ATHENA-DEFENSE

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A propos de la guerre

Je pense que tous, nous entretenons de la confusion dans la définition des règles qui régissent les conflits. Globalement je suis d’accord avec O. Kempf, (http://www.egeablog.net/dotclear/index.php?post/2011/12/11/Strat%C3%A9gie-indirecte&pub=0 ) avec cependant quelques nuances.

Par exemple, je ne suis pas certain que l’époque de la guerre froide ne généra que des affrontements de stratégie indirecte. De Sun Zi à Wesley Clark, il y a belle lurette que l’on fait ou que l’on subit de la stratégie indirecte ou de la stratégie « déportée » ailleurs ou sous d’autres formes. Hervé COUTEAU BEGARIE écrit dans son Traité de stratégie que "la stratégie d'anéantissement est, par essence, une stratégie directe puisque son but est la destruction de l'ennemi dans ses forces vives. La stratégie d'usure, en revanche, peut être directe ou indirecte : directe lorsqu'elle s'attaque à la force principale de l'ennemi, qu'elle va ébranler par des coups successifs ; indirecte, lorsqu'elle est mise en oeuvre contre des forces secondaires ou sur des théâtres périphériques." Il y aurait donc une stratégie d’anéantissement et une stratégie d’usure.  La période de la guerre froide ne  fût-elle pas celle d’une stratégie d’usure de bloc à bloc ? Dont les objectifs furent autant ceux appartenant à la force principale de l’ennemi donc directe.  S’il n’y a eu d’affrontement direct,  toutes les forces des deux camps furent dimensionnées, entraînées, avec un outil militaro-industriel fabriqué dans ce sens, et ce,  malgré la dissuasion, laquelle je vous l’accorde a rempli son rôle de repoussoir par l’horreur qu’elle implique et donc la vertu par la peur qu’elle génère.   

 

En fait et vous avez raison, si on s’abstient de prononcer le mot guerre,  un certain nombre de conflits historiques deviennent étrangement contemporains. Mais il est commode d’user de ce mot et de s’en accommoder.  La chute du système bipolaire n’a pas changé le conceptuel de la dissuasion mais en a changé sa finalité, tout simplement parce qu’un certain nombre d’effets dissuasifs en sont devenus caduc et qu’il n’est pas du tout politiquement correct de simplement l’évoquer. –Stratégie du contournement du nucléaire- Autre point sur lequel j’ai une approche nuancée,  c’est celle de la perception de ce que fût l’affrontement entre les deux blocs. Pour avoir « vécu » en RDA puis en Pologne lors de la crise des Euromissiles, pour avoir suivi le retrait Brejnev formidable tentative de désinformation,  l’invasion de l’Afghanistan, et la tension en Europe de l’Est qui s’en suivit,  la préparation militaire de l’intervention du pacte de Varsovie à partir de la RDA à l’encontre de la Pologne et en Pologne, la fin de l’Etat de siège, il me semble que ce conflit dit froid utilisait d’une certaine manière tout ce qui fût dénommé par la suite asymétrie.  C’est à dire, l’espionnage, le terrorisme d’Etat, la propagande, la désinformation, la manipulation, les tentatives de  déstabilisation, la résistance à l’ordre établi. Si la guerre asymétrique est une guerre par laquelle un bloc, disons un pays, faute de mieux,  essaye de déstabiliser l’autre par des moyens non conventionnels et par conflits interposés, alors la guerre froide en fût une période riche. Si la guerre dissymétrique est celle du faible au fort dans le cadre d'une guerre régulière avec des cibles militaires, il me semble que la guerre du Vietnam pour ne citer que celle-ci correspond à ces critères. Piraterie, mafias narcotiques, criminalité internationale, guerre économique, guerre médiatique à l’exception de la cyberguerre,  sont autant de modalités pas si nouvelles  que cela des conflits d’aujourd’hui.

 

Le livre blanc en n’établissant  aucune  hiérarchie dans les risques rajoute de la confusion à la complexité. La stratégie indirecte n’est jamais totalement passée par des voies uniquement militaires, mais il me semble que la guerre, et l’on pourrait s’accorder sur ce mot, inclut toutes les formes de luttes, économiques, financières, cyber.. Et militaire.. Tous les grands stratèges d’Alexandre à Bonaparte l’avaient compris, ce qui a inclue tout autant leur défaite, ce qui reste une constance à méditer, aucun stratège si doué soit-il n’a survécu à ses propres victoires.  



12/12/2011

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