ATHENA-DEFENSE

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A propos de la dissuasion

Je relisais, il y a peu de temps un article du Général Desportes sur DSI.. Cet article ne traitait pas de la dissuasion mais de « Peux-t-on encore gagner une guerre? ». Ce qui m’a plus particulièrement intéressé, est son analyse sur la dissymétrie des moyens du faible au fort qui favorise le faible. En fait, et je le rejoins sur sa réflexion : Les sociétés dites avancées sont en situation de faiblesse par les contraintes qu’elles s’imposent, celle sur l’emploi de la brutalité qui n’est plus politiquement correcte. Celle de la dissymétrie des comportements qui contraint le « fort à combattre une main derrière le dos » celle des conflits qui ne sont limités que pour nous-mêmes, celle de la vie qui n’a pas la même valeur dans les deux camps. Ce paradigme « castrateur » s’impose de manière flagrante dans les conflits transverses.. Et s’imposera à mon sens dans le concept théorique de la dissuasion, dans la mesure où cela marche du fort au fort, du plus faible au plus fort, mais la question peut se poser pour du fort au faible.. En quoi les talibans seraient-ils maintenant et dans le futur dissuadés de mener des actions terroristes, y compris avec des bombes sales, par notre menace nucléaire. Bref rayer Kaboul de la carte du monde a-t-il un sens ? Il existe des ennemis de plus en plus nombreux et de moins en moins vulnérables à notre système de dissuasion valable pour un monde bipolaire, mais inadapté à un monde impossible à maîtriser. Il ne peut y avoir de dissuasion que dans la mesure où l’autre est en capacité d’être dissuadé. L’accès de certains pays à l’arme nucléaire montre bien à quel point les nations nucléaires historiques ont perdu la maîtrise de son emploi. Il n’est pas inutile d’y réfléchir. Notre puissance relative de nations industrialisées est mise à mal parce que le terrain de jeux sur lequel ont souhaite se mesurer aux nations renégates (pour employer un terme galvaudé) est celui que nous nous imposons sans l’imposer à l’adversaire. Nos anciens l’avaient compris, on gagne des guerres révolutionnaires en utilisant les mêmes moyens que l’adversaire. Au risque de choquer, je dirais que les Russes l’ont fait en Tchétchénie et d’une certaine manière en Afghanistan.. Attention à ne pas commettre les mêmes erreurs dans notre approche de la dissuasion, qui devra inclure d’autres paramètres essentiels, celui du rapport au temps et à l’espace, celui de comprendre que certains ennemis n’ont plus de centre de gravité, celui de la limite de nos capacités à encaisser la souffrance. A ce jeu là nous sommes déjà perdants.



05/01/2012

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