ATHENA-DEFENSE

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Suicide dans la gendarmerie. la côte d'alerte.

Depuis le 1er décembre, 6 militaires de la gendarmerie se sont donnés la mort.

Le 1er décembre, le major, commandant la brigade de Crepy en Valois (60), s’est donné la mort à son domicile avec son arme de service.

le 5 décembre, le major, commandant la brigade de proximité de Pontvallain (72) s’est donné la mort dans son  bureau, avec son arme de service.

Le 20 décembre, le corps de Patrice RZEPCZYK,  gendarme à Colombey-les-deux-Eglises (52) a été retrouvé dans un bois à quelques kilomètres de son unité. Il avait mis fin à ses jours avec  son arme de service.

Le 27 décembre, l’adjudant de l’escadron 24/2 de Bayonne s’est isolé dans une voiture pour mettre fin à ses jours avec son arme de service.

Le 30 décembre, un gendarme s’est suicidé avec son pistolet Sig-Sauer 9 mm vers 2h30, de retour de patrouille, en bas de son logement à la caserne de L’Ile-Rousse (Corse).

Le 31 décembre, l’association gendarmes et citoyens, dans un communiqué, nous apprend le suicide par pendaison de l’adjudant Augustin Ochando, du peloton d’autoroute de Montereau (77).

 

MM

Voir http://www.armee-media.com/

 

On ne peut rester insensible à cette vague de suicide dans la gendarmerie.  Les familles en resteront marqué à jamais, et les enfants en sont en première ligne les victimes.  Or à ma connaissance,  les derniers chiffres disponibles sur les suicides dans les armées datent de 2008 .

Ces chiffres montraient que d’une armée à l'autre, les statistiques sont sensiblement différents "Pour 100.000 personnes, la  Gendarmerie avec  27,1 a le taux le plus élevé, l’armée de  Terre est à 19,7 pour 100 000, l’armée de  Air: 14,1, la marine : 13,2.

Ces chiffres sont à rapprocher du ratio de la population civile d'environ 19 pour 100.000.

On se suicide donc deux fois plus dans la Gendarmerie que dans la Marine. 

 

Pour avoir côtoyé au cours de ma carrière quelques gendarmes ( GSPR y compris), il me semble que le métier est propice à l’isolement. Dans le huis clos de certaines brigades le chef impose parfois son autorité au-delà du simple service. La présence sur le lieu de travail de la famille et la lourdeur d’une basse  hiérarchie omni-présente n’est pas toujours  propice à la sérénité.  Les commandants de brigade sont soumis à des stress importants. 

Les éléments qui sont connus par l’Adefdromil montrent que les recours dans la gendarmerie dans le cas de harcèlement sont encore plus difficile à aboutir.

 

Il serait intéressant de connaître l’opinion des anciens gendarmes, sans polémique et sans qu’ils y voient une critique de l’institution. Le récent jugement d’un commandant de frégate montre que toute les armées sont touchées.  Selon le rabbin Haïm Korsia, rabbin et aumônier général de l'armée de l'air 59 suicides "ont eu lieu sur le site militaire même, soit 17,8%, ce qui est une façon évidente d'adresser un message d'alerte à l'entité militaire". Ce chiffre correspond à celui des motifs du suicide:  15,5% sont la cause de "difficultés d'adaptation au milieu militaire". Il indique par ailleurs que "Dans aucun autre milieu, la notation est aussi déterminante". Quant à aller voir un psy en cas de problème, ce n'est pas si simple. On l’a vu à propos des SPT. (Trouble de stress post-traumatique) reconnaître son mal-être est encore considéré comme un signe de faiblesse. Or le gendarme, comme le soldat, comme le policier, reste un homme.

 

Selon le rabbin Haïm Korsia, qui est l'un des seuls à s'être intéressé à cette question, "le recours à un psy devrait être considéré comme un acte aussi banal que consulter pour une grippe ou presque", on en est loin.

Ce sujet tabou, parmi tant d’autres, montre s’il en était encore nécessaire que  nous devons faire avancer les choses., progressivement, en parlant, en échangeant, en réfléchissant, les blogs ont probablement un rôle à jouer.   

 

 Roland Pietrini

 



31/12/2013
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