ATHENA-DEFENSE

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Un monde apeuré et soumis

 

 

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La liberté sera désormais la règle, mais une liberté sous contrôle.  

 

Le confinement première phase prend fin, on ignorera si la raison l’aura emporté définitivement sur le délire et l’extravagance de mesures qui resteront dans l‘histoire comme un exemple unique d’atteinte aux libertés. Faute de démontrer que l’on aurait pu faire autrement face à cette menace de pandémie, il faut aussi constater que l’inverse est aussi difficilement démontrable. Sans confinement, la catastrophe annoncée aurait-elle eu lieu ? L’exemple de la Suède, semble prouver le contraire, les cassandres prédisaient le pire en Afrique, la reprise d’une seconde vague en Asie, cela n’a pas eu lieu.

 

Jamais dans l’histoire récente, y compris lors des deux dernières guerres mondiales, ainsi que lors des précédentes pandémies que nous avons subies, les atteintes aux droits fondamentaux des individus n’ont été à ce point bafoués.

 

Jamais ce droit des individus à disposer d’eux-mêmes ne fut considéré comme autant secondaire, jamais l’état à imposé à ce point sa loi, sans que l’individu ne puisse y opposer son propre arbitre, son intelligence, sa responsabilité. En le considérant non plus comme une personne, mais comme un sujet faisant partie d’un ensemble, l’individu est déconsidéré.  

 

Nous venons de vivre là un épisode terrifiant dont on ne mesure pas encore les conséquences. En un temps extrêmement court nous sommes passé d’une démocratie molle à une démocrature, sans qu’il n’y ait le moindre souffle de rébellion, de discussion. Nos élus se sont courbés devant le diktat de dirigeants paniqués, totalement soumis à des scientifiques qui pour le coup se sont réfugiés derrière leur ignorance, ignorant tout.  Ils n’ont su débattre que de leur incompétence, préférant régler le problème de manière symptomatique, par projection toutes plus foireuse les unes que les autres en oubliant l’homme au passage pour s’amputer eux-mêmes d’une partie de leur cerveau...  

 

Les décisions prises sous couvert de conseils scientifiques et appliquées sans que nous puissions d’une quelconque façon en contester l’intelligence, ainsi que leur mise en œuvre est l’exemple même d’une centralisation excessive poussée à l’extrême.  Illustration parfaite de ce mal français fait de technostructures plus bêtes que méchantes, mais terriblement puissantes et paralysantes. Nous souffrons de normes restrictives, de strates réglementaires se surajoutant les unes aux autres, d’une administration sclérosée, susceptible et suspicieuse, totalement incapable de s’adapter aux situations d’urgence, bridant les initiatives. Nous avons vécu une débâcle, un sauve qui peut à la française, une défaite psychologique majeure.

  

Nous le savons, faute de masque, de tests, de lits de réanimation, de respirateurs, de personnels soignants, la solution moyenâgeuse du confinement fut donc choisie. Elle fut prise en urgence, en petit comité et sans concertation, sans modulation, sans tenir compte des effets collatéraux, avec son concert de mensonges, de fausses vérités, de distorsion des faits, de communication volontairement dramatisée. Nous étions sur la défensive, jamais en capacité de contre-attaquer, abreuvés de discours volontairement alarmistes, l’heure de l’armistice avait sonné, sans préparation on perd à chaque fois nos guerres.  

 

Les fausses vérités succédèrent aux mensonges, la dramatisation ouvraient les voies aux mesures stupides et les exemples abondent.

 

Un texte de Walid Bouthour, médecin-interne en neurologie aux Hôpitaux Universitaires de Genève, doctorant en neuroscience permet de prendre conscience de ce processus.

« Tandis qu’autrefois on pouvait dissocier la vérité du mensonge, à l’époque actuelle on a la vérité, le mensonge, et les énoncés qui peuvent ne pas être vrais mais trop inoffensifs pour les appeler faux. Dans les démocraties représentatives occidentales, la montée des populismes trouve ses racines dans la crise de confiance dans les élites et les médias traditionnels.

On est passé de l’ère des faits objectifs irréfutables qui, par leur portée universelle, permettaient une cohésion sociale à travers une confiance dans les instances dirigeantes et l’information véhiculée, à une ère régie par les émotions et les instincts, où la vérité est certes reconnue, mais ne compte plus. Sur le plan philosophique, le relativisme épistémologique et culturel des années 70 est inspiré des travaux de Foucault et Derrida qui ont déconstruit l’idée même de vérité, en la soumettant à l’épistémê, paradigme du moment censé la produire. »

 

En corollaire, cela veut dire aussi que l’authenticité en politique n’existe plus, car il s’agit simplement de communiquer, par exemple, « Lorsque Tony Blair s’explique sur son soutien à la guerre en Irak, il se justifie en admettant qu’il s’est trompé sur les armes de destruction massive, mais met en avant sa sincérité en expliquant qu’il croyait « sincèrement » que de telles armes existaient et menaçaient le monde. »

Ils diront donc que le choix de confiner était dicté par la nécessité de protéger les populations et qu’il fallait donc éviter le pire en raison des connaissances sur le virus au moment où les décisions furent prises. Un virus avec un taux de létalité exceptionnel, et une contagiosité exponentielle, mais les faits ont démontré le contraire. Dès le début les seuls scientifiques qui ont été entendus furent ceux qui prédisaient un cataclysme, le principe de précaution impliquait donc de n’entendre que ces oiseaux de mauvais augure. Les autres furent contraints de se taire, sauf un, le professeur Raoult, dont la parole libre ne pouvait coïncider avec la doxa des faiseurs de cadavres. Le confinement dans les EPHAD, tel qu’il a été mené avec les conséquences morbides que nous connaissons est de leur responsabilité.

 

En dépit de cette catastrophe sanitaire touchant essentiellement les personnes fragiles, et dont la majorité ont plus de 75 ans,  la covid aura finalement moins tué que la grippe, moins que la canicule, moins que le cancer, moins que le paludisme, moins que la tuberculose, moins que le tabagisme, moins que l’alcool et tuera moins que les effets collatéraux du confinement…  Alors ils se justifieront de toute manière en décrivant une situation sans commune mesure avec la réalité des faits, et l’inconnu du pire n’étant pas arrivé le pire de l’inconnu restera à venir.

 

Les décisions aberrantes de confiner ensemble dans les EPHAD des personnes fragiles sans donner aux personnels les moyens d’autoprotections ont mené à la catastrophe. L’enfermement et la solitude ont accéléré leur morbidité. Ces chiffres ne seront jamais connus, mais d’autres circulent dans les milieux médicaux. Le nombre de suicide aurait augmenté de 40% en avril dans le seul département du Maine et Loire, les hôpitaux psychiatriques y sont surchargés.

 

J’ai retenu le spectacle déprimant des spécialistes sur les plateaux de télévision surenchérissant sans cesse sur les mesures à prendre, prédisant 60 000 décès, ou 500 000, proposant par exemple de confiner les plus de 65 ans jusqu’à Noël, brandissant des taux de mortalité stupéfiants alors qu’au pire de la crise ce taux était à peine de 3% et circonscrit à une population très ciblée, dont il aurait fallu se préoccuper de manière intelligente. Le choix de faire peser au seul hôpital public en laissant de côté la médecine de ville et les cliniques privées afin de traiter le pic de l’épidémie fut plus que stupide, qui a pris de telles décisions ?  

 

Il n’est pas étonnant que la conséquence fut l’engorgement des services de réanimations en laissant quasiment au chômage technique tous les autres services et les cliniques vides de tous patients.

 

On prédisait la peste on a eu le choléra. Combien de cancers indétectés, d’autres en rupture de traitement, de malades chroniques laissées à l’abandon, de maladies cardio-vasculaires ignorées, de décès dont on ne connaitra jamais la cause, de maladies psychiques et psychiatriques sous-estimées, de suicides.

 

Les chiffres sont indiscutables et têtus : 364 459 morts dus à la covid dans le monde au 25 mai. Le taux de mortalité donné par l’OMS est inférieur à 3%, l’indice de contagiosité de 1,5 à 3,5%, le taux de mortalité des personnes âgées de 80 ans et plus,  de 15%. Il faut rappeler que jusqu'à 650 000 décès seraient associés chaque année aux affections respiratoires dues à la grippe saisonnière, selon de nouvelles estimations publiées par les Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis d’Amérique (CDC), l’Organisation mondiale de la Santé et leurs partenaires de l’action sanitaire mondiale.

La seconde vague sera en réalité la catastrophe économique qui s’annonce et qui était prévisible avec son cortège de licenciements et de drames personnels.

 

Les cassandres de la covid vont disparaître progressivement des radars médiatiques. Ils seront remplacés par les politiques qui obtiendront l’absolution, entre élites "sachants", ils auront berné jusqu’au bout le bon peuple, qui s’est lamentablement couché, abruti par tant de discours volontairement alarmistes et de vérités contradictoires.

 

Je n’avais pas écrit depuis trois semaines, observant en silence, la longue déliquescence de ce monde apeuré et soumis.

 

Roland Pietrini



30/05/2020
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