ATHENA-DEFENSE

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A propos d'intelligence économique

Existe-t-il un besoin de « maitrise de l'environnement »  pour les entreprises ? Que devrions-nous inclure dans ce chapitre ? Est-ce simplement un besoin d'information ? Mais où commence et où s'arrête ce besoin d'information ? Est-ce que l'intelligence économique impose d'utiliser parfois des méthodes d'investigations à la marge ? Des exemples ? Comment copier de dossiers sensibles chez le concurrent ? Est-il nécessaire d'employer de sous-traitants spécialisés dans le domaine de pénétration en zone sensibles ? (pénétration physique ou cybernétique),  Les spécialistes me comprendront. Certains « grands comptes », et non des moindres, peuvent payer très cher des « informations » et obligent à une obligation de résultat et pas uniquement à une obligation de moyens. Qu'en est-il du respect d'une déontologie d'autant moins précise qu'elle est par la pression de l'évènement qu'une variable d'ajustement ?  L'Etat est-il,  et peut-il être garant du respect des règles ? L'Etat n'est-il pas lui-même contraint à utiliser ces méthodes » à la marge »Bref,  l'intelligence économique souffre-t-elle de l'hypocrisie qui caractérise nos réflexions géopolitiques ? Nous donnons nous les moyens de lutter à l'international ? Nos récentes déconvenues (TGV-Nucléaire-Armement etc.) devraient faire un tant soit peu réfléchir.

Oui,  l'Etat tente de confondre Intelligence économique, besoins de protection des entreprises, gestion des risques, accompagnements de Vip sensibles, audit de risques, bref des métiers parfois complémentaires mais demandant des « intelligence » différentes.  Mais ce n'est pas une découverte, pour avoir œuvré de nombreuses années dans le domaine de l'investigation couvert par le doux nom d'agent privé de recherche, ce qui veut dire détective privé, je suis à même de comprendre, dans ce domaine comme dans d'autres,  les résistances culturelles de nos chers énarques qui manquent si souvent d'humilité en pensant que les acteurs sont les derniers à comprendre    les améliorations et les règles qui sont nécessaires à leur activités. Le rapport Martre (commissariat au plan) est bravement dénommé,  «  Intelligence économique et stratégie de l'entreprise » la réflexion porte sur « les facteurs immatériels de la compétitivité »  le rapport dans son préambule reconnait que : « certains pays, tels l'Allemagne, le Japon ou la Suède, ont depuis longtemps développé des "systèmes d'intelligence économique" qui leur ont permis d'accroître leurs parts de marchés tout en préservant leurs emplois. Ces organisations nationales reposent précisément sur une maîtrise collective de l'information ouverte  « pas question de parler de l'accès aux informations fermées, cela n'existe pas. ) Par l'ensemble des acteurs économiques. L'État joue un rôle essentiel à la fois dans le développement du système national d'information en liaison avec le secteur privé et dans la définition des grandes orientations stratégiques du pays, indispensables aux entreprises dans la définition de leurs actions et de leurs prévisions. »

Bref,  il s'agit au plus haut niveau de définir une politique industrielle à horizon visible avant d'adapter l'outil de production aux besoins exprimés, en gros, éviter de produire avec retard des machins géniaux répondant aux besoins de la dernière, mais évitant de répondre aux besoins de la prochaine et de l'actuelle, les GV de base dont je suis comprendront.

Le rapport est comme tous les rapports, magistral, bien rédigé, sans faute d'orthographe notable, on sent le professionnalisme des rédacteurs, mais au juste ce rapport qui l'a lu ? Où est-il ? Dans quelle étagère ?

Le rôle historique de la Grande-Bretagne y est décrit avec bonheur, (j'en recommande la lecture) ils ont deux petits siècles d'avance, nous ont en est encore au stade de la définition du concept. (oui,  je sais, je suis de mauvaise foi). Bien sûr nous avons des exceptions, l'ingénieur Berthoud, Michelin, certaines banques, mais comme d'habitude la pratique du non-dit, notre détestable complexe de supériorité a mené à ce que l'on sait et ce que l'on voit, la place enviée de ceux qui brillent en faisant rire les autres, près du radiateur.

Ce fabuleux rapport, propose comme tous les rapports des propositions, c'est-à-dire des solutions aux problèmes identifiés, que l'on s'empressera d'oublier (lors de la journée du patrimoine je propose d'organiser la visite des tiroirs étatiques aux rapports oubliés).

Proposition N°1 : Diffuser la pratique de l'intelligence économique dans l'entreprise…Comment ?  Le rapport est moins prolixe, il propose de créer des postes d'animateurs de réseaux  d'intelligence économique, et je cite : « II convient, lorsque cela est nécessaire, d'élaborer des conventions avec les représentants syndicaux assistant aux conseils d'administration et aux autres instances de concertation des grandes entreprises sur la gestion et le contenu de l'information stratégique » fermer le ban, je laisse le choix de réfléchir à cette mesure d'urgence, les évènements montrent que dans nos ports et nos raffinerie cette mesure serait pour le coup judicieuse.. Proposition N° 2 : Optimiser les flux d'informations entre le secteur public et le secteur privé. Ce qui veut dire, mettre en commun les flux d'information étatique et privé. Connaissant les deux bouts de la lorgnette je me demande comment il serait possible d'accéder pour une entreprise aux informations de la DGSE par exemple. On pourrait aussi parler de l'efficacité de nos réseaux de conseillers commerciaux à l'étranger, bien au chaud au font des ambassades. Le rapport est d'ailleurs parfaitement clair sur le sujet : je cite « En France, cette complémentarité reste peu valorisée. Il en résulte des cloisonnements et des redondances dans les efforts de collecte et d'analyse qui nuisent à la pratique offensive et concertée de l'intelligence économique. Ne souhaitant pas monopoliser le débat.  j'encourage à lire la suite sur : http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/074000410/0000.pdf Si vous n'avez pas le courage lisez l'introduction et le résumé de fin, c'est remarquable.je suis de mauvaise humeur le CDC est à quai, cela me navre, et ne ferait pas de commentaire à la place idoine sur le sujet.  

 



17/10/2010
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