ATHENA-DEFENSE

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Ukraine: une erreur tactique et stratégique (réactualisé)

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Après deux semaines de conflit, il est possible de tirer quelques enseignements sur l’invasion russe en Ukraine.

 

 

Je ne reviendrai pas sur les circonstances qui ont emmené à cet état de fait.

 

 

Sur le plan terrestre, il parait désormais certain que les objectifs ne sont pas atteints par l’armée russe, et surtout cela a révélé une incapacité flagrante à gérer la coordination entre le terrestre et l’aérien, ce qui démontre une déficience majeure ne serait-ce que du renseignement à fin tactique.

 

Les manquements dans la capacité à gérer la déconfliction[RP1]  sont flagrants. (Artillerie – aviation- drone etc…)

 

 

Par ailleurs, l’Etat-Major, contraint par la conservation du secret préalable à l’action, n’a pu préparer moralement les échelons intermédiaires et singulièrement les soldats aux actions futures.   

 

Seuls quelques généraux avaient été mis au courant des objectifs réels et la quasi-totalité des soldats, essentiellement conscrits sans expérience, 24 h avant le franchissement de la frontière, pensaient qu’il s’agissait d’un mouvement d’exercice.

 

 

Pire encore, les petits échelons niveau bataillon, ne connaissaient pas leurs objectifs initiaux. La planification a été négligée. Les plans initiaux n’ont pas été partagés, toujours pour des raisons de protection du secret.

 

La résistance ukrainienne a aussi visiblement été sous-estimée au niveau politique le plus élevé. Nous sommes loin d’un accueil présumé des colonnes russes avec des populations lançant des bouquets de fleurs avec des jeunes filles grimpant sur les blindés pour embraser les libérateurs.  

 

 

Cette vision espérée par le kremlin vient de se heurter à la réalité. Le peuple ukrainien, à l’exception des populations russophones du Donbass, et encore, résistent et les missiles qui tombent sur les civils renforceront ce sentiment que seul la Russie porte la responsabilité de ce conflit.

 

Les premiers jours ont révélé l’incapacité à supprimer l’aviation ukrainienne dont une partie s’est réfugiée dans des pays limitrophes, dont je ne citerai pas les noms.

 

 

Les défenses sol-air ukrainiennes composées d’anciens systèmes soviétiques ont été préservées et restent efficaces, ce qui contraint l’aviation russe (hélicoptères incluent)  à voler à basse altitude, et du coup, à être exposée aux tirs des SATCP.   Par ailleurs l’observation sous les voilures des avions russes de bombes non guidées [RP2] démontrent le peu de missiles modernes que ceux-ci possèdent.

 

 

Sur le plan terrestre, l’armée ukrainienne a su canaliser les unités blindés russes sur des axes en les coupant de leurs arrières et donc de leur ravitaillement.  Ce ravitaillement qui est largement poussé vers l’avant avec les unités au contact permet aux ukrainiens de les détruire par anticipation. (Chaque unité  niveau bataillon est censé posséder les moyens de recomplètement pour un combat de 4 jours – munitions, carburant ; le problème est que faute de recomplètement de ces moyens projetés vers l’avant, tout s’arrête, et le manque de souplesse fait qu’un unité A ne peut ravitailler l’unité B)  )

 

 

En conclusion toute provisoire, l’armée russe a montré les limites de ses capacités dues à la certitude d’une supériorité de masse toute relative. Une masse incapable de manœuvrer est une aubaine pour des forces mobiles fortement équipées de moyens antichars, nos Etats-majors devraient y réfléchir.

 

 

Les pertes côté russe sont supérieures aux pertes de l’armée ukrainienne. Le site indépendant oryxspioenkop.com, qui recense uniquement les pertes matérielles ukrainiennes et russes visuellement documentées sur le champ de bataille (photo ou vidéo à l’appui), faisait notamment état mercredi 9 mars de 151 chars perdus pour la Russie, près de 300 véhicules blindés, 10 avions de chasse et 11 hélicoptères, contre 46 chars perdus par les Ukrainiens, moins d’une centaine de blindés, 5 avions de chasse et deux navires. Quant aux pertes hulaines hoirs civils,   le seul bilan officiel russe disponible, publié le 2 mars, Moscou faisait  état de près de 500 militaires tués et 1 600 blessés dans ses rangs, soit une moyenne quotidienne d’environ 80 soldats tués et de plus de 260 blessés. Des chiffres très vraisemblablement minorés.

 

 

Le Pentagone le 8 mars,  évoquait pour sa part une estimation comprise entre 2 000 et 4 000 morts russes en 14 jours de conflit, soit entre 153 et 307 morts par jour. Avec le ratio de trois blessés pour un mort annoncé par Moscou, l’armée russe compterait entre 6 000 et 12 000 blessés.

 

 

 

Il est probable que devant cet échec Poutine soit contraint à la négociation d’autant plus que les occidentaux ont démontré leur volonté à ne renforcer leurs sanctions et à soutenir  l'Ukraine. 

 

 

L’invasion russe, injustifiable par ses conséquences, est une erreur stratégique militaire et politique, en dépit des responsabilités de l’’occident, dont Poutine et ses proches conseillers sont les seuls responsables.  

 

Je pense que le peuple russe, qui n’est pas en cause, méritait mieux que cette aventure parfaitement condamnable et dont les effets se feront sentir sur l’ensemble de l’Europe.

 

 

 

Un lien intéressant:  aux-sources-des-elucubrations-mortiferes-du-cinquieme-empire-russe?*

 

 

 

 

Roland Pietrini

 

 

Les commentaires sont suspendus. Merci  

 

 

 [RP1]Action de coordination entre plusieurs chaînes de commandement militaires, pour réduire les risques de dégâts occasionnés par les actions respectives de chacune de ces chaînes de commandement

 [RP2]Bombes BAP non guidées déstockés dont la conception remonte aux années 50, beaucoup n’explosent pas, et pour cause !

 



12/03/2022
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