ATHENA-DEFENSE

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Budget de la défense :Comparaison France/Grende Bretagne

Le Bulletin de l'observatoire économique de la défense, publie dans son dernier bulletin une comparaison des budgets de la défense du Royaume-Uni et de la France.

 

Premier constat : L'augmentation des dépenses du budget britannique est imputable aux principaux programmes en cours : les avions de combat Typhoon de l'armée de l'air (dont le coût a augmenté de 2,7 Md£ -3,1 Md€- par rapport au coût initial), les deux porte-avions programmés par la marine et l’avion de reconnaissance Nimrod

Liam Fox, le secrétaire d’Etat à la défense, a estimé que le report de la construction de l'avion Nimrod MRA4 (repoussé de 2003

à 2012) a entraîné un surcoût de 789 M£ (915 M€), tandis que l'étalement de la construction des deux porte-avions a occasionné un surcoût de 1,56 Md£ (1,79 Md€).

Or, ces surcoûts supportés par le ministère de la défense (MoD) interviennent à un moment où la conjoncture économique britannique contraint fortement les dépenses publiques. En 2009, le PIB s’est contracté de 5% et les prévisions de croissance sont de 1,2% en 2010 et de 2,1% en 20114. Le déficit public a ainsi atteint 11,4% du PIB en 2009. Le déficit du solde primaire du budget est, après celui de l’Irlande, le plus élevé parmi les pays composant l’Union européenne. En 2009, ce déficit représente 9,3% du PIB britannique (5,2% en France).  Parallèlement, la dette publique est passée, de 2007 à 2009, de 45% à 68% du PIB. Selon les estimations, la dette, hors intérêts, représente deux ans de recettes fiscales.

 

Les orientations de la strategic defence and security review

Le budget de la défense devrait enregistrer une baisse de 8% en volume, sur une période de 4 ans. Cependant, cette baisse

doit être relativisée à l’aune des trois éléments suivants.

 

Au final, David Cameron a assuré que le pays respectera son engagement pris dans le cadre de l’OTAN de consacrer 2%

de son PIB à la défense (en 2010, les dépenses de défense représentent 2,74% du PIB).

En termes d’équipements, la Strategic defence and Security Review propose des orientations visant à concentrer les crédits

sur les programmes jugés nécessaires à la souveraineté militaire du pays.

 Les mesures les plus emblématiques de cette politique sont les suivantes.

_ 40% des chars vont être mis au rebut, ainsi qu’une partie de l’artillerie lourde.

_ La décision d’investissement dans les sous-marins portant les missiles de dissuasion nucléaire Trident est remise après les

prochaines élections (2016). En attendant, le Royaume-Uni utilisera ses Vanguard qui devraient être opérationnels jusqu’en 2028.

_ La flotte de destroyers et de frégates va passer de 23 à 19 unités.

_ Le programme d’avion de surveillance de nouvelle génération Nimrod sera abandonné.

_ Les C-130 Hercules vont subir une retraite anticipée pour leur remplacement par l’A400M.

Les appareils Harrier, qui équipent la Royal Air Force, vont être retirés de la circulation pour leur remplacement par les JSF.

 

En revanche, le gouvernement a confirmé la poursuite des programmes d’intérêt majeur pour la capacité militaire du pays :

• construction des deux nouveaux porte-avions décidée par le précédent gouvernement,

• construction de 7 sous-marins nucléaires d’attaque de type Astute,

• modernisation des avions Typhoon,

• abandon de la version à décollage vertical de l’avion JSF au profit de la version catapultable (développement

moins coûteux, garanties d'interopérabilité des porte-avions avec les Etats-Unis et la France).

En matière de personnels, le ministère envisage de supprimer 42 000 postes (dont 17 000 postes militaires) sur un total de

275 000 postes, d’ici à la fin 2015. La navy devrait perdre 5 000 postes, l’aviation 5 000 et l’armée de terre 7 000.

En matière de déploiement, tous les personnels basés en Allemagne seraient rapatriés d’ici 2020.

 

Comparaison F/GB

 

Le Royaume-Uni1 a consacré à la défense, en 2010, 54 milliards € (39 milliards £) soit 2,7% du PIB britannique. Selon le même périmètre, la France a dépensé, la même année, 39,2 milliards €, représentant près de 2% de son PIB.

La répartition des dépenses par poste met en évidence les dépenses relativement plus importantes en personnel et équipement en France par rapport au Royaume-Uni.

 

En 2010  la France comptait un effectif total «défense» d’un peu plus de 300 000 hommes3 alors que le Royaume-Uni disposait

d’un effectif légèrement inférieur avec 283 400 hommes.

 

Les forces françaises sont nettement supérieures en nombre pour l’armée de terre, (125000 pour 108000)  presque à égalité pour la marine (39000 pour 38000)  et supérieures pour l’armée de l’air (52000 pour 44000) . Les écarts entre les différentes forces apparaissent plus importants suite à l’absence d’une

catégorie «autres» pour les forces du Royaume-Uni.

 

En 2010, le total des dépenses de personnel hors pensions s’élevait à 13,3 milliards d’euros pour la France (19,3 milliards €

avec pensions) et à 14,6 milliards d’euros (17,6 milliards € avec pensions) pour le Royaume-Uni.

 

ARMEMENTS ET ÉQUIPEMENTS MAJEURS

 

En France les opérations d’armement et programmes d’équipements majeurs sont sous la responsabilité de la Direction

générale de l’armement (DGA) et se sont élevés, en 2010, à 10,2 milliards €, incluant la R&D.

L’agence britannique correspondante est la Defence Equipment & Support, basée à Bristol qui a consacré pratiquement le même

montant (10,4 milliards €) à des programmes d’équipement majeur sous le budget défense, complétés par 1,5 milliard

d’investissement pour les OPEX sous l’enveloppe des crédits du Trésor urgents (Urgent Operational Requirements - UOR).

 

Enfin, Avec environ 3,5 milliards €, la France et le Royaume-Uni ont consacré de près le même montant à la recherche et le développement en 2010.



20/01/2012
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