ATHENA-DEFENSE

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La Crimée. Mais de quoi qu’on se mêle...

Chute-du-mur-de-Berlin.jpgChute du mur de Berlin

 

Mais de quoi qu’on se mêle ? Dans la cour de récréation des grands de ce monde où la syntaxe   des mots rejoint parfois l’approximation de la pensée, où le plus fort décide de la loi, où  la pauvreté des analyses rejoint la confusion des actes, l’Occident, puisqu’il faut bien le définir ainsi, s’arroge le droit de  décider du bien et du mal et distribue le sceau démocratique au gré de  ce qu’il convient d’appeler un impérialisme sans nuance, « quand le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt. »

 

J’ai l’impression que dans cette affaire ukrainienne, mais pas seulement, les médias traditionnels charrient la désinformation avec un à propos conscient. La désinformation qui est un support  offensif ou défensif vient du mot russe « dezinformatzia » qui selon l’encyclopédie russe de 1947 ( Durandin,1993) signifie  « l’utilisation de la liberté de la presse pour manipuler les masses »

 

En occident cette pseudo liberté de la presse pose certainement question, dans la mesure, où les choix éditoriaux sont plus dictés par d’obscures raisons politiques d’influence que par la recherche de la vérité.  La « masse » dont nous faisons partie ne peut que  suivre les faiseurs d’opinions et difficilement refuser le breuvage que l’on nous sert.

 

L’opinion se fabrique désormais plus sûrement au « Grand Journal « de Canal + ou dans l’émission « On n’est pas couché »  les rieurs ont remplacé les penseurs, et d’ailleurs, qui se soucie des débats au parlement ? Qui se soucie de la simple présomption d’innocence ? Qui se soucie de la connivence d’une certaine presse avec les juges ? Et dans une affaire récente qui touche un ancien président de la république, qui se soucie de la défense des droits des avocats et de leurs clients? Jusqu'où irons-nous dans le viol du secret professionnel ? Qui profite des fuites organisées au sein même d’une justice plus dévoyée qu’indépendante? Qui joue avec qui, en fabriquant des affaires ? La suspicion de quelque chose ou de quelqu'un, est-elle suffisante pour déclencher la machine judiciaire? Tout cela est extrêmement inquiétant. 

 

Mais puisqu’il faut revenir à l’Ukraine, soyons simples au risque de passer pour  simplistes : le renversement de situation à Kiev, provient non pas d’un désir soudain d’une majorité de la population à adhérer à une Europe  modèle, une Europe rêvée plus que réelle, phare des libertés, sans crise, sans chômage, sans  inégalité, mais plutôt du désir de cette même population de se libérer de la corruption d’un gouvernement issu directement de la chute de l’empire soviétique, construit à partir des ruines d’un système bâti sur d’autres  mensonges et d’autres corruptions d’Etat.

 

Sauf que posée ainsi, cette analyse simpliste ne résiste pas à l’analyse. La Crimée qui cristallise les problèmes apparents d’aujourd’hui est devenue ukrainienne seulement en 1954, elle le doit à Nikita Khroutchev alors Premier secrétaire du parti communiste, qui a voulu resserrer les liens avec l'Ukraine martyrisée par Staline.

L’occident et la France avec les arguments pathétiques que l’on sait,  suit une position plutôt américaniste à sensibilité républicaine qui continue à penser que la Russie est encore un danger. Poutine qui serait suivi par plus de 70% des russes n’est certes pas un modèle de démocrate, mais à su  redonner à son pays une certaine croyance en son devenir et surtout une certaine dignité. Cette dignité qui, après l’effondrement de notre pays  conséquence de notre  défaite en 1940, que nous avons encore tant de mal à  retrouver, à cause de notre propension à ne pas avoir su nous réconcilier une fois pour toutes avec notre histoire.  La Russie après l’effondrement de l’URSS et la perte de la totalité de ses provinces de son glacis Ouest a subi un séisme que notre histoire a rarement connu.   Que cela  nous fasse  plaisir ou non, c’est un fait, elle s’est relevée sans bain de sang, sans avoir déclenché une guerre nucléaire et en ayant accepté un désarmement réel.  Souvenons-nous que l’Ukraine, après la chute de l’URSS, possédait le second arsenal nucléaire au monde, elle n’est plus nucléarisée.

 

Le sentiment des Russes est que  les Etats-Unis continuent, comme au bon temps de la guerre froide, une politique d’encerclement de leur pays par l’Asie et l’Europe, en se  servant de l’OTAN, qui est ressentie comme une menace autant offensive que défensive dirigée contre elle. Ce sentiment est d’autant plus ressenti, qu’il n’y pas eu,  suite à la chute de l’URSS, une véritable politique d’aide et de coopération avec nos voisins les plus proches, les Russes. L’Europe, l’Allemagne qui a une sensibilité continentale exclue,  est restée stupidement immobile   et dormante sur les soi-disant acquis d’une paix nouvelle et les dividendes d’une nouvelle aire de prospérité. On a enterré la guerre froide, tout en laissant le caveau ouvert.. La faute n’est pas uniquement due à la Russie qui a montré ses muscles là où l’Occident ne pouvait intervenir.  La Tchétchénie a connu deux guerres, la Géorgie et l’Ossettie également, quelques purifications ethniques ont pris place dans l’ex-Yougoslavie, mais qu’aurions nous fait si nous avions été dans la  situation de cette Russie post-soviétique, face à des confits périphériques ? N’oublions pas que de notre côté,  nous avons accepté deux guerres américaines en Irak,  en Afghanistan et ce conflit israélo-arabe qui n’en finit pas, nous qui sommes intervenus sans cesse, en Libye,  un peu partout en Afrique, au Kosovo, et qui avions la tentation d’intervenir en Syrie, sans oublier les petits conflits « nécessaires » au Malouines et pourquoi pas un jour Gibraltar.  Alors cessons de donner des leçons à la terre entière et regardons-nous  une bonne fois pour toute. Nous ne  ferons pas la guerre à la Russie pour la Crimée, et humilier de nouveau la Russie par des mesures de rétentions économiques tout aussi  boomerangs qu’inefficaces n’est pas une politique, ni à court terme, ni à long terme. Nous sommes des nains  idiots qui voudraient se mesurer à des géants, faire semblant d’être forts ne peut leurrer que les imbéciles qui regardent le doigt du sage lorsqu’il montre la lune.

 

 



09/03/2014
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