ATHENA-DEFENSE

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Le piège américain.

Le piège américain.

 

 

 

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Voltaire avait raison lorsqu’il écrivait, « Mon Dieu, gardez-moi de mes amis. Quant à mes ennemis, je m'en charge ! ». Cette citation mériterait d’être inscrite au fronton des relations franco-américaines, en tout cas, à partir du moment où on a abdiqué notre souveraineté en soldant ce qui restait de notre indépendance, en entrant dans l’Otan et un peu plus tôt en signant le traité de Maastricht. Depuis, nous sommes une nation de seconde zone dont la chute n’est qu’affaire de temps. La pente est raide et la grande braderie est en cours, planquez sous votre matelas le reste de vos illusions, au cas où on vous expliquerait que l’illusion n’est que l’antichambre du rêve et que celui-ci n’est pas de votre niveau.

 

Il est vrai que nos dirigeants ont réussi tout de même le tour de force de solder l’héritage gaullien avec l’aplomb de ceux qui, du haut de leur piédestal, regardent le peuple comme un mal nécessaire qu’il convient de soigner à coup de promesses jamais tenues.  

 

La molle réaction de la France à la décision américaine de commettre un assassinat d’Etat en est un exemple, car après tout, si celui-ci avait été commis, au hasard, par un autre pays de vaste plaine à l’est de l’Europe, que n’aurait-on pas dit ou pas fait, les sanctions auraient été immédiates. Mais qui prendrait des sanctions contre ceux qui utilisent le dollar comme une arme de destruction massive et dont le budget de la défense avec 648,8 milliards de dollars représente 35,6 pour cent de toutes les dépenses mondiales de défense cumulées.

 

Audiard disait « quand les types de 130kg disent certaines choses, les types de 60kg les écoutent ».

Ce n’est pas que je portais dans mon cœur le général Suleiman, il était rare que je le croise le matin en allant chercher mes croissants, mais si sous prétexte que c’était un barbu peu fréquentable ; de surcroit ennemi des occidentaux, des américains et d’Israël, il était justifié de l'éparpiller à coup de missiles,  il est fort probable que la liste d’un certain nombre de barbus ayant le même goût soit longue.

 

Il était tout de même le numéro 3 Iranien, commandant de la Force Al-Qods du Corps des Gardiens de la révolution islamique, allié de Bachar el Hassad. Lors de la guerre d’Afghanistan, Soleimani défend devant le Conseil suprême de sécurité nationale l'idée d'une coopération avec les Américains contre les talibans. Vétéran décoré de la guerre Iran-Irak, dans laquelle il est devenu commandant de la division à moins de trente ans, Qassem Soleimani est un artisan de la grandeur régionale de l'Iran.

 

Bref, un héros pour les Iraniens, un pur monstre pour les Américains et les Sunnites.

 

Une fois de plus les Américains se mêlent d’un conflit entre les Sunnites et les Chiites avec la délicatesse d’un hippopotame entrant dans un magasin de porcelaine, sans se soucier des conséquences, en rajoutant un bidon d’essence sur l’incendie en cours.

Bref,  une décision pour, bien entendu, la défense de la liberté et de la lutte contre le terrorisme Une « Kolossale » décision applaudit par les faucons américains et par l’électorat des gardiens de vaches du Texas, assis le cul sur leurs puits de pétrole,  le chapeau de l’oncle Sam enfoncé jusqu’aux yeux.

 

 

Heureusement, l’Europe a parlé : Charles Michel président du Conseil européen a appelé vendredi à la cessation des violences en Irak, pointant le risque d'une "flambée généralisée de violence dans toute la région". "Le cycle de violence, de provocations et de représailles dont nous avons été témoins en Irak ces dernières semaines doit cesser". Une nouvelle escalade doit être évitée à tout prix" et le président Emmanuel Macron, quant à lui, va rester en "contact étroit" avec le président russe, Vladimir Poutine sur la situation en Irak, pour "éviter une nouvelle escalade dangereuse des tensions et appeler toutes les parties à la retenue".

 

On va voir ce qu’on va voir, Trump tremble sur son green.

 

 

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Dans ce concert de « je vais dire quelque chose », la Chine, par son porte-parole de la diplomatie, Geng Shuang, indique « Nous demandons instamment à toutes les parties concernées, en particulier aux États-Unis, de garder leur calme et de faire preuve de retenue afin d'éviter une nouvelle escalade des tensions », et la Russie considère que c’est une frappe américaine « hasardeuse » qui va se traduire par un « accroissement des tensions dans la région ». « Soleimani servait fidèlement les intérêts de l’Iran. Nous présentons nos sincères condoléances au peuple iranien ».

Bref, on attend la prochaine, la prochaine frappe et la prochaine riposte, les prochains commentaires et pourquoi pas la prochaine der des der dans laquelle, en raison des alliances, on sera bien obligé de se taper une bonne fois pour toute les uns sur les autres, les uns avec les autres dans un grand brouhaha où on pourra distinguer la phrase universelle :  le salaud, c’est pas moi, c’est lui !

 

Bonne année à tous !

 

Roland Pietrini



04/01/2020
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