ATHENA-DEFENSE

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A propos d'un lieutenant de légion

 

 

Commentaire

 

J'ai noté depuis un certain temps une dérive des commentaires et notamment sur la sanction qui concerne l'ex-commandant Matelly. Ces deux affaires, Matelly et  celle du lieutenant Bertaud, sont différentes et de nature et d'éthique. On y retrouve pourtant dans les commentaires tous les ingrédients de notre société qui juge avant de connaître, instruit avant d'entendre, condamne avant de comprendre. Que ce soit pour condamner ou pour absoudre ! Vous faites un métier noble, je vous envie, et vous remettez là, le débat sur le bon chemin. Le 2°REP est un régiment d'élite, mais faire partie de l'élite ne veut pas dire se soustraire aux règles de l'éthique et de la mesure.. Ce lieutenant que je ne connais pas, manquait probablement de poids et d'expérience, mais le système ne lui avait-il pas donné un peu la grosse tête ? On reconnaît les êtres d'exception à leur calme au combat, pas à leurs outrances. Peut-être que l'exemple de Bigeard en ses circonstances lui aurait servi. Il y a une différence entre:  Suivez-moi, je vous précède, et que les plus forts soutiennent les plus faibles! Et: Passe devant,  et toi, qui ne suit pas marche ou crève ! Peut-être aurait-il dû apprendre avec humilité l'art de commander.. Mais laissons de grâce la justice suivre son cours.. Un jeune lieutenant reste un lieutenant jeune.. Tout comme un jeune juge d'instruction reste tout étant jeune un juge. (Souvenez-vous de l'affaire d'Outreau) Ce lieutenant était chef de section, un homme est mort sous ses ordres et sinon par sa faute au moins par son manquement aux règles élémentaire de sécurité.. Un juge qui a mis des innocents en prison e ressort sain et sauf sans sanction, et autant autiste qu'apparemment il le fût pendant l'instruction. On aimerait que les grands corps de l'Etat puisse suivre l'exemple de l'Armée qui sait se séparer de ceux qui n'ont pas leur place.  .Gendarmerie y comprise et police tout autant. La difficulté sera toujours celle de la sélection, de la formation et du courage de se séparer de gens qui ne respectent pas une règle élémentaire de l'éthique.. J'ai le pouvoir de te commander de t'emmener au combat, tu peux même y mourir, mais je n'ai pas le pouvoir de te détruire..

 

.............Il me parait équitable de laisser le lieutenant Bertaud s'exprimer...

Le témoignage du lieutenant Bertaud

"La Légion reste ma famille"

Le témoignage du lieutenant Bertaud, accusé de "torture" et de "barbarie" après le décès d'un légionnaire à l'entraînement.
Propos recueillis par Frédéric Pons, le 09-04-2009

Lieutenant saint-cyrien au 2e régiment étranger de parachutistes (aujourd'hui radié des cadres de l'armée), Médéric Bertaud, 26 ans, vient de passer presque trois mois à la prison de la Santé, du 5 décembre au 18 février, en compagnie d'un ancien légionnaire russe, incarcéré pour désertion.Le juge d'instruction auprès du tribunal aux armées de Paris a mis Médéric Bertaud en examen pour "actes de torture et de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner", après le décès d'un légionnaire placé sous ses ordres, le 5 mai 2008, au cours d'un exercice militaire dans le désert de Djibouti. Trois autres anciens militaires (renvoyés de la Légion en 2008) sont mis en examen. Le dossier des expertises médicales n'est pas encore clos. Le procès n'est pas attendu avant la fin de l'année.

Comment avez-vous vécu cet emprisonnement ? L'épreuve a été douloureuse. Aussi dure qu'elle ait pu être pour ma famille, mes proches et moi-même, je suis conscient qu'elle n'est que peu de chose comparée à la perte définitive de son fils pour la mère du légionnaire Tvarusko.

Pourriez-vous parler d'une épreuve "enrichissante" ? Je me suis efforcé de transformer cette épreuve en une expérience constructive. Cela a été possible grâce au soutien moral et affectif qui m'a permis de ne pas me laisser aller au mauvais esprit, à la haine ou à la rancœur. J'y ai rencontré des gens surprenants et attachants.

Par exemple ? J'ai eu la chance de me retrouver avec un ancien légionnaire. Une vraie camaraderie s'est nouée entre nous. J'ai commencé à apprendre le russe avec lui. Sa bonne compagnie a contribué à rendre ma détention moins morose.

Que souhaitez-vous aujourd'hui ? Je demande sereinement justice, dans l'apaisement. Toute cette affaire est allée déjà beaucoup trop loin. Avec ma radiation de l'armée et mes trois mois d'incarcération, j'ai déjà beaucoup payé.

Êtes-vous confiant ? Je suis convaincu que l'instruction montrera qu'il y a eu beaucoup d'exagérations, voire de déformations, dans la présentation de cette affaire, et que mes subordonnés et moi ne sommes pas à l'origine de la mort de ce malheureux légion­naire.

Avec l'armée, c'est bien fini ? Je ne crache pas dans la soupe. La Légion, que j'ai choisie, reste ma famille. Je n'ai jamais contesté le fait que je sois sanctionné, mais je n'ai pas compris la réaction excessive de mes chefs, tant sur le plan humain que médiatique. En revanche, j'ai été très touché par le soutien de nombreux camarades et anciens, et non des moindres. Par leur esprit de justice, leur humanité, leur proximité humaine et leur écoute, ils m'ont rappelé que l'armée est avant tout une communauté d'hommes avec des valeurs de solidarité exceptionnelles.

Une communauté qui vous a quand même déçu ! Je reste profondément attaché à mon engagement à servir mon pays. Je reste également attaché à la Légion, à mon régiment et à mes hommes, que j'aimais sincèrement. Je n'ai ni ressentiment ni rancœur. Je suis serein. Je fais confiance à la justice française pour faire la pleine lumière sur cette terrible affaire, dans l'apaisement et la transparence.

Pourquoi avez-vous accepté cet entretien ? Parce que j'ai été considérablement calomnié dans beaucoup d'articles. J'aurais préféré la discrétion, mais j'estime avoir à ce titre un droit de réponse.

Mais vous avez de solides avocats, Mes Alexandre Varaut et Pierre-Olivier Lambert… Oui. Cette épreuve m'a beaucoup rapproché d'eux. Par leur présence, leur compétence, leur diligence, ils ont vraiment contribué à faire avancer le dossier dans la séré­nité. Ils m'ont permis aussi de surmonter les difficultés rencontrées dans ce type de situation. Excellents professionnels, Mes Varaut et Lambert traitent leurs clients avec beaucoup d'humanité. Ils m'ont insufflé l'énergie nécessaire quand elle venait à manquer. Je les en remercie ici, sincèrement et profondément.

 



29/03/2010

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