ATHENA-DEFENSE

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Livre blanc à quoi ça sert? Réactualisé

Ce livre blanc était-il vraiment nécessaire ?  Cela ne serait-il pas, en fait,  le prétexte, comme le diraient les syndicalistes que nous ne sommes pas, à justifier un énième plan social?

 

Réfléchissons un peu, lorsqu’une petit producteur de poulet ferme à l’autre bout de la France et met à pied 15 travailleurs, cela fait la une du journal télévisé.. Oui, je sais, j’exagère,  (à peine). Mais le fait de supprimer 24000 postes, 10% des effectifs,  après les 54900 de 2008 déjà disparus, dans la fonction militaire, cela ne fait pas bouger une oreille. Bref, on le savait, les militaires ne seraient pas des citoyens comme les autres, ne participeraient pas comme les autres à la richesse du pays, à la fin de leur contrat ne seraient pas des citoyens comme les autres à la recherche d’un travail.. Bref seraient des citoyens de seconde zone. Je ne sais pas vous, mais moi cela me choque un peu.  Pour les effectifs,  une loi de dégagement des cadres n'a pas été retenue. Mais il faudra trouver des incitations pour faire partir des officiers de carrière sans parler des cadres sous contrat qui auront du mal à prolonger les contrats en cours.

 

 

Mais venons-en à l’analyse,  puisque François Hollande dans son introduction au livre blanc et à la sécurité nationale le rappelle, c’est un nouvel effort qui est demandé « . Le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale trace donc une perspective d’avenir pour la défense de la France, qui a maintenant besoin, pour se réaliser, de l’engagement de tous, militaires, personnel des services de renseignement, policiers, gendarmes, diplomates, agents publics, bénévoles, mais aussi simples citoyens, tous acteurs de notre sécurité nationale »

 

Dont acte, un nouvel effort, mais pour quoi faire ?    J’ai lu l’introduction, et le reste, le style est à la truelle.. Ils ont du suer sang et eau.. Pas facile de rédiger un tel devoir..

 

Quelques phrases prises au hasard : « Face aux risques et aux menaces, la première condition du succès demeure la volonté déterminée d’y faire face en consentant l’effort nécessaire » « le premier fondement de la sécurité nationale,  est la manifestation d’une volonté collective, assise sur la cohésion de la Nation et une vision partagée de son destin. »   C’est beau, mais cela ne veut rien dire,  comme un document écrit par des énarques..

 

Mais venons-en à l’essentiel.  Je passe sur le chapitre traitant les fondements de la stratégie de défense et de sécurité nationale… L’état du monde..  Que nous connaissons pour en venir à ce qui nous intéresse : Les priorités stratégiques au chapitre 4. cela se résume à :

- protéger le territoire national et les ressortissants français, et garantir la continuité des fonctions essentielles de la Nation

- garantir avec nos partenaires et alliés la sécurité de l’Europe et de l’espace nord-atlantique

- stabiliser avec nos partenaires et alliés les approches de l’Europe

- participer à la stabilité du Proche-Orient et du Golfe Arabo-Persique ;

-         contribuer à la paix dans le monde.

 

« Empêcher toute agression directe contre le territoire national par un autre État sera toujours une priorité absolue. Bien que cette perspective paraisse aujourd’hui heureusement lointaine, on ne peut cependant écarter la possibilité qu’un enchaînement de circonstances conduise à une détérioration grave de la situation internationale: attaque terroriste ou cyberattaque majeures, fermeture d’une zone maritime ou aérienne portant atteinte aux approvisionnements

stratégiques de nombreuses puissances, implosion d’un État entraînant des débordements régionaux ; agression militaire contre un allié ou contre un pays essentiel à la stabilité de notre environnement. L’engagement de la France dans le processus de résolution de la crise pourrait alors déboucher sur une agression déclenchée par un État hostile, qui précipiterait notre pays dans une situation de guerre. »

Ainsi, la France consacrera, sauf incident budgétaire majeur 364 milliards d'euros à la défense sur la période 2014-2025, dont 179,2 milliards d'euros pour les années 2014 à 2019.  En 2025 la France consacrera 1,3 % de son PIB à la défense, contre 1,56 % en 2013. Mais ces chiffres n’engagent que ceux qui les lisent… Ils sont confortés par la vente de certains bijoux de famille. Vente de fréquence, vente d’immobilier, vente de participation de l’Etat dans les entreprises participant à la défense et cela sans aucune garantie..  Et d’ailleurs,   « Si l'on prend pour base les "normes Otan" pour calculer cette part du PIB, c'est-à-dire en y intégrant les pensions de retraite des militaires, celle-ci sera de 1,79 % en 2025. Très au-dessous des 2 % que l'Otan considère comme acceptables.’ Jean Guisnel du Point.

 

Selon le livre blanc, à l’horizon 2025, « les armées françaises disposeront des capacités permettant d’assurer à tout moment, au niveau stratégique, le commandement opérationnel et le contrôle national des forces engagées ; de planifier et de conduire des opérations autonomes ou en tant que Nation-cadre d’une opération. Un effort particulier sera engagé pour développer notamment les capacités de renseignement et de ciblage, les forces spéciales, les capacités de frappes précises dans la profondeur et de combat au contact de l’adversaire, et une capacité autonome à « entrer en premier » sur un théâtre d’opérations de guerre.

Les forces spéciales se sont imposées comme une capacité de premier plan dans toutes les opérations récentes. Leurs effectifs et leurs moyens de commandement seront renforcés, comme leur capacité à se coordonner avec les services de renseignement.

 

Les forces terrestres offriront une capacité opérationnelle de l’ordre de 66 000 hommes projetables comprenant notamment 7 brigades interarmes, dont 2 seront aptes à l’entrée en premier et au combat de coercition face à un adversaire équipé de moyens lourds. Ces forces disposeront notamment d’environ 200chars lourds, 250 chars médians, 2700 véhicules blindés multirôles et de combat, 140 hélicoptères de reconnaissance et d’attaque, 115 hélicoptères de manœuvre et d’une trentaine de drones tactiques.

 

Les forces navales disposeront de 4 sous-marins lanceurs d’engins, de 6 sous-marins d’attaque, d’1 porte-avions, de 15 frégates de premier rang, d’une quinzaine de patrouilleurs, de 6 frégates de surveillance, de 3 bâtiments de projection et de commandement, d’avions de patrouille maritime, ainsi que d’une capacité de guerre des mines apte à la protection de nos approches et à la projection en opération extérieure.

 

S’appuyant sur un centre de commandement et de conduite permanent et interopérable avec nos alliés, les forces aériennes comprendront notamment 225 avions de combat (air et marine), ainsi qu’une cinquantaine d’avions de transport tactique, 7 avions de détection et de surveillance aérienne, 12 avions ravitailleurs multirôles, 12 drones de surveillance de théâtre, des avions légers de surveillance et de reconnaissance et 8 systèmes sol-air de moyenne portée. »

 

Prochainement, j’essayerais d’analyser point par point les conséquences sur les effectifs et les moyens.. A suivre. 

 

Les informations continuent de filtrer.

Pour la Marine : 15 frégates de premier rang, en comptant les 5 Lafayette sous-armées, qui devraient pour se faire être revalorisées.   Les frégates multimissions seront donc réduites à 8 au lieu de 11.  Il était prévu d’en commander  17 à l’origine

 Ce qui a bien évidemment pour conséquence de renchérir leur coût unitaire.. Il y a des logiques comptables surprenantes, sans compter une charge de travail moins importante pour les arsenaux.

Ainsi la marine dont les missions sont de plus en plus importantes y compris pour leur participation aux missions de services publics subit aussi  une réduction drastique, sans que les missions soient fondamentalement changées.

Pour l’Armée de l’Air et l’aéronavale : C’est une réduction du format de 25%.. 225 avions prévus au lieu de 300.. Soit : 190 pour l’armée de l’Air et 35 pour la Marine, même pas de quoi armer totalement le P.A CDG.

Par conséquent moins de Rafale et un maintien en ligne de quelques Mirage 2000 D.

En ce qui concerne l’aviation de transport : 50 avions tactiques, cela veut dire, moins de A400M  (probablement 35 au lieu des 50 prévus) et maintien de  quelques Transall et Hercules.. Conséquence idem.. L’A400M coûtera plus cher..

 Pour l’Armée de terre : Une brigade en moins, un parc d’Hélicoptères encore réduit.. Un parc de char Leclerc peau de chagrin.. Une artillerie squelettique.. Ne valait-il pas mieux changer totalement le structures.. ? J’y reviendrais.   A suivre…  

 

   

 

 



29/04/2013
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