ATHENA-DEFENSE

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Syrie: On ne descend pas dans l'arène sans connaître les règles de la corrida. (actualisé)

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 Cet article est à relire à la lueur des derniers événements. Je ne l'ai pas retouché. Il date de septembre 2013

Ainsi,  par un retournement de veste dont nos politiques possèdent le secret, François Hollande attend la décision d’Obama pour se joindre à une expédition punitive à l’encontre de Bachar el Assad. Les preuves d’utilisation d’armes chimiques, par les troupes loyalistes de Damas, seraient suffisantes pour infliger une punition à un régime certes sanglant et totalitaire.  Mais sommes-nous si sûrs que l’opposition n’est pas exempte d’influence sectaire, violente et djihadiste. Simple rappel : Le Conseil national syrien (CNS) est une autorité politique de transition créée les 1er et 2 octobre 2011 à Istanbul, pour coordonner tous les opposants au régime de Bachar el Assad afin de  mener des opérations armées aussi bien en Syrie que dans des pays tiers.

Ce conseil, dominé par les sunnites, réunit plus de 30 groupes d'opposition dont les Frères musulmans (qui y sont majoritaires), des libéraux mais aussi des partis kurdes et assyriens. . Or ce sont les Frères musulmans, les mieux structurés qui semblent les plus à même d’imposer leur pouvoir.  Selon le politologue Salam Kawakibi « C'est eux qui ont imposé le terme de coalition, pour signifier qu'ils gardent leur identité. Ils auraient aussi exigé 40 % des postes. Ils devraient pouvoir contrôler la coalition à travers des alliances avec des groupes et des indépendants »

 

Cela n’a pas empêché la diplomatie  française, au nom d’une politique  résolument favorable à cette opposition,  d’ouvrir en gand  la porte de l’Elysée. D’ailleurs, François Hollande et l'émir du Qatar, le cheikh Hamad Ben Khalifa Al-Thani, ont constaté mercredi leur "convergence de vues" sur la Syrie et "décidé de coordonner leurs efforts" pour une "transition politique" à Damas, a indiqué l'Elysée à l'issue de leur rencontre.

Le président français "a souligné qu'il ne peut y avoir de solution politique sans le départ de Bachar Al-Assad" et a "exprimé sa volonté de renforcer le partenariat solide, confiant et ambitieux que la France et le Qatar ont établi de longue date".

Les objectifs de guerre sont donc flous, est-ce une punition contre l’utilisation des armes chimiques par Bachar el Assad ?  Ou  la tentative de l’affaiblir,  afin que le régime des opposants se substitue à celui qui est en place, avec les risques que nous pouvons supposer.

 

Or dans cette crise, rien ne parait très clair, et d’ailleurs, la Grande Bretagne vient de retourner sa veste, ce qui démontre  que ce pays est  une vraie démocratie, puisque le Premier ministre se plie à la décision de son parlement malgré sa position interventionniste. Cela démontre que l’exécutif peut être soumis à la décision des élus du peuple. Ce qui n’est pas le cas de notre monarchie républicaine.

 

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Le  terme « punir » ne parait pas non plus, le plus adapté à la situation.  En effet, en quoi nous nous octroyons le droit de prendre partie, dans une guerre civile qui révèlera forcément un jour  que les exactions sont également réparties des deux côtés – Nous avons un peu vite oublié que les stocks d’armes chimiques auraient été utilisées aussi  par l’opposition syrienne - Il faut aussi constater que l’utilisation des ces armes sert plutôt à l’opposition, dans ce jeu  de dupe, à qui profite le crime ?

Les gagnants sont proclamés au prix de quelques centaines de morts, il est vrai.  

 

Au détour je constate que ceux là même qui poussaient des cris d’orfraies lorsque la France a rejoint le commandement intégré de l’OTAN les accusant d’abandon de toute souveraineté française par alignement avec les USA,  se retrouvent bien seuls au côté des Etats-Unis qui s’engagent dans ce conflit à reculons il faut bien le dire. Les mensonges ayant déclenché la guerre contre l’Irak et le fiasco Afghan a marqué certains esprits Outre-atlantique. 

 

Selon les estimations de l'ONU, les affrontements entre les troupes syriennes et l'opposition ont fait près de 100.000 morts.

 

 

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Bachar el-Assad qui est loin d’être aveugle,   (pour la petite histoire il fut admis à l'université de Damas et obtint un diplôme en ophtalmologie en 1988) peut  compter sur ses alliés fidèles dont la Russie.

Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères russe, avait déjà prévenu : «Le recours à la force sans autorisation du Conseil de sécurité de l’ONU est une violation grossière du droit international [...]. Une intervention non autorisée par la communauté internationale ne fait qu’aggraver la situation dans un pays que l’on voulait sauver de la dictature et où l’on voulait imposer la démocratie.». Mais Damas  peut compter aussi sur  l’Iran, dont la position sur la crise syrienne est évolutive et instable et dans une  moindre mesure la Chine ne resteront pas sans réactions.

 

Nous vivions une déstabilisation complète et profonde du Machreb  Egypte compris et du Maghreb. Le moindre que l’on puisse dire est que François Hollande avant de s’engager plus avant devrait   réfléchir à deux fois, au nom de la France et des Français. Obama ayant prudemment et démocratiquement demandé un vote du congrès qui n'interviendra que le 5 septembre, le président Hollande, désormais seul,  tel  un cocu magnifique, matamore nu, brandit les foudres d'une France qu'il ridiculise et affaiblit sur le plan international. S'il devait continuer dans cette attitude, ce serait une erreur, pire, une faute.   

 

Il en va de la sécurité de la France et de sa crédibilité internationale, on ne descend pas dans l’arène sans connaître les règles et l’art  de la corrida.  

 



01/09/2013
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