ATHENA-DEFENSE

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Les sommets G8 et OTAN

Un mot sur les sommets

 

 

Plutôt que de m’intéresser à la toilette et la hauteur des talons hauts portées par la compagne de M. Hollande,  et  à la cravate du président, (cela  a fait, comme l’on dit, un Buzz sur le net), je préfère m’intéresser au sommet de l’OTAN à Chicago, qui a suivi le sommet des 8.

 

Le G8 regroupe les 8 pays les plus industrialisés (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Canada, Italie, France, Allemagne, Japon, Russie) : Un mot : croissance,  une phrase d’Obama : "Tous les dirigeants sont d'accord aujourd'hui ici, la croissance et l'emploi doivent être notre priorité absolue", Est-ce à dire que la crise est finie, oubliée, réglée ? Certes non ! Créer de la croissance est une nécessité, mais « dans le contexte des réformes budgétaires et structurelles » Ce qui veut dire que l’Europe qui ne maitrise pas sa planche à billet par l’intermédiaire de la BCE, qui ne peut solidariser sa dette, est condamnée d’abord  à  redresser les comptes publics avant de relancer une croissance
qui n’obéit pas par un simple coût de pouce donné en France par le doublement de la prime de rentrée scolaire. C’est un peu comme demander à sa voiture d’accélérer en ayant le pied appuyé à fond sur le frein..  Bref, entre le discours et les actes il y quelques nuances, d’autant plus qu’une relance ne se décrète pas, les effets d’une relance par de grands projets ou de grands plans demande un délai de 5 à 10 ans, d’ici là, il faudra trouver d’autres solutions de court terme.. Et quant on sait qu’une relance fictive par la consommation intérieure finie toujours pas se payer cash, il faut rester prudent. Mais bon,   un coup d’air frais cela fait du bien.

 

Sommet,de l’OTAN 

 

La préoccupation est de sortir du bourbier afghan en mettant en place un gouvernement suffisamment fort ou corrompu, Karzaï en a le profil, pour faire porter la responsabilité du retour des talibans sur les Afghans eux-mêmes et non pas sur un échec de la coalition.

Ainsi, les alliés doivent s'engager à poursuivre les missions de formation et de conseils, garantissent les besoins de financement des forces de sécurité pour un coût de 4,1 milliards de dollars par an à partir de 2015. Les Etats-Unis contribuent pour  plus de la moitié et l'Etat afghan pour 500 millions, ce qui laisse environ 1,3 milliard à se répartir entre les autres.  Là aussi il faudra payer.

 

 

La  réouverture des routes pakistanaises aux convois de l'Otan, jusque là bloquées en raison du péage exigé par Islamabad, est jugée "inacceptable" par les Etats-Unis. Les uns en profitent,
les autres payent leur interventionnisme au Pakistan et l’élimination de Ben Laden sur le territoire pakistanais. 
Pour partir d’Afghanistan la route est indispensable, tout ne peut être évacué par avion. L’URSS en son temps avait réussi une opération de retrait remarquable sur le plan tactique, Les alliés d’aujourd’hui n’en ont aucunement les moyens.  Un accord sera trouvé, tout le
monde paiera.

 

Sur les  130.000 soldats  90000 sont Américains, 9.500 Britanniques et 4.700 Allemands tandis que la Mongolie, Tonga, l'Autriche ou le Luxembourg ont envoyé quelques dizaines de personnes. Certains pays, comme le Canada ou les Pays-Bas, n'ont plus de forces de combat. La France ne représente que 2% des effectifs.

 

La décision de François Hollande, de retirer les troupes combattantes à la fin 2012, soit deux ans avant le terme fixé par l'Otan en 2010 est relativisé et pour cause nous avons actuellement deux SGTIA soit environ 2 bataillons opérationnels. Cela ne pèse pas très lourd, et ils ne sont plus réellement engagés.

Un retrait précipité impossible d’ailleurs représente un surcout de 200 millions environ.. C’est cher payé une promesse électorale qui est ressenti comme une fuite peu glorieuse. D'abord, «parce que l'Alliance quitte un pays toujours en guerre», note le stratège Bruce Jackson, et la France avant les autres.

 

D’ailleurs,  tout en confirmant qu'il maintiendrait sa décision, «un acte de souveraineté», François Hollande a expliqué samedi après le sommet du G8 qu'il organiserait le retrait anticipé «en bonne intelligence avec nos alliés». «La position française a été comprise…
Concrètement, seules les troupes combattantes quitteront l'Afghanistan dans les délais
imposés. J’avais précédemment fait un commentaire sur ce sujet.  Sans
s'engager sur les chiffres, qui seront négociés par le chef d'état-major de l'armée française et le commandant américain de la coalition en Afghanistan, le ministre Le Drian a confirmé le maintien de contingents pour des missions de formation de l'armée et de la police: «Cela ne veut pas dire que nous quittons la coalition, mais notre présence sera différente.» Bref à trois ou quatre mois
près on fera comme avant.. L’honneur est sauf, mais les alliés nous regarderont avec ce regard d’incompréhension que nous avons déjà connu à plusieurs reprise au cours de notre histoire.

 

La France reste la France, mais il faudrait bien qu’un jour avec ou sans alternance,
la parole donnée sur le plan international  par la France soit celle de la France et non celle d’une France. Comme je le disais précédemment sur la forme et le fond…..F. Hollande a désormais une stature internationale, c'est à lui de faire en sorte que la France redevienne un pays lisible, fiable, engagé et crédible. Les rendez-vous seront à hauteur de l'enjeu.



21/05/2012
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