ATHENA-DEFENSE

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A propos de drone et de politique européenne

 

Serions nous devenus à l’image de certains de nos alliés pragmatiques ? De réflexion en réflexion, notre culture fait que nous sommes constamment dans le conceptuel à défaut d’être dans le réel.  Le Reaper est la version combattante du Predator. Il a la capacité, dans certaines configurations, de se transformer en véritable petit bombardier lorsqu’il est équipé de bombes guidées laser Paveway II. Mais cet engin sans pilote est contrairement aux chasseurs-bombardiers de 2° et 3° génération une arme d’opportunité, c’est à dire capable de traiter un objectif en temps réel.. Mais notre pragmatisme n’ira pas jusque là, ce serait aller trop vite, nous ne sommes pas prêts d’abandonner notre concept de mettre un homme actif et conscient dans la boucle,  c’est  à dire capable jusqu’à la dernière seconde d’annuler un tir. Mais pourquoi nous priver de cette capacité ? Nos drones serviront donc essentiellement au recueil du renseignement, à moins que ?  Nous finirons, comme toujours avec un certain retard, par nous rallier à ce concept. Cette évolution est inéluctable. Je note que l’Italie, qui n’a pas les mêmes prétentions universelles que la France, possèdent déjà des  Reapers, la Grande Bretagne qui en utilise 3 en Afghanistan à l’intention d’en acquérir 10 supplémentaires. Nous en aurons quatre… Nous sommes donc loin d’être leader en la matière, c’est le moins que l’on puisse dire , alors que nous possédons le réseau satellitaire nécessaire et les structures de commandement . Il manque une certaine forme de volonté.  Or le drone armé a changé la stratégie, il est désormais possible de manière discrète, certain diront de manière illégale d’intervenir, sans mettre en péril des pilotes en des zones instables où toute règle internationale est vaine.  Désormais les drones peuvent intervenir en meute comme ils l’ont fait récemment au Pakistan. 8 drones auraient tiré 18 missiles sur des insurgés afghans en zone tribale à la frontière du Pakistan et de l’Afghanistan lors d’une opération montée et préparée de longue date.   http://www.lepoint.fr/actualites-monde/2010-02-03/pakistan-desormais-les-drones-americains-chassent-en-meute/1648/0/420144. Quant à la politique industrielle à l’échelle de l’Europe, « Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant l'Europe ! l'Europe ! l'Europe !... Mais cela n'aboutit à rien et cela ne signifie rien" de Gaulle le 14 décembre 1965, elle est décevante. A force de vouloir penser Europe et parler Europe en faisant semblant d’y croire, on reporte des décisions de R§D qui nous mettent dans une infériorité stratégique. La France et singulièrement l’Europe ont raté la révolution drone.  Nous sommes en retard technologiquement et industriellement, loin derrière les Américains et les Israéliens. C’est un fait, mais plus grave nous avons tergiversé et mal intégré l’apport tactique et stratégique représenté par cette révolution.

 

Le Talarion est condamné. Il est trop cher, trop perfectionné et arrive  trop tard. http://www.aeroplans.fr/Drones/etau-resserre-talarion-eads.html.  Ce  projet est une usine à gaz qui est bien trop complexe à mettre en place, d’autant plus que l’on sait d’avance,  que certains pays européens ne suivront pas ou se retireront du projet faute de moyens.

Ce choix français pour un drone américain, guidé par l’urgence,  est donc plus l’aveu d’un échec que celui  de la mise en place d’une alternative militaro-industriel. Il faut être conscient que nous ne pouvons plus suivre toutes les voies de la recherche. Plus de la moitié du budget de recherche et développement (R &D)  des États-Unis est affecté à la défense. Au Royaume-Uni, le budget de R&D en matière de défense représente plus du tiers de l’ensemble des dépenses publiques de recherche tandis qu’en France comme en Espagne, il s’élève à environ un quart du total. En 1999, les États-Unis ont affecté 0,45 % de leur PIB à la R&D en matière de défense. Le Royaume-Uni et la France se classent juste derrière avec respectivement 0,26 % et 0,22 %.  Nous sommes donc, et cela est un fait,  un petit pays avec de petits moyens, très loin des efforts que nous avions pu réaliser à une certaine époque lors de la création de notre force de frappe et de notre industrie nucléaire.. Nous sommes nus et désarmés, incapables d’agir en toute indépendance.   L’Europe puissance est un leurre, cela n’intéresse personne, et surtout n’intéresse pas les pays membres de cette Europe sans projet, incapable de se protéger et d’avoir une vision d’avenir. 

 



04/03/2011

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