ATHENA-DEFENSE

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Mali : Un combat taillé pour les forces spéciales

Mali : Un combat taillé pour les forces spéciales, auxquelles on ne peut demander plus qu’elles ne peuvent faire..  Un point de vue strictement militaire..

 

La reprise médiatiquement couverte de l’aéroport de Gao, et d’un pont, montre le rôle important des forces spéciales dans la reconquête du Nord Mali. Jamais probablement, autant de forces spéciales ont été employées en même temps dans un conflit dans lequel la France est engagée. Cela est dû à une conjonction de circonstances favorables qui sont pour l’instant à notre avantage.

 

- La France est seule aux commandes de l’opération Serval, elle  peut désormais engager un ensemble de moyens cohérents sous commandement unique, qui s’appuie sur une doctrine de coopération étroite entre forces spéciales et forces plus classiques.

 

- Le terrain nous est pour l’instant favorable, puisqu’il permet de laisser des délais de réaction suffisants contre des éléments hostiles, qu’il est possible de détecter et de détruire avant tout engagement  de leur part.

 

- La maitrise de la troisième dimension, permet de planifier une manœuvre de renseignement cohérente, avec l’aide nos alliés, Américains et Britanniques  qui comblent une partie de nos déficits capacitaires,  notamment dans le domaine des drones d’observation qui sont indispensables compte tenu de l’espace à couvrir et de la nécessité de maintenir la permanence de l’observation.

 

 

- La mission donnée par l’Etat major (et par le pouvoir politique) est claire et sans ambigüité. Reconquérir les territoires perdus, désorganiser et détruire les éléments terroristes armés, annihiler toute possibilité immédiate de reconstitution de forces hostiles.  Tenir les villes et points stratégiques importants jusqu’à qu’une force malienne reconstruite, instruite, organisée et armée soit capable de préserver durablement l’intégrité du territoire et garantir la continuité de l’Etat, avec l’appui de forces africaines.

Pour l’instant faute d’interlocuteur, nous sommes dans la phase militaire.

 

Le plus difficile restant à venir : Pérenniser la reconquête, éviter les exactions, gérer l’après crise, reconstruire un pays, stabiliser une région.  

 

Depuis le début du conflit,  les forces spéciales sont judicieusement engagées, dans leurs missions fondamentales, au sol et dans la troisième dimension.  Elles  renseignent, éclairent, et s’emparent ponctuellement de points stratégiques importants, carrefours, ponts, pistes d’atterrissage.  Gao est l’un de ses points.

Par leurs aptitudes à l’infiltration et la reconnaissance, elles remplissent donc le rôle pour lequel elles sont dimensionnées et d’après les compte-rendus que nous pouvons  avoir, elles le font bien.

 

Il fut une époque pas si lointaine, où la guerre de reconquête en Afrique sub-saharienne et saharienne consistait à reprendre et tenir les points d’eau, nous n’en sommes pas si éloigné, sur le plan tactique,  mais la vitesse d’exécution est désormais un facteur nouveau. Où il fallait parfois huit jours de marche au pas des dromadaires, il nous faut aujourd’hui,  3 heures d’hélicoptères ou une heure d’avion.  Tenir donc les points d’eau ne suffit bien évidemment plus,  il faut tenir les terrains d’atterrissage, les points de passage obligés pour les véhicules, détruire les bases d’appui et les stocks de carburant, munitions et vivre des forces rebelles dans la profondeur. Nous en avons la capacité momentanée.  Nous démontrons une nouvelle fois notre aptitude à détruire toute force visible, suffisamment structurées pour être repérée en tant qu’objectif. Cette supériorité est momentanée et comporte des risques.

 

Cela nous contraint à élongation de nos moyens terrestres sur un territoire vaste comme deux fois la France et pose d’autres problèmes : Ceux de la logistique, ceux de la faiblesse de nos moyens en terme de quantité de combattants sur le terrain, (cela révèle toute l’importance de ne plus tailler sans cesse sur les effectifs), ceux du juste équilibre à trouver entre protection et cuirasse, entre alourdissement et nécessité de souplesse et légèreté.

 

Or,  l’armement de l’adversaire a évolué, les mitrailleuses 14.5mm  voire le bitube de 23 mm, peuvent détruire,  à 1000 mètres et au-delà des VAB et causer des dommages majeurs aux  Sagaie, AMX 10 RC et autres VBCI, sans compter les pertes humaines possibles.  Cela peut comme en Afghanistan, modifier notre appréhension du combat asymétrique.

 

Autres éléments à prendre en compte, ceux d’attaques sur nos arrières, d’opérations suicides et de mises en place d’IED (mais pour cela, il n’est pas certain, pour l’instant,  que l’ennemi diffus qui est le nôtre possède cette capacité). Nous ne sommes cependant  pas à l’abri de mauvaises surprises.

 

 

Nos adversaires comprendront  très vite, leur erreur tactique qui consiste  à   se heurter de front à notre organisation militaire puissante et organisée. Déjà, les barbus se rasent la barbe, se diluent dans l’espace, cachent leurs armes légères, d’autres fuient ou se regroupent dans des milieux  plus favorables à leur survie et aux embuscades.   Il faut compter aussi, sur leur esprit d’adaptation et leur capacité à exploiter nos faiblesses morales.  Ils vont donc se radicaliser un peu plus et tenter de fédérer une population sub-saharienne ou nomade, autour de la haine de l’occident, du rejet colonialiste, de la charia. 

 

Or nous sommes relativement désarmés pour contrecarrer les thèses fondamentalistes derrière lesquelles se cachent les trafiquants d’otages, de drogue,  de cigarettes et d’esclaves.  

 

Nous allons reprendre Tombouctou sans trop de difficulté, devant un ennemi qui déserte avant de combattre. Nous nous sommes engagés dans un combat de longue haleine. Avions-nous d’autres alternatives ? La réponse n’est pas dans le manichéisme de la pensée mais dans l’analyse où l’histoire de ses régions à une place prépondérante. La France y est en première ligne. Nous suivrons l’évolution de la situation avec intérêt.

 

 

 

Rappel des moyens aériens engagés par les alliés :

 

Allemagne : 2 C160

Belgique : 2 C 130 et 2 A109 medavac

Danemark : 1 C130

Espagne : 1 C130

Italie : 2 C130

Pays bas : 1 avion ravitailleur KDC 10

Royaume Uni : 2 avions de transport lourd C17

Etats Unis : 2 à 3 avions de transport lourds C17



27/01/2013
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