ATHENA-DEFENSE

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A propos de stratégie

Cette réflexion n’est pas si éloignée des évènements politiques en cours.

Comme c’est souvent le cas  , chaque  fois qu’un mot recouvre une acception complexe, j’en relis la définition.  Le premier sens est l’art de coordonner des actions pour atteindre un objectif, ce
qui est proche du mot manœuvre. Le second sens est l’art de planifier et de coordonner l’action des forces militaires d’un pays pour attaquer ou pour défendre. Puis par extension : l'art de coordonner l'action de l'ensemble des forces de la Nation - politiques, militaires, économiques, financières, morale. - Pour conduire une guerre, gérer une crise ou préserver la paix, "La stratégie est de la compétence du gouvernement et de celle du haut-commandement des forces armées." Charles de Gaulle.  Alors que la tactique est limitée dans le temps, la stratégie est une action de longue haleine s’inscrivant dans une dimension temporelle suffisamment éloignée pour que son résultat ne puisse se mesurer   dans la réussite d’une action immédiate mais dans un processus militaro-politique. 
La stratégie se doit donc d’agir dans l’incertitude, mais avec une vision claire. En Indochine, face à Vo Nguyen Giap qui considérait que  la guerre est à la fois politique, psychologique et qui inscrivait son combat  dans une stratégie révolutionnaire globale, nous ne faisions que de l’opératif, sans vision politique claire et sans discernement de ce que nous devions faire avec nos colonies. Les mêmes erreurs ont été commises en Afghanistan, Un responsable militaire le concédait : «Tous les conflits
insurrectionnels sont intéressants à étudier, mais chacun est un cas d'espèce.
En Afghanistan, le vrai problème, ce qui fait défaut, c'est la volonté politique des acteurs, la faiblesse de leur conduite stratégique.» Il y a fort longtemps que nous inscrivons nos actions dans une absence totale de stratégie. Notre récent engagement en Libye s’inscrit dans ce paradigme. Victoire
militaire apparente suite à un choix d’une tactique qui s’est révélée judicieuse, opératif efficace, s’inscrivant dans une absence totale de stratégie.

Il me semble que oui, la stratégie existe, mais  que sa  théorisation relève d’une
conception bien humaine de devoir soumettre l’incertitude à une modélisation mpossible.  

 

En cas de victoire tactique, la stratégie se soumet” (Moltke). “On ne peut concevoir les moyens indépendamment de la fin”. Clausewitz. Hervé Coutau-Bégarie dans son Bréviaire stratégique indiquait que la stratégie contemporaine se décompose en : Stratégie
opérationnelle – stratégie des moyens  et stratégie déclaratoire. En effet, la dimension
communication/explication est indissociable d’une stratégie. Or ce déficit de vision à long terme, cette absence de réflexion et cette incapacité à communiquer explique la plupart de nos échecs : (dette,  déficit de construction européenne, manque de vision géopolitique) que l’on pourrait résumer d’un seul terme : absence de stratégie. Si la stratégie n’existait pas, il faudrait l’inventer, ne serait-ce que pour en déplorer sa disparition dans un monde qui ne réfléchit que dans l’urgence, qui ne gère que les crises, qui ne planifie plus.  

 

 



29/04/2012
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