ATHENA-DEFENSE

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A propos de sondage

J’ai eu la curiosité de lire les 25 pages du sondage sur notre engagement en Afghanistan commandé par le journal l'Humanité, j’ai y trouvé quelques éléments de réflexion utiles. 

A la question, êtes vous plutôt favorable, favorable, plutôt opposé à l’intervention militaire française/ américaine en Afghanistan ? 46% des sondés sont plutôt opposés et 24 % plutôt favorable.

A la question, êtes-vous favorable, plutôt favorable, plutôt opposé à l’intervention militaire en Afghanistan ?  24% sont plutôt favorables et 46% sont plutôt opposés.. Ce qui est cohérent. Mais à la question, êtes vous favorable, plutôt favorable, plutôt opposé à l’intervention américaine en Afghanistan ?  50% y sont favorables, ce qui démontre une certaine propension à laisser les EU régler les problèmes eux-mêmes plutôt que de participer aux affaires du monde, tout en les critiquant.  Et pourtant,  44% des français estime que la présence militaire française en Afghanistan  est nécessaire pour lutter contre le terrorisme et 35% que cette présence a permis de faire progresser la démocratie, nous ne sommes pas à une incohérence prêt. En résumé la majorité est contre l’intervention française en Afghanistan, tout en laissant aux Etats-Unis la responsabilité d’intervenir seule, et en pensant que finalement l’action engagée à contribué à renforcer la démocratie..

Le manque d’explication et de communication sur le conflit, est de la responsabilité partagée des politiques et des médias.  Un couple Afghan lapidé par les talibans dans le nord, après avoir été accusé d’adultère, la scène horrible a été filmée…

http://www.lexpress.fr/actualites/2/un-couple-afghan-lapide-par-les-taliban-dans-le-nord_912706.html et

De plus en plus dans la zone française on relève des exécutions barbares pour l’exemple. Cela n’intéresse pas grand monde et certains diront que c’est de la manipulation, et pourtant, c’est une infime partie visible de l’iceberg des exactions qui continuent à être commises. Retirons-nous, et les bagages à peine bouclés, les luttes tribales reprendront et de nouveau  les camps d’entraînements terroristes refleuriront. Or les derniers évènements à dominante sociologique, économique et démographique font monter l’incertitude dans toute une zone du monde extrêmement fragile, où se situe l’essentiel de nos approvisionnements en énergie. Algérie, Libye, Egypte, Niger, Tchad, Soudan, Bahreïn, etc.. Dans cet espace géographique en éruption, nous applaudissons de deux mains les espérances de liberté et de démocratie, mais serait-il responsable  de sous-estimer les mouvements extrémistes religieux qui sont en embuscade, prêts à saisir toutes les occasions pour imposer leur vision du monde où la haine de l’occident est un moteur latent.  Faut-il rester indifférent ? Alors que les peuples comme en Libye n’en peuvent plus de subir les privations de liberté, les tortures, l’arbitraire et qu’une nouvelle intelligentsia mêlée à la multitude des opprimés résistent à la répression.   L’occident, (et l’Europe singulièrement )  ne peut  que regarder en faisant des commentaires et en restant spectateur d’un monde qu’ils ne maîtrisent plus.  Là où nous pouvons encore agir,  l’outil militaire n’est pas inutile à condition qu’il il reste lié à l’action humanitaire de reconstruction et d’aide institutionnelle.  L’outil  diplomatique, il faut s’en souvenir, n’a jamais réglé aucun problème  en position de faiblesse.  Oublier cette règle élémentaire,  c’est se condamner à subir un jour ou l’autre, sous une forme ou une autre l’abandon des valeurs de nos démocraties. Nous sommes en Afghanistan, la question n’est plus de savoir si nous aurions dû y aller, elle est celle de savoir comment on peut valoriser cette situation et progressivement passer la main, je crains que cela ne soit avant longtemps, en aurons-nous la volonté ?  J’en doute. Mais se retirer maintenant alors que les conditions minima ne sont pas remplies serait plus qu’une erreur,  une faute. Se retirer d’Afghanistan sans avoir mis en place un pouvoir fort et  non corrompu qui respecte un minimum de droits humains est suicidaire.  Chaque jour nos sociétés occidentales inventent des règles et des lois de plus en liberticides afin de se protéger contre le terrorisme, les réseaux mafieux, la drogue en dévoyant nos sociétés basées sur la liberté individuelle depuis deux siècles et des valeurs de partage. Cela deviendra de moins en moins supportable à cause  des contraintes, de plus en plus fortes pour l’immense majorité des citoyens.  Les politiques par manque de courage, n’osent aborder les sujets difficiles en fonction de leurs contraintes électorales et ne sont plus responsable dès qu’ils quittent les affaires, puis s’étonnent de la montée du populisme. Une règle simple doit être rappelée,   chaque fois que l’on compose avec les dictateurs et les dictatures,  on met en danger notre liberté. L’occident a abandonné le shah d’Iran,  inventé les talibans, protégé puis détruit  Saddam Hussein, toléré les dictateurs du Maghreb et continuent à fermer les yeux sur les autres régimes ineptes d’Arabie, d’Afrique et d’Asie.  Laisser aux seuls E.U le soin de régler les problèmes du monde sans participer avec eux au partage des responsabilités, est irresponsable, c’est leur donner un blanc seing.  Nous avons donc un prix à payer, celui de notre engagement à minima. Je n’oublie ni nos morts ni nos blessés. Dire aux familles et aux estropiés que c’est le pris à payer n’a aucun sens. Mais alors que faire si nous refusons ce sacrifice ?  Rester des spectateurs ? Pour avoir droit au chapitre il faut partager la même messe.  Ce choix de participer à la lutte en Afghanistan  a été fait, il y a maintenant plusieurs années, par un gouvernement de gauche,  nous y tenons notre place, modeste certes.  Est-ce satisfaisant ? Non. Est-ce contraignant ? Oui.  Est-ce utile ? Oui. Pour autant que l’on soit moralement fort et respectueux de nos soldats et cohérents avec nos choix. Bientôt nous ne parlerons plus que des élections présidentielles et comme d’habitude,  ni la politique étrangère de la France, ni sa position dans le monde, ni les problèmes de défense, ne seront évoqués et on s’étonnera par la suite, que les citoyens réagissent de manière subjective et non objective au gré des humeurs du moment.. Ce sondage,  commandé par l’Humanité n’est pas politiquement innocent, il  traduit simplement la démission culturelle de nos sociétés, prêtes à s’émouvoir et à se mobiliser pour un crime  de sang, aussi horrible qu’il soit mais prêt à fermer les yeux sur les génocides. 



24/02/2011
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