ATHENA-DEFENSE

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Affaire MAHE. Procès en assise, rappel des faits

 

 

Rappel :

 

Le 27 novembre 2012 va s'ouvrir à la Cour d'assises du Palais de Justice de Paris, sept ans après les faits, le procès de « l'affaire Mahé» où 4 militaires français, dont le colonel Éric BURGAUD dans le cadre de l'opération Licorne, en Côte-d'Ivoire sous le commandement du général Poncet, sont inculpés pour la mort en mai 2005 d'un coupeur de route ivoirien, Firmin Mahé. L'affaire a pour cadre la guerre civile de Côte-d'Ivoire étalée sur plusieurs années et l'intervention de la France dans ce conflit.

Considéré par les soldats de la force Licorne comme le chef d'une bande de « coupeurs de route », des bandits semant la terreur dans la région de Man (dans l'ouest du pays), Firmin Mahé avait été repéré le matin du 13 mai 2005, dans un échange de coups de feu lors de l'interpellation il avait été blessé  à la jambe par les militaires français. Il avait ensuite été conduit à une infirmerie, puis dirigé vers Man sur ordre du général Poncet. Dans le blindé qui l'emmenait, il avait été étouffé par des militaires qui disaient avoir agi en fonction des ordres. L'un des soldats a reconnu avoir étouffé Mahé, alors inconscient, avec un sac en plastique.

Rappel des faits :

Le 13 mai 2005, sur la route entre Duékoué et Man, en Côte d'Ivoire, Firmin Mahé est blessé à la jambe par les tirs des soldats français de l'opération Licorne. Il est embarqué par ces militaires dans un blindé. D'abord conduit à l'hôpital de Bangolo, Firmin Mahé est ensuite dirigé vers Man sur ordre du général Henri Poncet, alors commandant de l'opération Licorne.

Firmin Mahé n'arrivera pas vivant à destination. L'un des soldats présent à bord du blindé a reconnu, devant la juge Florence Michon, avoir étouffé le jeune Ivoirien, alors inconscient, à l'aide d'un sachet plastique. Cinq militaires français ont été mis en examen dans cette affaire, pour homicide volontaire et complicité d'homicide volontaire. Parmi eux, figure le général Henri Poncet. Selon l'un de ses adjoints, le colonel Eric Burgaud, Poncet aurait donné à ses hommes l'ordre implicite de tuer Firmin Mahé au cours du transport. Il aurait notamment déclaré « roulez doucement, vous me comprenez ».

L'affaire a soulevé une émotion considérable en Côte d'Ivoire. En décembre 2005, l'état-major des armées de France suspend le général Poncet, le blâme et ordonne sa mutation. C'est d'ailleurs l'armée qui a saisi le Tribunal pour qu'une instruction soit ouverte. Le dossier est maintenant bouclé. Les militaires inculpés disposent de 20 jours, selon l'un de leurs avocats, pour demander d'éventuels compléments. Ensuite, le procureur décidera de la suite à donner à cette affaire. C'est-à-dire d'envoyer ou non les cinq militaires devant une cour d'assises. 

le général Henri Poncet, alors commandant de l'opération Licorne, a fait l'objet d'une ordonnance de non-lieu, conforme aux réquisitions prises le 17 mai 2010 par le procureur du Tribunal aux armées de Paris (TAP). Le TAP est compétent pour les crimes et délits commis par des militaires français à l'étranger.

L'adjudant-chef Guy Raugel du 4ème régiment de chasseurs est accusé d'avoir tué Firmin Mahé.

Le brigadier-chef Schnier, radio à bord du véhicule blindé leger (VBL) sera jugé pour complicité d'homicide volontaire, comme le colonel Burgaud. Le conducteur du VBL, Lianrifou Ben Youssouf, le sera pour le simple délit d'"omission d'empêcher la réalisation d'un crime". L'expertise avait pourtant montré qu'il ne pouvait voir ce qu'il se passait à l'arrière du VBL qu'il conduisait.

Le colonel Burgaud s'est justifié en expliquant avoir reçu l'ordre implicite de tuer Firmin Mahé de la part du général Henri Poncet. La juge d'instruction n'a visiblement pas été convaincu par ses explications, en accordant un non-lieu au général Poncet. Sa personnalité atypique, celle d'un lettré qui  fut le patron des opérations spéciales, avait suscité des jalousies et des incompréhensions au sein de la hiérarchie de l'opération Licorne.

 

Le procès qui s’ouvre éclaircira peut-être les circonstances de cette affaire peu glorieuse

 

Cela me rappelle une histoire bien connue.

 

En Algérie, sur un piton, un fellagha est fait prisonnier.. Le sous-officier  par radio contacte son, chef un jeune officier et sollicite des ordres.. L’officier répond : Descendez-le !  Le Fellagha est abattu sur le champ.. L’enquête a démontré par la suite que l’officier avait demandé à son subalterne de «  « descendre »  le prisonnier du piton pour l’emmener au PC… Histoire vraie ou romancée, mais symptomatique  des conséquences des fortunes de guerre  qui font que parfois les hommes dans certaines circonstances peuvent perdre tout repère..

Ce fameux Mahé, ce n’est pas une excuse, écumait les pistes de la région, volait, pillait et violait.. il aurait été relâché probablement s’il avait été remis aux autorités ivoiriennes de l’époque… Ou exécuté, au choix.. 

 

Source :  Archives Secret défense

           :   https://www.eric-burgaud.fr/cote-ivoire/un-conflit-politico-militaire.html

 

 



25/11/2012
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