faire,  de s’enfoncer encore plus dans les profondeurs du pays, afin de d’enrayer une situation dramatique qui ne cesse de se dégrader.

Enfin, faute de structure d’Etat,  dans un second temps, le vide risque d’attirer  un trop plein de candidats au pouvoir en créant une situation de conflits politiques violents.

Selon le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon «La brutalité sectaire est en train de changer la démographie du pays, la partition de facto de la République centrafricaine est un risque avéré »- «Une nouvelle géographie religieuse est en train d’émerger : l’ouest sera bientôt une zone strictement chrétienne, et l’est devient le refuge des musulmans», note Thierry Vircoulon, du groupe d’experts International Crisis Group (ICG).

 « La réponse trop timorée de la communauté internationale» selon Amnesty International montre à quel point les Nations, à l’exclusion de la France, ne souhaitent pas s’engager dans une situation telle que celle vécue  en  Centrafrique.

Souvenons-nous de  ce que cela a donné au Rwanda lors de l’opération turquoise de 1994. En 2005,  des  citoyens Rwandais ont porté plainte contre des militaires  français de l’opération Turquoise  pour complicité de génocide et de crime contre l’humanité.   Il ne faudrait pas que nous nous mettions dans une situation similaire. 

 

Roland Pietrini



16/02/2014
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