ATHENA-DEFENSE

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De l'alourdissement de la légère.....

Il est étonnant de voir à quel point il est difficile de se libérer du poids culturel de l’organisation d’une armée de terre en : Corps d’armée, divisions, brigades, et enfin régiments tous fiers d’appartenir à une subdivision d’arme différente et dont les membres étaient et sont encore, fortement persuadés de leur supériorité face à un ennemi qui par définition ne se préoccupe pas de la couleur des boutons de ceux qui leurs font face, mais éventuellement de leur efficacité.

 

Il n’y a pas si longtemps, Le 2° CA face aux GMO soviétiques était organisé de telle manière qu’il paraissait impensable à des niveaux inférieurs au régiment de créer des Groupements ou les appuis seraient parfaitement intégrés. Génie combat, Artillerie sol-sol et sol-air, unités blindés et d’infanterie.. Alors qu’en face le RFM et le RCM était déjà un véritable GTIA. Quant à la division soviétique, son organisation intégrait l’ensemble des appuis nécessaire à sa manœuvre.  Coté alliés, il en était de même. Nous étions, les seuls à conserver une organisation  héritière de notre passé et nourrie de nos certitudes parfois difficilement compréhensibles. J’ai  le souvenir de manœuvre en terrain libre, dans les années 80, où chaque régiment de subdivision d’arme se souciait finalement assez peu de la manœuvre de l’autre, jaloux de ses prérogatives et soucieux de son panache.

 

Fort heureusement, le pragmatisme anglo-saxon semble nous avoir atteints. Nécessité fait contrainte. Il a fallu de très nombreuses années pour se convaincre que l’outil de guerre est un outil où l’ensemble des armes se doivent de travailler ensemble. Je suis donc étonné de certaines réactions. Le parachutiste est d’abord un fantassin, éventuellement un cavalier dont la particularité est qu’il possède la capacité d’être mis en place par des moyens aériens.. Poser d’assaut ou parachute. Son matériel l’accompagnant ou étant mis en place par d’autres voies maritimes, terrestres ou aérienne.

 

Ainsi s’étonner que l’on « alourdisse » des unités réputées comme légères, est complètement dépassé. Cela obéit à une nécessité, celle de posséder simplement l’outil le mieux adapté, compte tenu de nos ressources aux conflits qui sont désormais les nôtres. Ne pas avoir une ou deux guerres de retard ….  Quant à mettre des Sagaies dans les régiments Leclerc, cela obéit à la simple nécessité d’entraîner les équipages en terrain libre. Moindre mal que de ne plus les entraîner du tout, faute de Chars disponibles et de moyens financiers. Je vois cela plutôt comme un signe de maturité. Ces ERC 90 ne seront d’ailleurs probablement pas opérationnels, et ne seront pas revalorisés  Mais cette maturité sera enfin atteinte lorsque définitivement la formation de l’officier sera inter-armes, lorsque leur gestion sera transversale, pour des unités qui seront entièrement intégrées dans une notion d’interarmisation et d’interopérabilité, consciente, voulue et souple. N’oublions pas ce sont les hommes qui font la valeur de l’outil, et non l’inverse. Il semble que nous soyons, malgré l’immense révolution en marche sur le chemin du simple bon sens.



07/11/2009
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