ATHENA-DEFENSE

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A propos de ministres de la défense

En complément de mon précédent commentaire, je me demande si l'intérêt que l'on porte à la défense, n'est pas le signe d'un certain découragement culturel lié à la place qui est désormais celle de la France dans le concert des nations.. ? La liste des différents ministres de la défense de cette vénérable institution sous la 5° république  est intéressante. Un simple rappel édifiant et un effort de mémoire.. De qui se souvient-on ? Sous quel président de la république  le budget de la défense a commencé à être une simple variable d'ajustement ? Quel était le profil de ces ministres ? La liste n'est pas très longue.  Sous le président Charles de Gaulle, le premier fût Pierre Guillaumat du  1° janvier 1959 au 5 février 1960 : C'est notamment sous sa direction que les techniciens du C.E.A mettent au point la Bombe A française. Puis Pierre Mesmer du 5 février 1960 au  22 juin 1969 est-il utile de le présenter ?   Peut-on mettre en cause sa compétence ?

Sous Georges Pompidou,  Michel Debré du 22 juin 1969 au 4 avril 1973. :  Son autorité était-elle discutable ?

Sous Georges Pompidou et Valéry Giscard d'Estaing : Robert Galley du   4 avril 1973 au 28 mai 1974 : Son profil est exceptionnel,   il  s'engage, dès juillet 1940  dans les FFL. Il participe à la campagne de Syrie, puis il intègre le peloton des élèves officiers de Damas d'où il sort aspirant de l'Arme blindée. En 1942  il effectue un stage à l'École britannique des chars du Caire à l'issue duquel sa compagnie part pour la bataille d'El Alamein. Il est en outre chef de section de chars, avec laquelle il poursuit l'ennemi de Tripolitaine  jusqu'en Tunisie avant d'être mis à l'appui des troupes du Général Leclerc… Il combat en effet avec la  1°DFL comme chasseur de deuxième classe…..

Jacques Soufflet du 28 mai 1974 au  1° février 1975 : Ancien colonel de l'armée de l'air, ancien pilote dans l'escadrille Alsace pendant la seconde guerre mondiale.

Yvon Bourges  du 1er février 1975 - 2 octobre 1980 : Il a déjà une forte expérience gouvernementale lorsqu'il est nommé par VGE ministre des Armées..  Qu'il  modernise par l'adoption notamment du Famas et le lancement du programme Rafale et du sous-marin nucléaire l'inflexible ! Le budget de la défense est alors en nette augmentation..  Ce sera la dernière fois.

Joël le Theule pour mémoire, du 2 octobre 1980 - 14 décembre 1980 : Il devient, à vingt-quatre ans, professeur agrégé d'histoire et de géographie. Il enseigne alors au Prytanée militaire de la Flèche. Puis il s'investit particulièrement dans la commission de la défense nationale et des forces armées, notamment sur le financement de la force de frappe.

Robert Galley du 25 décembre 1980 - 22 mai 1981, pour la seconde fois.  

Probablement l'un des derniers ministres qui clore la liste des ministres ayant eu une réelle expérience des armées et de la guerre, la défense désormais n'est plus prioritaire. Le ministère devient de plus en plus politique. Quant  aux différents  budgets et pseudos plan d'équipement, aucun ne sera désormais mené à son terme, le budget  est sans qu'on le dise, une simple variable d'ajustement, droite et gauche se partageant équitablement cette évidence.

Sous François Mitterrand : Charles Hernu du 22 mai 1981 au 20 septembre 1985, au profil tant controversé. Puis, du  20 septembre 1985 au 20 mars 1986  Paul Quilès , 7 fois ministres. Du 20 mars 1986 au 12 mai 1988 : André Giraud.  Du 12 mai 1988 au 29 janvier 1991 : Jean-Pierre Chevènement., autre ministre cohabitant et deux fois démissionnaires une fois par opposition avec l'engagement français lors de la première guerre d'Irak, une seconde fois au sujet de la Corse alors qu'il est ministre de l'intérieur.  Du  29 janvier 1991 au 9 mars 1993 : Pierre Joxe.  Du  29 mars 1993 au 18 mai 1995 Pierre Bérégovoy, vite remplacé par François Léotard (1942) ministre de cohabitation qui semble s'ennuyer à la Défense. Sous Jacques Chirac,  du 18 mai 1995 au 3 juin 1997 : Charles Millon Du  3 juin 1997 au 7 mai 2002 : Alain Richard . Depuis l'élection de Nicolas Sarkozy : 15 mai 2007 : Michèle Alliot-Marie et depuis le  18 mai 2007 : Hervé Morin

Ainsi depuis 1959, pas moins de 19 ministres de la défense se sont succédés. On reteindra peu de noms parmi ceux qui furent d'ardents défenseurs d'une défense crédible et qui mettront leur autorité dans la balance, pour la préservation de l'outil. La fin de la conscription n'a pas changé la donne. Quant à la chute du mur de Berlin,  l'occasion était bien trop bonne pour baisser la garde et reculer l'adaptation d'un outil de défense devenu désormais en partie obsolète. A l'exception des tout premiers,  sous de Gaulle, les autres furent à quelques exceptions près  essentiellement des politiques, à qui on ne peut tenir rigueur de leur inefficacité, dans la mesure où ils ne peuvent agir  qu'une fonction d'un consensus introuvable et d'une volonté d'effort venant des élus. Lesquels se gardent bien d'évoquer devant leurs électeurs un effort en faveur d'une défense qui ne peut que provoquer l'ire du peuple, tant celui-ci est tenu dans une ignorance tenace des dangers qui pointent de partout.. C'est la définition même d'une décadence programmée qui a touché tour à tour toutes les civilisations y compris et surtout celles qui se croyaient intouchables depuis la nuit des temps. 

 

 

 

 



06/03/2010
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