ATHENA-DEFENSE

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Armée de terre française, le niveau capacitaire

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Yemen 

 

Un autre point mérite aussi réflexion, celui du niveau capacitaire face aux menaces et particulièrement celui de nos deux brigades blindées.

 

La relecture de la loi relative à la programmation militaire  pour les années 2019 à 2025 permet d’en refixer le cadre.

« Les forces aéroterrestres reposeront sur des unités adaptées à l’évolution de la menace. Elles s’appuieront sur une force opérationnelle terrestre de 77 000 hommes, déployable à l’extérieur comme sur le territoire national … »

« En matière d’équipements, ces forces disposeront à l’horizon 2030 d’équipements de 4e génération, comprenant 200 chars de combat, 300 blindés médians, 3 479 véhicules blindés modulaires et de combat, 147 hélicoptères de reconnaissance et d’attaque, 115 hélicoptères de manœuvre, 109 canons de 155 mm, 13 systèmes de lance- roquettes unitaire, 7 020 véhicules de mobilité tactique et logistique, et une trentaine de drones tactiques. En 2025, la moitié du segment médian SCORPION aura été livrée » (1)

 

Ainsi, sur le papier, et seulement dans dix ans au mieux, notre armée de terre, essentiellement le secteur médian, sera profondément renouvelée pour les trente années suivantes, (au bas mot jusqu’en 2060) et c’est bien à ce niveau de temporalité que se situe le problème.

 

 

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Cette armée de terre,  grâce aux brigades Scorpion, sera encore plus souple, plus efficace mais avec toujours un certain nombre de trous capacitaires biens identifiés et connus, (pas d’hélicoptères lourds, aucune artillerie de saturation type LRM, un manque de munitions et de missiles SA et SS pérenne, une protection face au danger aérien insuffisante, des moyens de franchissement insuffisants, une sous-capacité amphibie pour les unités de reconnaissance et de débarquement  et une absence de véritables blindés d’accompagnement chenillés fortement armées pour nos chars, ce qui fait que, dans l’hypothèse d’un engagement de haute intensité,  nous resterons une armée relativement sous-calibrée sans capacité de résilience faute de réserves, une armée « qui ne serait pas de guerre » pour plagier les récentes déclaration du CEMA.

 

Certes, le corps terrestre sera plus connecté, a priori plus efficace, mais plus sensible aux cyberattaques et aux contre mesures électroniques, avec des aptitudes marquées au combat collaboratif qui ne sauraient être l’alpha et l’oméga du combat futur.  Car quelles que soit ses capacités nouvelles, ce corps de bataille continuera de manquer singulièrement de volume et de muscle.

 

Bref, une armée de terre aux dimensions modestes, incapable de se régénérer après un premier choc majeur dans laquelle on a intégré faute de mieux les régiments Leclerc dans le système Scorpion, au lieu d'en faire la colonne vertébrale d'un réel corps blindé de rupture. 

 

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Ce constat est d’ailleurs tout aussi vrai pour notre Marine en manque de frégates et notre Armée de l’air en manque de chasseurs, de transporteurs, de drones male....

 

La Revue stratégique d’octobre 2017 n’avait pas changé fondamentalement le livre blanc de 2013 et avait identifié un certain nombre de menaces.

 

Il n’est pas inutile de rappeler qu’elle confirmait que le terrorisme jihadiste demeurerait une menace prioritaire, tout en constatant que les grandes puissances accéléraient aussi leurs efforts de modernisation ou de rattrapage technologique en les concentrant notamment sur les systèmes de haute technologie, mais en oubliant de préciser l’accroissement exponentielle des volumes de forces.

 

 

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Par ailleurs, et avec beaucoup de retard, la revue stratégique constatait le renouveau des capacités de défense russe qui s’accompagnerait d’une politique d’affirmation militaire à l’égard de son voisinage et d’un recours préoccupant à des formes d’intimidation stratégique, sans préciser que la Russie était l’héritière de l’armée rouge et avait su conserver et améliorer les matériels existants en nombre tout en évoluant peu sur sa stratégie basée essentiellement sur l’effet de masse sans aucun trou capacitaire.

L’armée russe d’aujourd’hui atteint un niveau tout à fait comparable sur le plan technique au notre, voire nous devance dans de nombreux domaines, la masse en plus et a prouvé une singulière adaptation aux conflits modernes, en Crimée, dans le Donbass et en Syrie.

 


 

Enfin et ce n’est pas le sujet le moins important et compte tenu de nos intérêts majeurs, le développement des capacités militaires chinoises (tous les ans la Chine construit l’équivalent du tonnage de la flotte française), accroit les tensions et fragilise les équilibres régionaux. Toutes « ces évolutions favorisent un durcissement généralisé des conflits, dégradant les conditions d’engagement des forces françaises et de leurs alliés, désormais confrontés à des adversaires potentiels mieux armés et équipés ».

 

Cela a le mérite d’être dit,  mais objectivement nous avons pris un tel retard cumulé qu’il sera difficile de le combler compte tenu de l’urgence de la situation reconnue par l’ensemble des acteurs et des responsables militaires de nos Armées.

 

C’est un peu comme tenter de rattraper dans une course à pied un compétiteur qui court sur ses deux jambes, alors que vous avez un pied dans le plâtre et l’autre avec un boulet.   

 

 

Les récentes déclaration du général Lecointre,  chef d’Etat-Major des Armées,  devant la représentation nationale vont dans ce sens : « Je me dois de vous sensibiliser au retour du fait guerrier », a-t-il lancé. « C’est la « conséquence de la dégradation de l’environnement international et de l’ensauvagement du monde, qui s’expliquent eux-mêmes par plusieurs facteurs d’instabilité » « Quoi qu’il en soit, les armées françaises font face – où auront à faire face – à quatre types de conflit », et de citer les conflits asymétriques, de crises et d’effondrement des états, de dissymétriques qui peuvent se décliner en plusieurs gradations et enfin classiques.

 

C’est face à ces derniers types de conflits classiques que le général Lecointre confie son inquiétude en décrivant le processus d’affaiblissement qui est le nôtre. Je cite : « en voulant encaisser les « dividendes de la paix », on « a déconstruit un outil militaire pensé pour un affrontement classique de grande intensité » et « on en a fait un outil de gestion de crise… qui n’est qu’un outil de gestion de crise », a-t-il souligné, « les types de conflits qui se présentent à nous nous font nous interroger sur la nécessité de reconstruire une armée de guerre ».

 

L’armée de terre française depuis la fin des années quatre-vingt-dix est une armée professionnelle réactive, hautement opérationnelle en partie, mais une armée relativement légère, plutôt de projection, sous appuyée, sous-blindée et sous-calibrée pour un affrontement de haute intensité.

 

Elle est en fait bien moins mobile sur le territoire européen qu’elle ne l’était lors de la guerre froide avec des moyens de franchissement réduits, un abandon total des capacités amphibies;  notamment dans le domaine de la reconnaissance et du renseignement et cela pose de vraies questions. (2)

 

Par ailleurs, le contrat opérationnel n’est plus tenable dans les conditions d’engagement d’aujourd’hui et ne le sera pas dans l’avenir. (3)

 

Ce contrat prévoit la capacité d’un engagement simultané sur trois théâtres, deux comparables à celui du Mali et un sur un engagement en Europe face à un ennemi symétrique. Dans ces conditions le contrat n’est pas tenable avec les moyens réels d’aujourd’hui.

 

Une Marine à un seul et unique porte-avions, à 15 frégates et 6 SNA hors Forces Stratégiques, dans l’armée de l’air un volume d’avions de chasse qui se stabilisait à 200 avions de combat rénovés ou de nouvelle génération en 2018, et à 185 dans les années post 2020, dans l’armée de terre une force blindée à 200 Leclerc sur les 406 reçus, etc…

 

Il y a quelques chose qui tiendrait du miracle si nous devions tenir sur tous les fronts et dans le domaine guerrier, le miracle est rarement un paramètre sur lequel on peut compter. Les 77 000 hommes de nos forces terrestres ne peuvent dégager au mieux que 25000 combattants effectifs sur le terrain. Au Mali sur les 4500 hommes engagés seuls 2000 sont de réels combattants. (CEMA)

  

Quant au matériels, en tenant compte d’un MCO optimiste, nous pourrions tabler dans le meilleur  des cas sur 60 pour cent de disponibilité immédiate…

 

En tenant compte de ces constats objectifs et au fait qu’en 2030 le segment médian Scorpion sera entièrement opérationnel, il est urgent de s’intéresser au segment plus lourd, au corps blindé limité aux deux seules brigades, la 7° BB et la 2°BB.

  

En partant de l’hypothèse que ces deux brigades blindés Leclerc pourraient être engagées sans que l’on ait la certitude d’une couverture aérienne suffisante (la supériorité aérienne occidentale n’est plus garantie),  mais sous la menace d’attaques de missiles sol-sol et air-sol et de drones armées, son engagement face à un ennemi fortement blindé avec un rapport défavorable de 1 contre 3 nécessiterait un renforcement radical des moyens.

 

Depuis la disparition des Roland sur châssis AMX30 et des Crotales, la protection sol-air moyenne portée des forces terrestres n’est plus assurée, le Mistral étant un système courte portée incapable en l’état d’accompagner le rythme des unités de cavalerie et le système SAMP/T Mamba (Armée de l’Air) étant juste suffisant pour protéger nos bases à capacité nucléaire.

 

 

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L’abandon par l’armée de terre de sa protection sol-air longue portée et le trou capacitaire de sa protection moyenne portée devra être corrigé, comme d’ailleurs l’absence de LRM de type HIMARS ou LARS2 capable d’apporter un appui feu massif en coup d’arrêt face à un ennemi fortement blindé, le LRU en nombre plus que réduit (13) étant passé du domaine d’emploi tactique au domaine d’emploi quasiment stratégique.

 

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HIMARS

 

 

 

Par ailleurs, l’engagement des binômes Leclerc/VBL ou VBAE ne peut convaincre aucun stratège du brigadier au général. Un blindé d’accompagnement chenillé, type BMPT (4) fortement protégé à capacité multiple (anti- drone et anti-hélicoptères) devrait séduire les états-majors.  Il faut parfois avoir l’humilité de prendre en compte la réalité de ce qui se passe ailleurs et de sortir de nos certitudes de supériorité plus fantasmées que réelles.

 

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BMPT

 

 

Dans l’urgence et à moindre coût, il suffirait de récupérer quelques caisses de Leclerc (nous en possédons probablement au moins une centaine de stocké) sur lequel nous pourrions monter une tourelle possédant des missiles Air Defense Anti Tank System (comparable au MIM-146 ADATS).  Enfin le VBCI actuel apparait comme trop léger, le VBCI de type 2, dans sa version « IFV » (Infantry Fighting Vehicle) équipé du dernier développement de la tourelle CTA 40 mm, paraitrait plus adapté. Par ailleurs le VBAE sans capacité amphibie pour la reco pose un problème.

 

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The ADATS was the first weapon system to combine SAM and ATGM capabilities into a single missile battery, but proved problematic and unsuccessful

 

 

En ce qui concerne les appuis, leur renforcement devrait être prioritaire, tant dans le domaine de l’artillerie, (LRM, 155, Mepac) que dans le domaine d’un appui aérien dédié (hélicoptères Tigre). Les moyens génie devraient être aussi renforcés par des moyens de pontage capable de suivre ou de précéder les colonnes blindées, ainsi que des moyens de déminage modernes pyrotechniques. En outre, les moyens drones et robots terrestres devront être largement développés à basse de microdrones, minidrones et drones tactiques (5) armés reliés aux différentes déclinaisons des SICS.  

Nous pourrions ainsi imaginer une brigade blindée composées de :

-       un bataillon reco à 12 VBAE et 12 Jaguar

-       une section rens à base de  6 drones Patroller

-       une section de contre mesure électronique

-     deux régiments de chars Leclerc, chacun à un bataillon Leclerc à 41 chars et 1 bataillon à 41 engins blindé chenillés type ADATS ou BMPT, 20 VBAE (plus les moyens de commandement et  logistiques)

-      deux régiments d’infanterie équipés de 12 Jaguar,  41VBCI 2 IFV, 24 Griffon,  20 VBAE (plus les moyens de commandement et  logistiques)

-       un régiment d’artillerie équipé d’une batterie à 12 LRM (type LARS), deux batteries de 12 Caesar chacune, une batterie de18 MEPAC (détachés en partie dans les deux régiments d’infanterie), une batterie de 12 Mistral sur châssis Jaguar, 42 Griffon (plus les moyens de commandement et  logistiques)

-       Une escadrille d’hélicoptères de reconnaissance et de combat à 6 HLI et 6 Tigre et Caïman.

-     Un régiment de génie avec moyens de minage, déminage, franchissement pontage. (plus les moyens de commandement et  logistiques)

-        

Ce qui donnerait une brigade à 82 Leclerc, 83 blindés de type BMPT- 24 Jaguar, 52 VBAE, 82 VBCI 2, 66 Griffon - 12 LRM, 48 Caesar, 18 MEPAC - 12 HLI, 12Tigre et 12 Caïman - 6 EFA, 4 SPRAT, 200 mètres de pont. Des drones et robots terrestres, l’ensemble des moyens étant infovalorisés et aptes au combat collaboratif.

 

Après la revalorisation convaincante du secteur médian de notre armée de terre avec le programme Scorpion, ce serait une erreur de reporter à l’après 2030 la revalorisation de notre corps blindé pour lui donner muscle et cohérence.

 

Cette proposition n’est pas une provocation, elle a pour seul but de souligner les déficits les plus évidents. Elle est incomplète (le sujet des hélicoptères mériterait à lui seul une développement particulier) et ne tient pas compte d’une étude réelle de coût.

 

Mais je reste persuadé que l’urgence est d'actualite et que des solutions pour pallier nos déficiences existent et sont parfaitement réalisables dans des délais très courts (de 3 à 5 ans),  quitte à acheter sur étagère les moyens manquants qui ne justifieraient pas une construction nationale en petite série. 

 

C’est juste une question de volonté. Notre corps blindé a besoin de cet effort. Signe extrêmement positif, le commandement en est conscient, il en est temps.   

 

De Gaulle disait « Il n’y a de réussite que dans la vérité » cette vérité révélée est le début de la solution.

 

Quant à Pythagore il affirmait que le possible n’était pas si éloigné  du nécessaire… Nous savons désormais où se situe le nécessaire…

 

Roland Pietrini

 

LIENS: Armée de terre française, bilan 2019 et perspectives 2020-2025 

            Armée de terre comparaison n’est pas raison

 

 

 

(1)  Extrait du JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE du 14 juillet 2018 Texte 1 sur 160 concernant la LOI no 2018-607 du 13 juillet 2018 relative à la programmation militaire  pour les années 2019 à 2025 et portant diverses dispositions intéressant la défense

(2)  Le contrat opérationnel inscrit dans la loi, « impose qu’en matière de gestion des crises et d’intervention, les armées pourront être engagées dans la durée et simultanément sur trois théâtres d’opération, avec la capacité à assumer le rôle de Nation-cadre sur un théâtre et à être un contributeur majeur au sein d’une coalition. Cela se traduit par un état-major interarmées de niveau stratégique, un état-major de niveau opératif et les systèmes de commandement associés, ainsi que des moyens de renseignement interarmées, de guerre électronique, de soutien santé, munitions et pétrolier, cyber et soutien de l’homme adaptés aux opérations menées.

Soit  l’équivalent d’une brigade interarmes (6 000 à 7 000 hommes), incluant 4 groupements tactiques interarmes (GTIA), équipés de blindés modernisés, 1 bataillon du génie, 1 à 2 groupements d’artillerie, 1 à 2 groupements aéromobiles, 1 groupement de renseignement multi-capteurs, 1 groupement de transmissions et jusqu’à 3 groupements logistiques ; – le porte-avions (hors arrêt technique majeur) avec son groupe aérien, ainsi que des capacités amphibies incluant 1 à 2 bâtiments de projection et de commandement (BPC). Les escortes incluront jusqu’à 6 frégates et un patrouilleur, jusqu’à 3 avions de patrouille maritime (ATL2), 1 à 2 pétroliers ravitailleurs, 1 sous-marin nucléaire d’attaque et 1 groupe de guerre des mines. Ces moyens s’appuient sur les éléments constituant l’échelon national d’urgence (ENU).

En outre, l’armée de l’air devra prévoir la projection de 2 à 3 bases aériennes incluant leur poste de commandement air (PC Air), 14 avions de chasse, 4 avions de ravitaillement en vol MRTT, 5 avions de transport tactique, jusqu’à 6 systèmes de drones moyenne altitude longue endurance – MALE (dont l’armement programmé permettra d’élargir le champ d’emploi opérationnel), 1 à 2 avions de guerre électronique, 1 plot d’hélicoptères de manœuvre pour les missions de recherche et sauvetage au combat (RESCO) et jusqu’à 7 avions légers de surveillance et de reconnaissance (ALSR) ; – pour les forces spéciales, 2 groupements et un détachement de forces spéciales, 2 plots hélicoptères et des avions de transport tactique.

(3)  En faisant un rapide bilan, il s’agit donc d’engager une brigade interarmes complète sur six, avec un renforcement en appuis, transmissions, génie, artillerie, et logistique, le porte-avions, à condition qu’il soit disponible, (depuis son Iper qui l’aura immobilisé 17 mois ; il reprend enfin aujourd’hui la mer pour son premier vrai déploiement opérationnel depuis 3 ans). 6 frégates sur les 15 (prévus), 2 ravitailleurs sur 3 actuellement (4 en projet).  Pour l’armée de l’air la projection dépend aussi du nombre de pilotes et de mécaniciens formés et opérationnels. La facture serait-elle tenable si la France était aussi engagée simultanément dans une autre action majeur, ce qui est d’ailleurs prévu par la loi et dans ce cas, la facture est lourde.

Elle se traduit par un état-major interarmées de niveau stratégique, un état-major de niveau opératif et les systèmes de commandement associés, ainsi que des moyens de renseignement interarmées, de guerre électronique, une capacité de commandement d’un groupement de soutien interarmées de théâtre intégrant les soutiens santé, munitions et pétrolier, cyber et soutien de l’homme adaptés aux opérations menées ; – une capacité de commandement terrestre de niveau corps d’armée (CRR-FR [1]), et les moyens organiques de nature à permettre d’assumer les responsabilités de Nation-cadre correspondant au niveau divisionnaire (systèmes de commandement, renseignement, logistique…). Soit : « jusqu’à 2 brigades interarmes représentant environ 15 000 hommes des forces terrestres, mettant en œuvre près d’un millier de véhicules de combat (dont environ 140 LECLERC, 130 JAGUAR et 800 véhicules de combat d’infanterie), 64 hélicoptères et 48 CAESAR, susceptibles d’être renforcées par des brigades alliées pour constituer une division de type OTAN ; – une capacité de commandement d’opérations aériennes de type Joint Force Air Command (JFAC), jusqu’à 45 avions de chasse hors groupe aérien embarqué, 9 avions de transport stratégique et de ravitaillement, 16 avions de transport tactique, 4 systèmes de drones armés, jusqu’à 4 avions légers de surveillance et de reconnaissance (ALSR), 2 à 3 bases aériennes projetées, des moyens de défense anti-aérienne de théâtre, des moyens de sauvetage au combat ; une capacité de commandement de force navale à la mer avec une force navale composée du porte-avions (hors arrêt technique majeur) avec son groupe aérien, ainsi que 2 bâtiments de projection et de commandement, disposant de moyens de commandement à la mer et d’accompagnement intégrant jusqu’à 8 frégates (frégates multi-missions – FREMM, frégates de défense aérienne – FDA ou frégates de taille intermédiaire – FTI), 2 sous-marins nucléaires d’attaque de type Suffren, 5 avions de patrouille maritime et des moyens de guerre des mines et de ravitaillement à la mer ; – des forces spéciales s’appuyant sur des capacités adaptées (PC de composante SOCC, véhicules tactiques protégés, avions de transport tactique, hélicoptères, insertion maritime avec moyens de mise en œuvre associés, drones tactiques polyvalents et ISR…) ; – une composante « cyber. »

 

4- L'idée de concevoir le BMPT apparut aux Russes après la seconde guerre de Tchétchénie et les pertes importantes subies par les forces armées de la fédération de Russie en particulier lors des combats en localité et où ils apprirent à leurs dépens que les chars de combat principaux T-80 étaient bien trop vulnérables aux munitions HEAT comme la roquette RPG-7 ou le SPG-9 lors des combats urbains, où un tireur peut prendre le char par surprise sous un angle avantageux (et toucher la tourelle ou le compartiment moteur par le dessus). De plus le T-90 n'est équipé que d'un armement antichar, avec seulement une mitrailleuse et un fusil mitrailleur coaxial pour son auto-défense ce qui ne lui permet pas de lutter contre l’infanterie dans un contexte de guérilla. Les développeurs russes eurent alors l'idée d'un véhicule basé sur le châssis robuste du T-72, et doté d'un armement important et varié, spécialement conçu pour une efficacité maximale en combat urbain. Enfin devait s'ajouter à cela un système défensif très puissant.

le BMPT se voit doté de plusieurs systèmes d'armes différents :

 



02/02/2020
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