ATHENA-DEFENSE

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A propos de défense et syndicalisme…

L’adaptation et l’évolution sont des lois naturelles pour la vie, les institutions n’échappent pas à cette évidence, et singulièrement celle de la défense.  La question n’est donc pas de savoir si une représentativité indépendante, sous forme de syndicalisme dont la forme est à concevoir est ou n’est pas utile ?  La question est de savoir quand et comment en imposer l’impérieuse nécessité.

La défense est avant tout, une histoire d’homme, c’est ce qui fait la valeur d’une armée, cette valeur est construite sur la disponibilité, la motivation, le professionnalisme, le courage, le sens du sacrifice, la solidarité de ceux qui en sont la force vive. Pour avoir fréquenté des hommes issus d’armées différentes, pour avoir partagé les risques inhérents à ce métier, pour avoir eu l’honneur de les représenter,   je peux affirmer que ces valeurs leurs (nous) sont communes.  Et ceux qui ont peur de confier la défense des intérêts des hommes à ceux là même qui en sont issus, sous prétexte que cela  nuirait à l’institution, à la discipline et à l’efficacité, ont tort ou sont prisonniers de leur incapacité à comprendre que la hiérarchie seule ne peut plus défendre efficacement, ce qui fait la force de notre institution, les hommes.

 

Il n’est pas utile d’opposer les chefs aux subordonnés, mais un constat s’impose, les chefs sont dépossédés désormais de tout pouvoir réel,  ils n’ont ni les moyens légaux ni les compétences administratives et de gestion, ils sont désormais dessaisis de ce qui faisait leur force, en admettant qu’ils l’aient possédé un jour,  ils sont démunis face à un pouvoir politique de plus en plus jaloux de ses prérogatives, avec leur cohorte de technocrates seuls désormais à détenir le vrai  pouvoir.

 

Le scandale Louvois a montré les limites d’un commandement dépossédé de toute capacité d’action, face à des contrôleurs  intouchables. La dilution des responsabilités, au sein de la  haute administration démontre l’incapacité de réformer, voire de simplifier et de renforcer l’efficacité de l’outil.

 

Cette administration qui oublie parfois de  servir,  impose ses choix  « le directeur des ressources humaines a, selon les textes, une mission de pilotage. Le DRH-AT est responsable de l’administration et de la gestion du personnel de l’armée de terre. Notre ministère est grand et complexe et il existe d’autres responsabilités prévues par les textes qui répartissent les attributions entre directions et services plutôt fonctionnels et les états-majors. » Dixit le CGA Jacques Roudière, ancien directeur des ressources humaines du ministère de la Défense, seul acteur à présenter ses excuses  à tous ceux qui ont été lésés par Louvois.

 

La concertation institutionnalisée par le CSFM, a atteint ses limites, chacun le sait.  La fronde qui s’y développe ne peut déboucher que sur une reprise en main  de quelques courageux officiers, qui ont osé relayer le malaise, le mot est faible, de ceux qui voient se dessiner des mesures d’économies sur le dos des plus faibles.

 

Le paradoxe est que notre haute hiérarchie est devenue au fil du temps plus politique que militaire.  Sous liberté surveillée, celle-ci ne peut qu’exécuter les décisions du pouvoir régalien, ce qui est certes, une garantie de notre démocratie mais qui démontre la nécessité d’un contre pouvoir responsable, force de proposition et de défense des intérêts des militaires, relais indispensable entre l’institution et l’ensemble de la nation. L’intelligence voudrait que la hiérarchie militaire en prenne conscience, tout comme la représentativité nationale. Il y a au sein du Parlement et du Sénat, des députés et des sénateurs conscients des problèmes qui sont les nôtres..  

 

Le député Gilbert Lebris en est un exemple : A propos de Louvois et en réponse aux propos du CGA    PIOTRE:

« En disant qu’il n’y a pas eu d’incurie, d’incompétence ou d’irresponsabilité, vous dédouanez facilement le ministère de la Défense. Je pense qu’à côté de la responsabilité politique – sanctionnée par le suffrage universel –, doit exister une responsabilité administrative : lorsqu’un service opérationnel, logistique ou technique fait une erreur, il y a sanction, mais lorsque c’est le cas d’un service administratif, il n’y a rien ! Certes, cela ne coûte pas de vie humaine, mais la facture est tout de même de 400 millions d’euros… Or, sont encore au ministère ceux qui ont fait ces erreurs. Cela est d’autant plus inacceptable que l’on ne tire pas les conséquences de ces dernières…

Vous êtes responsables collectivement et je souhaite que des sanctions soient prises au sein des services administratifs des armées.»

 

Lorsqu’un Caporal chef fait une erreur il va au trou, quand un  officier critique les choix du ministre, il est désavoué, voire sanctionné, lorsque sur un pas de tir il y a une atteinte au règlement et à la sécurité, il y a sanction.. L’impunité de certains renforce un sentiment d’injustice, le ministre devrait en prendre conscience. La liberté de penser et de s’exprimer est un droit indéfectible, il n’est pas sain que ceux qui servent de manière intègre, jusqu’au sacrifice suprême,   ne puissent participer au fonctionnement de leur propre institution, à la défense légitime  de leur honneur,  de leurs droits..  Messieurs les censeurs de quoi avez-vous peur?  Le bâillon  n’a jamais empêché les révolutions, l’absence de la liberté fondamentale d’association et de défense des droits des militaires n’empêchera pas ceux-ci  de s’exprimer. Le risque comme toujours, est que des irresponsables ou des provocateurs s’emparent de ce malaise pour leurs propres intèrêts. Quant je vous disais que l’intelligence voudrait que..  

 

 Voir l'article de Michel Bavoil:  http://adefdromil.org/26183



11/07/2013
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