ATHENA-DEFENSE

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Se faire obéir, Monsieur le Président, n’est pas commander !

 

Se faire obéir, Monsieur le Président n’est pas commander !

 

 

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                                                                                   Photo l'EXPRESS - le 13 juillet

 

 

 

Il y a des choses qu’on n’achète pas, la confiance en fait partie, un chef à qui on obéit par devoir, est un chef avec qui on ne risque pas sa peau sans y avoir été contraint. Le président Macron, qui se considère Grand Chef des armées,  (il l’est en raison des institutions) et qui a daigné se fendre d’un tweet pour indiquer que nos soldats lors de l’attentat du 9 août à Levallois-Perret étaient bien soignés, devrait s’en souvenir et se replonger dans quelques bons livres d’histoire.

 

Foch disait : « Je n'ai pas commandé tellement qu'on le croit. J'ai amené ceux qui étaient autour de moi à mes idées, ce qui est tout différent » il est vrai que c’était un soldat et que le mépris avec lequel Macron traite ceux-ci, ne peut que renforcer l’idée qu’il pense que faire obéir, c’est déjà commander. Il devrait aussi apprendre d’un certain Publilius Syrus  (1) que  « Tous obéissent et servent sans répugnance, quand le chef qui commande inspire confiance ».

 

Les derniers évènements du 13 juillet sur lesquels je ne reviendrais pas, voir mon précédent article – A propos de Armées : Monsieur le Président juste un mot- (2) et l’attaque (la huitième) contre des soldats de sentinelles suffisent à démontrer que pour commander il ne suffit pas de communiquer et entre les mots et les actes il y a un fossé qu’il convient de savoir franchir.

 

Or les mots, nous les connaissons, les actes aussi. Cela a commencé par la nomination doublement ratée de deux ministres des Armées,  dont l’une a choisi de ne pas continuer l’aventure, et ce n’est pas leur faire un procès en sexisme ou d’intention, d’indiquer leur parfaite incompétence dans le domaine, voire leur désintérêt. Le second acte a été des gestes de communication abondamment relayés par les médias nigauds.  Quel signe en effet de remonter les Champs-Elysées en command car ! Et comment critiquer le fait de rendre visite aux blessés des armées, sauf que la suite n’a pas été réellement à la hauteur, la visite au Mali n’a pas donné, à l’exclusion de phrases,  de réels gages d’engagement pour améliorer le sort de nos soldats, les pantalonnades successives et les changements de costumes inspirés d’un Bush ou d’un Poutine, pas plus. Puis vint l’annonce dans la presse de la suppression des 850 millions d’euros sur le dos des armées, soit 20 pour cent de l’effort total demandé,  alors que le budget de la défense ne représente que 1,74% du PIB, et cela en toute illégalité, l’article 4 de la loi de programmation militaire (LPM) 2014-2019 dispose clairement que les surcoûts OPEX font l'objet d'un financement interministériel. Cela a toujours été le cas de 2012 à 2017, et a emmené la démission très digne du général de Villiers, humilié par un Macron particulièrement vindicatif et injuste envers lui-même et ceux qui sont par leur sacrifice consenti les premiers serviteurs de l’Etat.

 

Il y les mots, disais-je,  et il y a les actes,  Monsieur le président Macron vos actes ne sont pas à la hauteur de vos mots, pire encore,  vos ministres et autres porte-paroles devraient apprendre qu’ils ne s’adressent pas à des débiles profonds, mais à des gens souvent plus cultivés qu’ils ne le sont eux-mêmes. Alors, « comment croire désormais à vos promesses d'un effort de défense à 2% du PIB en 2025 (50 milliards d'euros, hors pensions, surcoûts des OPEX et service national), deux ans après la fin du quinquennat ? Comment croire à la crédibilité d'une trajectoire allant vers ses fameux 2%? D'autant que Gerald Darmanin promet déjà que le gouvernement va faire encore plus d'économies en 2018 et réfléchit dès maintenant aux réformes structurelles à mener pour y parvenir » (Michel Cabriol – La tribune du 11 juillet).

 

 

 

Alors,  de grâce Monsieur, méditez cette phrase « Si le droit de commander est un titre à l'autorité, c'est le talent de se faire obéir qui donne la mesure du chef » et dans ce domaine vous aurez des progrès importants à faire.

 

Roland Pietrini

 

 

 

  1. Poète latin né en Syrie vers 85 av. J.-C., Publilius Syrus est mort après 43 avant Jésus-Christ. Célèbre poète comique né esclave puis affranchi par Domitius, Publilius Syrus, dit Publius le Syrien, est l'auteur de nombreuses sentences en vers publiées pour la première fois vers 1552. Jules César, l'ayant trouvé digne de participer aux joutes littéraires, l'amèna à Rome où Syrus put lire publiquement ses pièces, ce qui lui fit obtenir la préférence sur tous les autres mimes de son temps.

  2. //www.athena-vostok.com/a-propos-des-armees-monsieur-le-president-juste-un-mot

 

 

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10/08/2017
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