ATHENA-DEFENSE

ATHENA-DEFENSE

Mali Une intervention réfléchie?

 

 L'article paraitra sur le site de l'Adefdromil.... 

 

 

Alors que sur Twitter, la photo instrumentalisée, de la dépouille du soldat tué en Somalie dans la tentative de libération de l'otage est exposée, photo que je ne mettrais pas en ligne, je vous livre mes commentaires quant à notre intervention au Mali. 

 

 

 

 

 

 

Cette intervention était en fait inéluctable. Si nous avions abandonné l’Afrique de l’Ouest aux pseudos islamistes, les foyers terroristes se seraient trouvés aux portes de l’Europe. Et toute l’Afrique y compris le Maghreb aurait été sous la menace. L’Algérie, la seule puissance réellement organisée sur le plan militaire aurait pu faire le poids face à cette menace. Elle se contente d’autoriser le survol de son territoire par nos avions et de fermer ses frontières.

 

La  France est donc en première ligne face à ce danger, pour des raisons géostratégiques évidentes, mais aussi du fait qu’elle est liée directement par des accords d’assistance avec le Mali et qu’elle possède les moyens d’interventions rapides, au moins dans une première phase, suffisants pour casser les colonnes islamiques se dirigeant vers Bamako. L’habillage politico-diplomatique autour d’une force africaine (à créer, armer et instruire voire à motiver) et de l’Europe est un leurre qui ne trompe personne. Seule en Europe, la Grande Bretagne comprend réellement l’intérêt d’une telle riposte. Avec l’Espagne, l’Italie devrait apporter son appui. L’Allemagne, prudente comme toujours, va fournir quelques moyens logistiques et médicaux.

 

L’Etat Major avait  certainement, depuis de longs mois, actualisé les différents plans et étudié les différentes hypothèses.  Nous étions relativement prêts, avec les trous capacitaires bien identifiés : moyens de renseignement permanents de type Drone Male, gros porteurs aériens dans l’attente de l’A400M qui fait cruellement défaut, moyens en hélicoptères et notamment en hélicoptère de manœuvre et d’attaque de type Tigre, relais radio de type stratégique.

 

Reste la seconde phase, celle du démantèlement des camps et des structures terroristes islamistes, dans la mesure où se contenter de les détruire sans détruire leurs bases et leurs prolongements reviendrait à retarder simplement une nouvelle offensive et leur  donnerait de l’espace et du temps pour se réorganiser.

 

 

 

Cette guerre, mot prononcé par le ministre de la défense lui-même, en est donc à son début. Elle est, selon l’avis du général Vincent Desportes, « qu’une deuxième bataille de la  guerre en Libye ». Cela est d’autant plus vrai que ces terroristes sont en fait des mercenaires « au chômage », qui ont combattu pour la plupart pour Kadhafi et qui ont pillé à leur départ les dépôts libyens. Ils sont fortement armés : ZU 23/2 sur Toyota et missiles. Ils sont particulièrement mobiles, endurants, rustiques. Ils connaissent le désert, et sont capables de se disperser et de se regrouper, en utilisant des méthodes adaptées de combat tournoyant. Ils sont asymétriques, mais peuvent localement et momentanément se retrouver en supériorité  numérique et à égalité technique. Ils peuvent être aussi symétriques ponctuellement.

 

Les conflits en Afrique ont évolué vers un alourdissement nécessaire de notre engagement. Le danger de sous-évaluer nos moyens est réel. L’effet de surprise n’est pas toujours à notre avantage. L’intervention d’une aviation, certes efficace, ne peut être suffisant sans une intervention coordonnée au sol de type plus classique. Les Forces spéciales sont à la limite de leur engagement.

 

Le temps comme la météo sont des éléments importants comme dans tous conflits. La fenêtre météorologique se referme en  mars..  Attendre septembre aurait été une erreur. Dans leur précipitation, AQMI, Shebab et autres « groupes terroristes» qui veulent la mort des infidèles et autres occidentaux, ont donc provoqué une réaction de la France à laquelle ils ne s’attendaient pas, si on se réfère aux atermoiements habituels de l’Europe, et du conseil de sécurité de l’ONU.

 

L’armée malienne est désorganisée. L’armée de bric et de broc de l’OUA dépend totalement de notre logistique et de nos moyens de renseignements. En 10 ans, on a été incapable de fabriquer une armée Afghane. Force est de constater qu’une armée ne peut être efficace qu’avec un Etat existant et structuré. L’armée malienne,  est probablement capable de générer un coup d’Etat comme la plupart des armées africaines, mais elle est incapable pour l’instant de combattre une horde surarmée et fanatisée.

 

Alors que François Hollande s’en défendait, nous sommes donc revenus naturellement à nos anciens réflexes contraints : ceux de gendarmes de l’Afrique. Nous répondons sans mandat de l’ONU a une demande du président par intérim, Dioncounda Traoré.. Il est vrai que le Mali, l’un des plus pauvres Etats de la planète vit sous perfusion de nos moyens financiers..

 

Force est de constater que nous vivons dans un monde complexe dans lequel la France est en totale interaction. La réalité finit toujours par contredire les grands discours visant à dénoncer des comportements prétendus coupables en raison du fait que leurs auteurs sont des adversaires politiques. Le président normal est donc normal : il fait ce que d’autres auraient fait. 

 

14/01/2013

 

 

 

 

 

 

 

Article à paraître sur le site de l'Adefdromil. ....



14/01/2013
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