ATHENA-DEFENSE

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L'heure du choix.

 

 

 

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La courbure : et maintenant que vais-je faire ?

 

 

Après un mois de crise dont il est inutile de refaire l’historique, tout le monde aura compris la genèse  temporelle et les raisons profondes, Jupiter contraint par le constat d’une situation presque insurrectionnelle, (1) a courbé légèrement l’échine.

 

C’est le regard triste et un peu hagard qu’il a présenté hier soir des mesures, dites fortes et significatives, afin de désamorcer un mouvement de fond, résultat d’un ras le bol général, fiscal, de représentativité, de considération et de désespoir.

 

Ces mesures seront-elles suffisantes ? J’en doute, car au-delà des effets d’annonce, en y regardant de plus près, les conditions de leur attribution sont floues, incompréhensibles pour la plupart et ne résolvent pas la fracture sociale et l’amélioration nécessaire du pouvoir d’achat des travailleurs pauvres.

 

Quant à cette petite classe moyenne des retraités, salariés, fonctionnaires, indépendants, petits patrons, réputée comme étant diverse et inclassable,  considérée comme aisée pour les uns, privilégiée par les autres, elle reste  touchée profondément par une double ou triple peine, celle de payer cash toutes les taxes et impôts sans avoir en retour un juste maintien de leur niveau de vie, celle d’avoir l’impression d’être les grands oubliés de la mondialisation, celle de ne plus pouvoir remplir son rôle de stabilisation de la société.

 

Cette petite classe moyenne a l’angoisse de son propre avenir, va-t-elle rejoindre celle des plus pauvres ? Jusqu’où cela ira-t-il ? Ils ont à la fois la  responsabilité d’aider leurs enfants et le devoir souvent d’aider leurs vieux parents. Entre le chômage des uns et l’EHPAD des autres, ils n’ont que la perspective de tomber à leur tour dans le gouffre de l’assistance et du déclin.

 

Alors, ces mesures technocratiques et comptables ne répondent pas à ces angoisses. Le Président est ressenti comme le dirigeant d’un pays imaginaire, qu’il mène comme une start-up. C’est la raison pour laquelle certains remettent en cause sa légitimité. Il est ressenti comme issu d’une classe de technocrates bardés de diplômes, qui ont certes,  l’intelligence de leur fonction mais à qui il manque une dimension essentielle, la profondeur d’âme et le sens de la compréhension du peuple.

 

Le discours d’hier qui a duré 13 minutes se voulait à la hauteur, il ne fut qu’une mise en abime, loin de ce que pouvait être les propos d’un Churchill, d’un de Gaulle et même d’un Mitterrand. Ce Président est le reflet de notre époque, son image est étriquée dans ce petit costume de freluquet, la verticalité aura tué le génie, le premier de la classe est désormais, sous le regard des autres élèves, un faux pas de plus et ils lui apprendront l’humilité.  

 

Notre pays est dans une crise institutionnelle sévère, il faudra y répondre. Certes,  cela ne date pas du macronisme, mais ce même macronisme a atteint ses limites, plus vite que d’aucuns ne le pensaient.  

 

Le mouvement des gilets jaunes va probablement lui aussi mourir dans sa forme actuelle, de sa belle mort, mais renaîtra sous d’autres formes un jour ou l’autre.  L’ordre apparent va revenir, mais il ne faut pas s’y tromper, si la classe dirigeante, et j’y mets, les politiques, les journalistes, les corps intermédiaires, les universitaires, les faiseurs d’opinion,  n’apporte pas des réponses aux questions posées, alors, ce qui risque de surgir, c’est la peste brune ou noire ou rouge, peu importe la couleur,  la tentation totalitariste nous pend au nez.

 

Ohé compagnons, qu’on se le dise !

 

Roland Pietrini   

 

  1. Cette situation a été largement favorisée par le pouvoir : par sa non-réponse, son entêtement et par la description cataclysmique des phénomènes qui en été volontairement faite.

 

 

 

 

 



11/12/2018
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