ATHENA-DEFENSE

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Tir du M51. Une répétition qui a foiré ? Le général Copel (1) avait-il raison ?

 



 

Les causes de  l’échec  du  tir du missile M51 ne seront bien entendues pas divulgué pour des raisons évidentes de sécurité. Mais peut-on raisonnablement relativiser cet échec ?

 

 

 

Certes, d’autres puissances et non des moindres, USA, URSS, Chine, pour ne citer que celles-ci, ont essuyé d’autres échecs tout aussi cuisants. Mais avons-nous aujourd’hui la capacité à continuer un tel choix d’indépendance stratégique ? Cette indépendance n’est-elle pas un leurre ? Une ligne Maginot nouvelle ? 

 

Le M51 équipe deux SNLE sur 4, en fait sur 3, puisque le nombre de M51 ne donnera la possibilité d’équiper que 3 sous-marins sur 4, puisque, quoi qu’il arrive, il ne sera jamais possible de maintenir à la mer 4 sous-marins en patrouille. Actuellement un, voire deux, dans le cas de crise mondial majeur 3.

 

Dans ce cas précis,  il s’agissait d’un tir en condition opérationnelle complet, le premier du genre, puisqu’il était effectué à partie d’un SNLE en plongée. La chaîne de commandement avec le président de la république appuyant sur le « bouton » ( fictif puisqu’il s’agit d’un code informatique ).  Il s'agissait de confirmer que le système d'arme était bien opérationnel, c'est-à-dire,  en capacité d'exécuter l'ordre de tir présidentiel.

Selon Jean Guisnel  toujours très bien informé du Point, « , Le Vigilant avait rejoint en janvier 2011 les ateliers de DCNS dans la base navale de Brest pour y être adapté au nouveau missile M51. Il avait retrouvé sa base nucléaire de l'île Longue, de l'autre côté de la rade, le 22 octobre 2012. Il se préparait depuis près de six mois à ce tir de validation, qui a échoué hier. Pourra-t-il être admis à reprendre ses patrouilles ? Retournera-t-il à l'atelier pour plusieurs mois ? Questions auxquelles la Défense ne répond pas. Pas plus qu'aux autres, d'ailleurs... »

 

La minimisation de l’échec est de mise auprès du ministère de la défense, on peut le comprendre. Mais en tant que citoyen éclairé et concerné, il convient de s’inquiéter, modérément  certes, mais réellement,  sur la perspicacité  de nos choix. D’ailleurs,   en 2003, le général Copel  ( général d’armée aérienne) conteste dans un ouvrage, le remplacement du M45 par le M51 ainsi que le format de la FOST à 4 SNLE.

 

 Selon le général  Copel, « remplacer les M45 par les M51 n'est pas un progrès. C'est une régression. Qui nous coûtera environ 15 milliards d'euros »

Cette critique de la dissuasion nucléaire se justifie par des motifs économiques (« défense civile, modernisation des Armées et réduction du déficit de l'État ») et stratégiques :

« La première est que les missiles M45 qui sont en train d'équiper nos sous-marins nucléaires sont de véritables bijoux. Ils bénéficient de toutes les aides à la pénétration les plus modernes, leur portée est telle qu'un seul sous-marin pourrait menacer, en même temps, à la fois New York, Alger et Moscou, leur fiabilité est excellente [...]. La deuxième raison qui montre que nous n'avons aucune raison de changer nos missiles est que, depuis l'effondrement du monde soviétique, personne ne dispose de système d'interception de missiles balistiques. Mieux, personne ne développe de tels systèmes. Même pas les Américains pour faire face à des missiles nettement moins sophistiqués que nos missiles M45. Certes, les États-Unis ont assez régulièrement des projets de défense antimissiles, mais ils ne passent pas à l'acte, tant il est difficile et coûteux d'intercepter un missile balistique arrivant de la stratosphère à plusieurs milliers de mètres par seconde [...]. Dans ces conditions, il est clair qu'il n'y a aucune raison opérationnelle de dépenser des milliards pour remplacer nos missiles M45 par de nouveaux missiles M51 [...] dont on ne pourra même pas tester les têtes nucléaires, puisque c'est maintenant interdit ! »

 

 

 

Trop facile de dire que c’est la faute à pas de chance.  A lire absolument ?

 

http://www.lepoint.fr/editos-du-point/jean-guisnel/echec-du-m51-la-chaine-nucleaire-aux-abris-06-05-2013-1663991_53.php

 

Faut-il s’inquiéter ?  Mais comme d’habitude le silence des communicants ne renforce pas la quiétude des vulgum pecus que nous sommes.


(1) Étienne Copel (né le 14 septembre 1935). Sa  carrière d'officier  a été  des plus brillante. En 1981, il est  le plus jeune général français en exercice. Il fut l'un des trois pilotes d'avion de chasse qui ont effectué le largage d'une bombe atomique pour des essais à Moruroa. En 1973. Il se rendit célèbre en 1984 en démissionnant de son poste de sous-chef d'état-major de l'armée de l'air, afin de pouvoir exprimer librement sa conception de la politique de défense de la France et publier son premier livre.

 

 

 



19/05/2013
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