ATHENA-DEFENSE

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ALAT.. Réflexion sur l'aéromobilité..

Extrait d’une interview du général  Gourlez de La Motte, commandant de l'Aviation légère de l'armée de terre  réalisée par  Jean Dominique Merchet du Blog Secret Défense : http://www.marianne.net/blogsecretdefense/

 

La mort du lieutenant Boiteux, le premier jour de l’opération Serval, a suscité des questions sur le blindage des hélicoptères. Qu’en est-il ? 

Cet officier a reçu une balle dans la cuisse qui a touché l’artère fémorale. A deux centimètres près, il aurait été simplement blessé par la balle de petit calibre qui a traversé la porte de l’appareil. Il faut comprendre que, pour des raisons de poids, les hélicoptères ne sont pas blindés : une Gazelle pèse deux tonnes, un Tigre six tonnes alors qu’un Apache américain est de la classe des onze tonnes. Or, le prix d’un hélicoptère est fonction de son poids. Plus c’est lourd, plus c’est cher !  Néanmoins le Tigre est mieux protégé que la Gazelle : l’équipage est assis dans un baquet blindé et une plaque de blindage sépare les deux moteurs pour éviter qu’un tir ne les touche en même temps. Les Apache plus lourds sont évidemment mieux blindés – comme les Mi-24 russes. Mais ce sont des engins différents – plutôt des plates-formes d’artillerie volante, très stables avec un gros radar, comme le Longbow américain, qui tirent en altitude. Nous, nous pratiquons le vol tactique, au ras du sol pour s’infiltrer. 
  

Quel est votre parc d’hélicoptères de combat ? 

Nous avons 147 Gazelle, dont certaines resteront en service jusqu’en 2030. Et 39 Tigre  - nous en avons perdu un en Afghanistan, tous de la version HAP (appui protection), qui ne peut pas tirer de missile. Le premier HAD (Appui destruction), doit arriver cette année. 
A terme, notre flotte se composera de 80 Tigre (en deux versions) et de 90  Gazelle, qui seront remplacées dans  le futur par 80 HIL – hélicoptère interarmées léger. 
Je voudrais insister sur le fait que tous nos hélicoptères sont des engins d’aérocombat, y compris les Puma, Cougar, Caracal et Caïman. D’ailleurs, nous les avons rebaptisés HMA, hélicoptères de manœuvre et d’assaut. Ils peuvent déposer des hommes sur le champ de bataille et même les appuyer avec des armes de sabord.  Notre flotte de HMA se compose de 90 Puma, 26 Cougar, 8 des 21 Caracal des trois armées – pour les forces spéciales – et 5 Caïman.  
Au total, l’Alat aligne donc 330 hélicoptères. A titre de comparaison, c’est le nombre d’appareils que les Américains avaient déployés pour le seul Afghanistan ! 

 

Les alliés impressionnés… 


Honnêtement, ils sont bluffés. Je vous le dis sans hésiter !  Les étrangers, notamment Britanniques et Américains, viennent nous voir pour comprendre comment nous avons fait la Libye, à partir de la mer. Tous nos hélicoptères sont navalisés ! Et maintenant, le Mali. L’US Army vient de demander que nous détachions un officier de liaison à leur école de l’Alat de Fort Rucker. C’est un signe qui ne trompe pas.  

 

Commentaire :

 Il faut reconnaitre à notre ALAT une histoire qui déjà remonte à la guerre d’Algérie.. L’appui et l’aéroportage de troupes sur les pitons, les prémices d’un profil de vol au plus près du relief.

 Le choix du HAD (Appui destruction) est judicieux, puisque l’emploi de l’hélicoptère est moins de détruire du char ( encore que, en Libye.. ) Que celui d’avoir une polyvalence d’appui au profit de troupes au sol et une capacité de destruction de cibles durcies.  ( Bâtiments etc.. ) La capacité de projection à partir des BPC est un plus que ne peuvent faire les Britanniques  avec leurs Apache.  Qu’on le veuille ou non, les interventions en Libye et  au Mali démontrent la nécessité de maintenir un outil aéromobile polyvalent et puissant. Nos déficits capacitaires sont parfaitement identifiés. Nous verrons si le livre blanc prend en compte notre propension à faire le contraire de ce que nos discours décrivent.. Hollande promettait une France pacifique, non interventionniste, détachée des vieux réflexes françafrique.. Nous voyons le contraire de ce qui fut annoncé, jamais nos armées ne furent autant engagées qu’aujourd’hui, c’est un fait. Nous verrons si le choix de restreindre à nouveau le budget de la défense n’est pas celui d’illustrer le dogme bien français de faire l’inverse de ce que l’on dit. Hollande en est le l’exemple le plus probant, ceux qui l’ont élu devraient se poser la question de la cohérence du discours et des actes..  

 

 

 

 

 



01/02/2013
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