ATHENA-DEFENSE

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Modèle d’armées 2030, et si nous nous étions trompés ? Second volet : Une loi à hauteur d’homme ?

 

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Sans que les médias s’en emparent, la loi de programmation a été votée sans surprise par une large majorité de députés qui, pour la plupart,  se savent incompétents pour en juger,  ce qui est une caractéristique de notre système politique à large majorité. Ils  ont suivi les propositions faites par la ministre de la défense, qui, elle-même, a suivi celles de ses conseillers, sous la haute autorité d’un président Imperator.   

 

J’en recommande la lecture (133 pages, tout de même) toute en tenant compte du fait que le projet de loi n’a pas pour vocation de se prononcer sur la  justesse des choix, mais d’inscrire dans ses préliminaires une stratégie pour la France.  La stratégie, comme chacun le sait,  est l’art de  faire la guerre intelligemment et la tactique celle de la perdre.  La loi  est donc censée  d’écrire « les objectifs de la politique de défense et la programmation financière qui lui est associée pour la période 2019-2025 ainsi que les conditions de leur contrôle par le Parlement » Or,  cette loi se projette plutôt à l’horizon 2030, ce qui pour le moins, consiste à  reporter à une douzaine d’année  un modèle d’Armées virtuel, en souhaitant que face aux menaces grandissantes et multidirectionnelles,  nos Armées possèderont  réellement les moyens de leurs actions. Dans l’attente, il faudra tenir.

 

 

 

Ce qu’il faut en retenir est que les crédits de paiement seront en augmentation constante de 35,9 milliards en 2019 à 44 milliards en 2023, sauf que  « les crédits budgétaires pour 2024 et 2025 seront précisés à la suite d’arbitrages complémentaires dans le cadre des actualisations prévues à l’article 6, prenant en compte la situation macroéconomique à la date de l’actualisation ainsi que l’objectif de porter l’effort national de défense à 2 % du produit intérieur brut en 2025. »   Ce qui veut dire, si l’on devait en résumer la substantifique moelle, que ce qui est certain c’est l’incertitude d’une loi qui reporte à la fois l’effort à la fin du quinquennat et à condition que les conditions économiques le permettent. 

 

Ce qui change d’avec les précédentes lois, c’est qu’on annonce à l’avance que l’objectif est celui d’une volonté mais que la perspective de l’atteindre dépendra  du futur. (Relisez deux fois ma phrase, elle est aussi incertaine que la loi qu’elle veut résumer)

 

Il en est ainsi pour les effectifs :  ceux-ci augmenteront de 2019 à 2023, mais de moitié, c’est à dire de 1500 et de 3000 en 2 ans en 2024 et 2025 (soit sous une autre législative). Ce qui fera passer les effectifs du ministère des armées de  271 936 équivalents temps plein en 2023 à 274 936 équivalents temps plein en 2025, c’est-à-dire de 6000 ! Ce qui dans l’art de présenter les choses est plutôt du charabia, à moins que ce ne soit un exemple parfait du comment on fait pour rendre les mathématiques accessibles à une élite.

 

C’est le rapport annexé qui est le plus intéressant, car les mots y sont pesés : « face à la dégradation du contexte géostratégique décrite dans la Revue stratégique, cette dernière préconise le maintien d’un modèle d’armée complet et équilibré, en mesure de renforcer des aptitudes clés : renseigner et commander, entrer en premier, combattre et protéger, soutenir et durer »

 

Si, en effet, il apparait que le renseignement et le commandement font l’objet d’efforts particuliers, dont personne ne peut d’ailleurs en mesurer l’efficacité, il est légitime de se poser la question de savoir si les moyens prévus sont suffisants pour les fonctions « d’entrer en premier », de « combattre et protéger » et surtout de « soutenir et de durer ». Car,  les Armées, je cite la loi « devront être en mesure de le faire de manière soutenable dans la durée, c’est-à-dire en maintenant un niveau d’engagement conforme aux contrats opérationnels qui leur sont fixés, sans dégrader leur capital opérationnel à la fois en termes de ressources humaines et de matériels »,

 

Lorsque l’on connait l’état de nos moyens et le secret qui entoure nos réserves stratégiques, combien de chars en réserve, combien de pièces d’artillerie, quid de nos stocks de munitions ?  On ne peut que douter de nos capacités de résilience, nos Armées doivent être capables, et en même temps,  je cite : « d’assurer en permanence la défense et la protection du territoire national et de ses approches, (et)  tout en étant en mesure de se déployer en opérations extérieures pour défendre les intérêts nationaux et les ressortissants, assumer les accords de défense, les engagements et les responsabilités internationales de la France, notamment celles qui découlent de son statut de membre permanent du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations-Unies ».  

 

Si on en demandait autant à la SNCF dans son domaine d’emploi, alors les conditions seraient réunies pour une grève perlée de longue durée...

 

Pour assumer cette exigence,  l’Europe de la défense est de nouveau sortie du chapeau, une Europe de la défense qui serait ainsi la solution palliative de nos déficiences avec  « une France (qui)  soutiendra le développement de coopérations opérationnelles pragmatiques et maîtrisées, qui permettront de dynamiser la relation avec nos partenaires les plus capables militairement et de renforcer notre interopérabilité dans l’ensemble des scénarios d’engagement de nos forces ».

 

Il faut simplement noter qu’à l’exception de la Belgique qui a opté pour le système Scorpion, aucun état européen n’a acheté le Rafale, mais lui a préféré soit l’Eurofighter, concurrent de celui-ci, soit le  F16 puis le F35 américains. Que dire des Marines européennes  dont les frégates ou équivalents destroyers sont toutes de modèles différents (à l’exception des Fremm franco-italienne, dont on connait la saga). Pire encore,   la  Grande-Bretagne a opté pour des porte-avions (dont l’un est sans équipage) de type stobar et non catobar, ce qui a été fait pour éliminer dès l’étape de la conception le Rafale Marine et de favoriser le  Lockheed Martin F-35 Lightning II. Sans parler de la Pologne et des ex-pays de l’est qui tous se sont tournés vers les Etats-Unis et l’Otan pour leur défense.

 

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L’Europe de la défense est un leurre, chacun le sait, mais les politiques qui nous gouvernent font semblant d’y croire afin de cacher nos obsolescences et nos déficits capacitaires. Si l’Europe avait misé sur une coopération sincère et équilibrée,  nous aurions aujourd’hui des moyens militaires suffisants pour assurer notre sécurité de manière indépendante,  ce qui  n’est pas le cas.

 

Comment donc  assurer cette interopérabilité, alors que nous sommes incapables de concevoir une politique industrielle de la défense commune et  une politique étrangère de convergence, à l’exception de celle qui consiste à mettre la Russie dans le camp des adversaires, alors que celle-ci un temps nous a tendu la main ? Voilà une belle occasion qui fut perdue, celle de réaliser une Europe des confluences de l’Oural à la pointe de la Bretagne. Les générations futures vont payer  très cher cette occasion manquée, une « connerie » j’assume le mot.

 

Un autre point d’inquiétude est celui des contrats opérationnels et du dimensionnement de nos engagements, à la fois dans une opération majeure de coercition et dans le maintien d’un niveau adapté sur les théâtres de gestion de crise déjà ouverts. Bref,  comment concilier un engagement de haute intensité face à un ennemi dont l’organisation et la technicité nous seraient comparables et un engagement de type  hybride ?

 

L’engagement sur  trois théâtres simultané, afin d’assumer les responsabilités de la France dans l’espace euro-méditerranéen ou en Afrique, est-il compatible avec celui qui nous engage dans le respect des accords de défense collective (au titre de l’article 5 du traité de l’Atlantique Nord et du 7 de l’article 42 du traité sur l’Union européenne) ? Comment disposer en permanence d’une capacité de réponse immédiate aux crises, en maintenant un échelon national d’urgence en alerte (réservoir de forces de 5 000 militaires et équipements dédiés à l’intervention d’urgence) et en disposant d’une capacité de frappe immédiate à partir de nos moyens déployés outre-mer ou sur le territoire national, tout en étant capable  de mener une opération de coercition majeure en coalition ?  

 

Cette ambition est celle qui est inscrite à l’horizon 2030, ce qui du coup relativise les objectifs à atteindre pour 2025. Dans cet embrouillamini on s’y perd un peu.  

 

La loi prévoit  pour 2030 afin de répondre à ces impératifs, « un état-major interarmées de niveau stratégique, un état-major de niveau opératif et les systèmes de commandement associés, ainsi que des moyens de renseignement interarmées, de guerre électronique, de soutien santé, munitions et pétrolier, cyber et soutien de l’homme adaptés aux opérations menées ; ainsi que des moyens de renseignement interarmées, de guerre électronique, de soutien santé, munitions et pétrolier, cyber et soutien de l’homme adaptés aux opérations menées. »  

 

« C’est à dire l’équivalent d’une brigade interarmes  de 6 000 à 7 000 hommes), incluant 4 groupements tactiques interarmes (GTIA), 1 bataillon du génie, 1 à 2 groupements d’artillerie, 1 à 2 groupements aéromobiles, 1 groupement de renseignement multi-capteurs, 1 groupement de transmissions et jusqu’à 3 groupements logistiques.

 

Ainsi que le porte-avions (hors arrêt technique majeur avec son groupe aérien, ainsi que des capacités amphibies incluant 1 à 2 bâtiments de projection et de commandement (BPC). Les escortes incluront jusqu’à 6 frégates et un patrouilleur, jusqu’à 3 avions de patrouille maritime (ATL2), 1 à 2 pétroliers ravitailleurs, 1 sous-marin nucléaire d’attaque et 1 groupe de guerre des mines. Ces moyens s’appuient sur les éléments constituant l’échelon national d’urgence (ENU) ;

 

Enfin, l’équivalent de 2 à 3 bases aériennes projetées incluant leur poste de commandement air (PC Air), 14 avions de chasse, 4 avions de ravitaillement en vol MRTT, 5 avions de transport tactique, jusqu’à 6 systèmes de drones moyenne altitude longue endurance - MALE (dont l’armement programmé permettra d’élargir le champ d’emploi opérationnel), 1 à 2 plot d’hélicoptères de manœuvre pour les missions de recherche et sauvetage au combat (RESCO) et jusqu’à 7 avions légers de surveillance et de reconnaissance (ALSR). (En 2025 nous n’en aurons que 2). Pour les forces spéciales, 2 groupements et un détachement de forces spéciales, 2 plots hélicoptères et des avions de transport tactique. Une  composante « cyber ».

 

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Or, ce n’est qu’en déshabillant Paul qu’on arriverait  à habiller Jacques. Faut-il rappeler que nos BPC sont armés par des moyens aériens pris sur les moyens de l’ALAT, lesquels sont réduits à leur plus simple expression. (67 Tigre sur les 80 prévus en 2013, et 74 TTH Caïman). Aucun hélicoptère lourd n’est prévu. Or,  lorsque tactiquement on place la mobilité comme l’alpha et l’oméga du combat moderne,  la moindre des choses et de porter l’effort sur  les moyens de l’ubiquité qui nous fait tant défaut.

  

La loi indique que dans le cadre d’un engagement  dans une opération majeure de coercition, les armées devront être capables de mener, en coalition, sur un théâtre d’engagement unique, une opération à dominante de coercition, dans un contexte de combats de haute intensité.

 

Et dans ce cas la France engagerait  «  une capacité de commandement terrestre de niveau corps d’armée (CRR-FR) avec  les moyens organiques de nature à permettre d’assumer les responsabilités de Nation-cadre correspondant au niveau divisionnaire (systèmes de commandement, renseignement, logistique…). Jusqu’à 2 brigades interarmes représentant environ 15 000 hommes des forces terrestres, mettant en œuvre près d’un millier de véhicules de combat (dont environ 140 LECLERC, 130 JAGUAR et 800 véhicules de combat d’infanterie), 64 hélicoptères et 48 CAESAR, susceptibles d’être renforcées par des brigades alliées pour constituer une division de type OTAN.

 

Une capacité de commandement d’opérations aériennes de type Joint Force Air Command (JFAC), jusqu’à 45 avions de chasse hors groupe aérien embarqué, 9 avions de transport stratégique et de ravitaillement, 16 avions de transport tactique, 4 systèmes de drones armés, jusqu’à 4 avions légers de surveillance et de reconnaissance (ALSR), 2 à 3 bases aériennes projetées, des moyens de défense anti-aérienne de théâtre, des moyens de sauvetage au combat.

 

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 SIRPA Air

 

 Et une capacité de commandement de force navale à la mer, composée du porte-avions (hors arrêt technique majeur) avec son groupe aérien, ainsi que 2 bâtiments de projection et de commandement, jusqu’à 8 frégates (frégates multi-missions - FREMM, frégates de défense aérienne – FDA ou frégates de taille intermédiaire – FTI), 2 sous-marins nucléaires d’attaque de type Suffren, 5 avions de patrouille maritime et des moyens de guerre des mines et de ravitaillement à la mer ; et bien entendu, des forces spéciales s’appuyant sur des capacités adaptées (PC de composante SOCC (2), véhicules tactiques protégés, avions de transport tactique, hélicoptères, insertion maritime avec moyens de mise en œuvre associés, drones tactiques polyvalents et ISR…) sans oublier une capacité cyber.

 

 

 

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 photo  journal Le Marin:   patrouilleur lieutenant de vaisseau le Hénaff

 

 

 

 

En même temps, un échelon d’alerte doit permettre de mettre sur pied une force interarmées de réaction immédiate (FIRI) de 2 300 hommes. Cette force sera projetable à 3 000 km du territoire national ou depuis une implantation à l’étranger, dans un délai de 7 jours. Avant ce délai, la France restera capable de mener de façon immédiate (moins de 48 heures) et autonome des frappes dans la profondeur par des moyens aériens et navals. »

 

Tout cela repose en réalité sur une force terrestre non extensible, de 77000 hommes déployable à l’extérieur comme sur le territoire national, comprenant un état-major de commandement de niveau corps d’armée (CRR-FR), les forces spéciales terrestres, une force interarmes SCORPION à deux divisions englobant six brigades interarmes, une brigade d’aérocombat, des unités d’appui et de soutien opérationnel, les unités prépositionnées à l’étranger et celles implantées dans les outre-mer, ainsi que la contribution française à la brigade franco-allemande. Les six brigades interarmes seront articulées en trois composantes complémentaires (blindée, médiane et légère) qui garantiront l’aptitude à s’engager sur tout le spectre des opérations, y compris dans l’urgence.

 

Ces forces disposeront à l’horizon 2030 d’équipements de 4e génération, comprenant  en tout et pour tout, 200 chars de combat Leclerc, 300 blindés médians Jaguar, 3 479 véhicules blindés modulaires et de combat VBCI –Griffon -VBML, 147 hélicoptères de reconnaissance et d’attaque, 115 hélicoptères de manœuvre, 109 canons de 155 mm Caesar, 13 systèmes de lance-roquettes unitaire, 7 020 véhicules de mobilité tactique et logistique, et une trentaine de drones tactiques. En 2025, la moitié du segment médian SCORPION aura été livrée.

 

En réalité cette force ne sera jamais en capacité d’être engagée à 100%, si on tient compte d’un taux de MCO à 60% ce qui est optimiste. C’est trop juste, pour le cas d’un engagement sur 3 théâtres  opérationnels dont au moins un de haute intensité.

 

Il en est de même pour  les forces navales qui  comprendront  or les 4 sous-marins nucléaires lanceurs d’engins, 6 sous-marins nucléaires d’attaque, 1 porte-avions nucléaire, 40 avions de chasse et 3 avions de guet aérien embarqués, 15 frégates de premier rang, 3 bâtiments de projection et de commandement, 18 avions de patrouille maritime rénovés, 4 pétroliers ravitailleurs, 27 hélicoptères à vocation anti-sous-marine, 49 hélicoptères légers pour l’éclairage, le combat naval et la sauvegarde maritime, ainsi qu’une quinzaine de drones à décollage vertical, des bâtiments du segment médian, 19 patrouilleurs, des avions de surveillance et d’intervention maritimes, ainsi que des capacités de lutte contre les mines maritimes.

 

Même remarque pour l’armée de l’air  qui mettra ainsi en œuvre si tout va bien et à l’horizon 2030, un système de commandement et de contrôle des opérations aériennes (SCCOA) rénové, 185 avions de chasse polyvalents, 53 avions de transport tactique dont des A400M, 4 avions de détection et de contrôle aérien, 15 avions ravitailleurs multirôles (MRTT), 40 hélicoptères légers, 36 hélicoptères de manœuvre, 8 systèmes de drones de surveillance moyenne altitude et longue endurance (MALE), 8 avions légers de surveillance et de reconnaissance (ALSR), 3 avions de renseignement et de guerre électronique ainsi que 8 systèmes sol-air de moyenne portée.

 

La complexité des engagements à venir, la multiplicité des familles d’engins, pour l’armée de terre pas moins de cinq familles de véhicules à roue (non-amphibies) qui tous sont passés de 10 à 30 tonnes, et une impasse incompréhensible sur la nécessité d’un vrai véhicule de combat de haute intensité comparable au BMPT terminator capable d’accompagner les chars Leclerc ne font que renforcer l’idée que cette loi de programmation à hauteur d’homme manque singulièrement de hauteur tout court.

 

Elle sera nécessairement revue à la baisse au gré des fluctuations politiques à venir et des pilotages de courte vue de Bercy. Il est indéniable que les Etats-Majors ont lâché sur bien des points afin de sauver l’essentiel.

 

L’horizon étant cette ligne imaginaire qui recule à mesure qu’on avance, l’horizon 2025 parait bien loin. Quant à deviner 2030, cela me fait penser à un texte de Jean Rouaud, dans "Les Champs d'honneur " -Le vent complice poussait la brume verte en direction des lignes françaises, pesamment plaquée au sol, grand corps mou épousant les moindres aspérités du terrain, s’engouffrant dans les caractères, avalant les bosses et les frises de barbelés, verticale comme celle en mer Rouge qui engloutit les chars de l’armée du pharaon-

 

 D’ici là espérons que le monde ne devienne pas plus fou qu’il ne l’est aujourd’hui.

 

A suivre...

 

 Roland Pietrini

 

Référence : Objectifs de la politique de défense et programmation financière

http://www.assemblee-nationale.fr/15/ta/tap0104.pdf

 

 



08/04/2018
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