ATHENA-DEFENSE

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À propos de la coopération régionale entre les républiques d'Asie Centrale.

Alors que la pandémie que nous subissons continue à nous préoccuper et risque de redistribuer de nombreuses cartes,  je remercie mon camarade, le colonel Daniel Pasquier (A) - ainsi que la Revue de la défense Nationale qui a donné son accord pour la diffusion de ce billet - qui nous donne un éclairage passionnant sur les relations et coopérations entre les républiques d’Asie Centrale.

Roland Pietrini

 

 

carte des pays d'Asie centrale.JPG

 

 

COOPERATION REGIONALE ENTRE LES REPUBLIQUES D’ASIE CENTRALE : ETAT DES LIEUX ET PERSPECTIVES

 

Nonobstant l’indéniable réchauffement des relations entre les cinq républiques centrasiatiques, il n’est pas réaliste d’envisager aujourd’hui une véritable intégration régionale et l’avènement   d’une association des Etats de l’Asie centrale du type ASEAN[1]. Cela eut été possible vers le milieu des années 90 quand les grandes puissances comme la Chine, la Russie ou les Etats-Unis n’avaient pas encore jeté leur dévolu sur cette région du monde. A défaut, ces républiques auront tout intérêt à poursuivre sur la voie ouverte en 2016 car il reste de nombreux problèmes à régler.

 

Un réel réchauffement des relations interétatiques

 

En Asie centrale, si les experts de l’environnement s’alarment à juste titre du réchauffement climatique qui inexorablement grignote depuis des années les glaciers des monts Tian Shan, en revanche les spécialistes de la géopolitique se réjouissent du réchauffement des relations entre les cinq républiques de cette région.

Cette embellie, observée depuis la fin de l’année 2016, touche toutes les sphères de la vie publique comme le démontrent maints évènements majeurs survenus ces derniers mois.

 

Dans le domaine diplomatique, le sommet des chefs d’Etat d’Asie centrale de 2018 est à mettre en exergue puisqu’il faut remonter à 2009 pour trouver trace d’un précédent sommet[2]. Programmé très symboliquement à la veille de la fête de Navrouz, qui marque la renaissance de la nature, la purification des esprits, la fraternité et la solidarité retrouvées, ce meeting a rassemblé les présidents kazakh, kirghize, ouzbek et tadjik ainsi que la présidente du parlement turkmène.[3] Lors de ces retrouvailles, au cours desquelles tous ont rivalisé de longues embrassades et de poignées de mains chaleureuses,  les leaders régionaux ont abordé les questions de sécurité, de gestion des ressources en eau, de délimitation des frontières sans pour autant dépasser le stade des déclarations de bonnes intentions. Mais tous sont convenus de la nécessité d’une réunion annuelle pour surmonter les difficultés communes.

Pour illustrer une percée emblématique du renouveau des relations régionales, on peut faire référence à la détente entre Tadjiks et Ouzbeks, amorcée après des années de conflit relatif au projet du barrage de Rogun sur un affluent de l’Amou Darya dans le sud du Tadjikistan. L’ancien président ouzbek, M. Karimov, s’était fermement opposé à cette réalisation susceptible, selon lui, de menacer en aval les circuits d’irrigation des champs de coton. Pour faire échec à ce projet, il n’avait cessé de recourir à la manière forte comme l’interruption des livraisons de gaz naturel ou le blocus ferroviaire de la ligne reliant les provinces du Sukhandariya (Ouzbékistan) et de Khalton (Tadjikistan).[4] Pour son successeur, M. Mirziyoyev, cette querelle semble obsolète. En visite officielle à Douchanbé, en mars 2018, il expliquait « qu’il n’existe plus entre nous de questions non résolues »[5]. Quelques mois plus tard, il n’a pas remis en cause les mises en service successives des deux premières turbines de cette centrale hydroélectrique en novembre 2018 et septembre 2019.

 

Dans le secteur économique, la situation a évolué favorablement comme en témoignent l’ouverture ou la réactivation de vingt-six voies de communication[6] entre les cinq Etats. Treize sont des lignes aériennes dont les plus actives relient les célèbres sites touristiques ouzbeks de Samarcande, Boukhara et Khiva aux capitales du Kazakhstan et du Kirghizstan. Les voies ferrées, au nombre de quatre, sont essentiellement dédiées au transport de marchandises. Si leur croissance reste pour l’instant modeste, leur activation témoigne d’une réelle volonté de coopération économique. Enfin, neuf axes routiers permettent depuis trois ans la renaissance du commerce transfrontalier entre l’Ouzbékistan et le Kazakhstan (Tashkent vers Chymkent et Almaty), entre   l’Ouzbékistan et le Kirghizstan par la vallée de Ferghana en direction de Osh, capitale du sud kirghize. Le 7 mars 2019, MM Mirziyoyev et Berdimukhamedov, les présidents ouzbek et turkmène, ont inauguré un nouveau pont routier sur le fleuve Amou Darya. 

Les récentes données publiées par le Fonds monétaire international (FMI) confirment le renouveau du commerce régional : à titre d’exemple, les échanges entre l’Ouzbékistan et ses quatre voisins pour les cinq premiers mois de l’année 2019 sont évalués à 1,7 milliard USD soit une augmentation de 27,6% par rapport à la même période 2018.[7]    

 

La culture et le tourisme bénéficient également de cette embellie. En septembre 2017, quatre institutions du Kazakhstan, Kirghizstan, Ouzbékistan et Tadjikistan ont signé un mémorandum sur les échanges culturels en Asie centrale[8]. En 2018, le Kazakhstan a programmé l’année de l’Ouzbékistan incluant plus de deux cents manifestations. Le 5 novembre 2019, c’est le Tadjikistan qui a organisé les journées de la culture ouzbèke.[9]

Pour ce qui est du tourisme, le Kazakhstan et l’Ouzbékistan, qui ont depuis quelques mois assoupli le régime des visas d’entrée sur leurs territoires, travaillent à la mise en place d’un visa « Silk Way ». Le Tadjikistan et le Kirghizstan ont fait part de leur intérêt pour ce système, calqué sur le visa Schengen de l’Union européenne, et qui permettra aux visiteurs étrangers de se déplacer librement dans les quatre Etats précités.

Ce dégel observé depuis 2016 est essentiellement dû à la nouvelle politique étrangère de l’Ouzbékistan et de son nouveau président Shavkat Mirziyoyev qui a littéralement pris à contre-pied la politique de M. Karimov, son prédécesseur. Dès son accession au pouvoir, il avait clairement annoncé la couleur, en particulier lors de son intervention à la soixante- douzième assemblée générale de l’ONU, le 20 septembre 2017 : « Priorité à l’Asie centrale pour établir avec les voisins proches des relations mutuellement favorables, amicales et de bon voisinage ». Cette nouvelle approche a suscité beaucoup d’enthousiasme au point que certains ont vu en M. Mirziyoyev le Den Xiaoping ouzbek[10].

Cependant, malgré ce dégel sensible il ne serait pas réaliste d’envisager l’avènement à terme d’une intégration régionale. A cet égard, les Républiques d’Asie centrale ont laissé passer leur chance quand elle s’est présentée au milieu des années 90.


 

Intégration régionale : les illusions perdues : 1995/2005

 

 

Quelques mois après le démantèlement de l’URSS et après avoir achevé leur « nation building » les cinq républiques ont exprimé une réelle volonté d’amorcer une intégration régionale. En dépit d’un contexte difficile (faiblesses économiques, guerre civile au Tadjikistan, dégradation de la situation chez le voisin afghan), des facteurs favorables demeuraient.

D’une part, au sein du système soviétique, les Républiques étaient interdépendantes et avaient pendant soixante-dix ans tissé des liens politiques, économiques et culturels. Ce savoir-faire n’avait pas disparu avec l’URSS. D’autre part, les grandes puissances n’avaient pas encore jeté leur dévolu sur cette sphère régionale et les « Stan » disposaient d’une liberté d’initiative qui n’existe plus de nos jours. La Russie de Boris Eltsine, en proie à de graves problèmes intérieurs, avait d’autres chats à fouetter. La Chine de Jian Zemin ne pensait pas encore à la nouvelle route de la soie. Enfin, ce n’est qu’en 2001 après les attentats du 11 septembre, que les Etats-Unis ont massivement investi cette zone.

La genèse d’une structure régionale remonte à 1994 quand le Kazakhstan et l’Ouzbékistan ont créé un espace économique commun. Au gré des nouvelles adhésions kirghize puis tadjike, cette structure devint successivement l’Union centrasiatique, puis l’Union économique centrasiatique (1998) et en 2001 l’Organisation de la coopération centrasiatique (OCCA). L’OCCA s’est dotée de structures interétatiques qui étaient le conseil interétatique, le conseil des premiers ministres, le conseil des ministres des affaires étrangères et le conseil exécutif. En outre a été fondée la banque centrasiatique pour la coopération et le développement. Les objectifs étaient clairement identifiés : marché unique pour la production agricole, coopération industrielle et énergétique, création d’un système commun de transport et de communication.

Malheureusement, à l’exception d’une harmonisation des taxes douanières et la mise en place de la banque citée précédemment, le bilan est maigre et l’OCCA ne put que constater son échec.

Comment expliquer ce revers alors que la volonté de créer une structure intégrée était bien réelle ?

D’abord, pour reprendre un dicton populaire, les chefs d’Etat concernés ont placé la charrue avant les bœufs. La création et la mise en œuvre d’un espace économique commun, d’une union douanière requièrent des fondations solides qui tiennent l’édifice. Cela n’était pas le cas. A titre de comparaison, les Européens ont d’abord lancé en 1951 la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) qui regroupait la France, l’Allemagne, l’Italie, la Belgique, les Pays Bas et le Luxembourg. Ce n’est qu’en 1957, après six années de bon fonctionnement de la CECA, qu’ils ont mis sur les rails la Communauté économique européenne (CEE) : un scénario totalement différent !

Ensuite, la situation régionale s’est progressivement détériorée. Certes, la guerre en Afghanistan et l’opération « Enduring freedom » qui débutent fin 2001 expliquent en grande partie cette dégradation mais pas seulement. Les républiques ont connu des conflits intérieurs qui ont relégué au second plan les relations régionales : répression sanglante, en 2005, des manifestations d’Andijan (vallée de Ferghana) et mise à l’index de la communauté internationale de l’Ouzbékistan ; conflit interethnique à Osh (Kirghizstan) en 2010, entre Kirghizes et la communauté ouzbèke ; répression du mouvement social ouvrier de Zhanaozen au Kazakhstan en 2011 quand la police tire sur la foule des manifestants. Dans ces conditions, chacun peut aisément comprendre pourquoi les chefs des cinq républiques ont attendu 2018 et des conditions meilleures pour se retrouver.

Enfin, les grandes puissances ont progressivement repris la main : les circonstances dans lesquelles l’OCCA est passée de vie à trépas sont un vrai cas d’école. En 2004, elle accueille dans ses rangs la Fédération de Russie. Un an plus tard, lors d’un sommet organisé à Saint Pétersbourg, elle est absorbée par la Communauté économique eurasiatique, sous contrôle russe et disparait à tout jamais. Vladimir Poutine, qui fêtait le lendemain ses cinquante-trois ans, ne dissimulait pas son plaisir : « Cette décision constitue le meilleur cadeau d’anniversaire de la part de mes collègues ! »[11]

Cette mainmise de puissances étrangères ira crescendo et explique en grande partie pourquoi l’Asie centrale n’est plus maitresse de son destin et n’aura sans doute jamais d’identité propre comme l’ASEAN par exemple.

 

Improbable Association des Etats d’Asie centrale

 

 

Aujourd’hui, ce sont la Chine et à un degré moindre la Russie qui sont aux manettes en Asie centrale. Ces deux Etats exercent leur influence soit dans le cadre d’organisations régionales comme l’Organisation de la coopération de Shanghai (OSC), l’Union économique eurasiatique (UEEA), la Communauté des Etats indépendants (CEI) ou l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) soit par la relation bilatérale comme en attestent les nombreuses rencontres au sommet entre les présidents chinois et russe et leurs homologues centrasiatiques[12]. Il est important de préciser qu’aucune des structures précitées « ne   considère l’Asie centrale comme une région indépendante mais au contraire l’insère dans un paradigme macro régional »[13] au sein duquel la répartition des rôles pourrait être ainsi définie : à Pékin les affaires économiques, à Moscou les questions de sécurité.

Depuis le début de ce siècle, la Chine n’a cessé de renforcer ses investissements financiers. « A la fin des années 90 les investissements directs de la RPC dans la région n’excédaient pas un milliard USD et se limitaient aux secteurs gazier et pétrolier. Dix ans plus tard, leur volume était vingt fois supérieur faisant de Pékin le principal donateur financier en Asie centrale »[14] Cette tendance ne s’est jamais démentie : à l’issue du sommet annuel de l’OCS, en 2015 à Astana, la banque chinoise EXIMBANK mettait à disposition de la région douze milliards USD. Pas un mois ne s’écoule sans l’annonce d’un nouvel élan de générosité de Pékin vers ses voisins. Dernier exemple en date, le 30 octobre 2019, le parlement tadjik a approuvé une subvention de 360 millions USD pour rénover de grands axes routiers dont l’axe reliant Douchanbé, la capitale, à Kulma sur la frontière chinoise.[15]

L’investissement financier chinois est systématique, à grande échelle et à long terme. Initialement consacré au secteur des hydrocarbures, il s’est progressivement diversifié pour inclure les métaux rares, les transports et communications, le secteur bancaire voire l’agriculture.

Pour pénétrer puis s’imposer dans la sphère économique de ses voisins, la Chine a recours à divers mécanismes au premier rang desquels figure la prise d’intérêts dans de grandes compagnies nationales comme cela s’est produit au Kazakhstan. En juin 2014, les Chinois acquirent 95% de la compagnie MATEN PETROLEUM qui contrôle tout le littoral kazakh de la mer Caspienne, dans la région d’Atyraou. Autre processus cher à Pékin, la création de co-entreprises (joint- venture) comme cela s’observe en Ouzbékistan[16] et au Turkménistan, pour gérer à son profit la prospection et l’exploitation des champs gaziers de ces deux Etats. Dans le dernier nommé, la compagnie nationale chinoise CNPC détient le monopole de cette exploitation.

 Enfin il existe un dernier procédé réservé aux républiques les plus pauvres (Tadjikistan et Kirghizstan) qui ne peuvent rembourser leurs dettes. A titre d’illustration, en 2016, la Chine a achevé la construction d’une centrale qui fournit chauffage et électricité aux habitants de Douchanbé la capitale tadjike, pour un montant de 349 millions USD. Le gouvernement tadjik n’ayant pu en rembourser que 17 millions, la compagnie chinoise TBEA a obtenu, à titre de compensation, l’exploitation des mines d’or de Upper Kurmag et Eastern Douoba, situées au nord du pays.[17]La Chine n’étant pas membre de l’OCDE, elle peut sans autre forme de procès recourir à des méthodes peu conventionnelles comme le troc et élaborer des contrats parfois opaques. Voilà comment Pékin déguste lentement l’Asie centrale à la sauce aigre douce.

Dans ce secteur de l’économie, la Russie a rapidement compris qu’elle n’était pas de taille à rivaliser. Aussi, pour maintenir sa présence et son influence dans son ancienne arrière-cour, a-t-elle pris en charge les questions de défense et de sécurité.

Pour ce faire, elle agit avant tout dans le cadre de l’OTSC[18] sans pour autant négliger la coopération militaire bilatérale. Initialement, la mission de cette organisation était de faire face à toute agression extérieure contre l’un de ses membres. Cependant, au fil des années, d’autres objectifs ont été définis pour lutter contre les menaces transnationales que sont le terrorisme, le trafic de drogues, le crime organisé ou la cybermenace.

Au titre de l’OTSC, Moscou dispose en Asie centrale de deux unités. La première, la 201e base militaire, est déployée au Tadjikistan, à Douchanbé et en province à Bokhtar au sud-ouest du pays. Ses effectifs, récemment renforcés, sont d’environ 7000 hommes et ses équipements sont régulièrement modernisés : en 2016, elle a reçu 100 BTR 82 A et une dizaine de chars T72 B1 et fin octobre 2019 trente systèmes de défense sol-air S300[19]. La seconde unité est stationnée au Kirghizstan, à Kant. Elle dispose d’avions et d’hélicoptères d’attaque au sol SU 25 et MI 24. Les Russes ont récemment racheté cinq hectares de terrain afin de procéder à une extension de cette base aérienne. A l’initiative des Kirghizes, des pourparlers sont en cours pour stationner des forces terrestres russes au sud du pays, dans la région d’Osh, dans la vallée du Ferghana.

Chaque année, de grands exercices sont programmés et joués, invariablement sous la direction de hautes autorités de l’état-major général de Moscou[20]. Ils visent à développer l’interopérabilité et la capacité opérationnelle des Etats-membres pour contrer toute menace en Asie centrale et dans le Sud du Caucase mais aussi pour tester une force de maintien de la paix capable d’agir hors de cette région.

 

 

Conclusion

 

 

En cette fin d’année 2019, les cinq républiques d’Asie centrale n’ont plus la possibilité et sans doute plus la volonté de s’ériger en une association régionale forte, homogène et cohérente, capable de résister à leurs puissants et ambitieux voisins. Elles acceptent volontiers la situation précédemment décrite : à la Chine l’économie, à la Russie la sécurité. L’Ouzbékistan illustre à souhait cette tendance : très soucieux de son indépendance, il avait quitté l’OTSC en 2012 et boudé systématiquement toutes les grandes manœuvres annuelles. Cette année, la situation a évolué : cent militaires des forces spéciales ouzbèkes ont participé à l’exercice « TSENTR 2019 », sous les yeux de leur ministre de la défense, Bahodir Kurbanov, venu spécialement à Orenbourg (Russie) pour assister à cette manœuvre[21].

Néanmoins, à défaut d’une ASEAN centrasiatique, les cinq républiques auront tout intérêt à poursuivre sur le chemin de l’entente cordiale et de la coopération.

 D’une part, des différends demeurent, en particulier au niveau des frontières où les tensions sont récurrentes : le 17 septembre 2019, les garde-frontière kirghizes et tadjiks en sont venus aux armes : quatre d’entre eux, dont un lieutenant-colonel, ont été tués et vingt-cinq civils ont été blessés[22]. D’autre part, la menace en provenance de l’Afghanistan persiste : selon les services de renseignement russes, environ quatre mille membres de l’Etat islamique y seraient regroupés, dont une large proportion de natifs de l’Asie centrale. Enfin, des relations de bon voisinage seront nécessaires pour profiter au maximum des retombées économiques des projets chinois de la nouvelle route de la soie dont certains sont communs à plusieurs des cinq républiques.

A cet égard, le second sommet des chefs d’Etat programmé le 29 novembre à Tachkent[23] tombe à point nommé et on peut espérer que les cinq présidents ne contrediront pas M. Nazarbaev, quand il affirme que « nous n’avons besoin d’aucun étranger pour résoudre nos problèmes, nous sommes parfaitement capables de le faire par nous-mêmes »[24] . Mais soyons optimistes : rien n’est impossible autour d’un copieux plat de laghmans arrosé de thé vert !

 

(A) Le colonel Pasquier (ER) a effectué une grande partie de sa carrière dans le renseignement (MMFL de Potsdam entre autres) et les relations internationales. Il a été Attaché de défense en Bulgarie-Macédoine et en Ouzbékistan- Kirghizstan et observateur à l'organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).  


[1] ASEAN : association des nations de l’Asie du Sud-Est
[2] Le précédent sommet, en avril 2009 à Almaty (Kazakhstan) avait pour seul thème le sauvetage de la mer d’Aral
[3] Respectivement MM NAZARBAEV, JEENBEKOV, MIRZIYOYEV, RAKHMON et madame NURBERDYEVA
[4] « Tajik-Uzbek rail freight dispute escalates” Radio free Europe/ 03 janvier 2012
[5] « Uzbek impending water crisis » The Diplomat/ September 5 2019
[6] « Trains, planes and automobiles: Central Asia is reconnecting with itself” The Diplomat/February 21 2019
[7] « Uzbekistan’s trade with neighbours rises sharply” EURASIANET/September 30 2019
[8] «Central Asia forum on cultural policy and management” Asia-Europe foundation/ December 13 2018
[9] « Journées de la culture de l’Ouzbékistan au Tadjikistan » Sputnik/ 5 novembre 2019

[10] « Le Den Xiaoping ouzbek : la nouvelle politique extérieure de Shavkat Мirziyoyev » Conseil russe pour les affaires internationales 1 février 2018

[11] “CACO/EEC merge to eliminate overlapping goals” Jamestown foundation October 11 2005
[12] Depuis le début de l’année 2019, Vladimir Poutine a rencontré à onze reprises, à Moscou ou in situ, ses homologues d’Asie centrale. Source : en.kremlin.ru
[13] « Pourquoi l’Asie centrale n’est pas prête à s’unir » Central Asian analytical network 2 octobre 2016
[14][14] « La politique d’investissement de la Chine en Asie centrale » Centrasia.ru December 07 2016
[15] « Tajikistan approves Chinese $ 360 million grant for highways » Eurasianet.org 0ctober 30 2019
[16] « CNPC to develop new gas fields in Uzbekistan” Azernews March 16 2017
[17] « The full story behind China’s gold mine-power plant swap in Tajikistan” The Diplomat April 14 2018
[18] Outre la Fédération de Russie, les Etats-membres de l’OTSC sont l’Arménie, le Belarus, le Kazakhstan, le Kirghizstan et le Tadjikistan.
[19] “Russia deploys S 300 missile systems near Afghanistan for first time” The Moscow Times October 28 2019
[20] Exercices « Combat Brother Hood » en 2017 et 2018 et exercice « Tsentr » en 2019
[21] “Central Asian Perspectives of the Tsentr 2019 Military Exercises” Eurasia daily monitor October 15 2019 
[22] Ferghana.ru 17 septembre 2019
[23] Le sommet des chefs d’Etat d’Asie centrale se tiendra le 29 novembre à Tashkent » RIA Novosti 15 novembre 2019

[24] « Rare Central Asian Summit signals Regional Thaw” Radio free Europe/ 15 mars 2018

 



28/03/2020
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