ATHENA-DEFENSE

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La marche de l'Armée Rouge

En 1945, l’objectif d’une division soviétique était de parcourir 20 km en 24 heures. Son effectif était alors de 5.000 hommes, essentiellement des fantassins qui montaient tant bien que mal sur les chars T 34. La surface occupée par la division représentait un carré d’environ 3 kilomètres sur 3. La doctrine était efficace mais son application  demandait une planification minutieuse : préparation de l’attaque par un déluge de feu d’artillerie, essentiellement de l’artillerie tractée qui se trouvait concentrée juste à l’arrière, suivi par un assaut des troupes. Les pertes étaient énormes.

L’armée rouge ne tenait d’ailleurs aucun compte du sacrifice de ses hommes et la division dans certaine phase d’assaut pouvait concentrer jusqu’à 500 soldats au km2.

Cette tactique était adaptée aux grandes plaines de Russie, de Biélorussie ou d’Ukraine. Elle était adaptée aussi à l’ennemi qui lui faisait face.

Au fur et à mesure de son avance en direction de l’occident,  l’Armée Rouge (Рабоче-крестьянская Красная Армия / l’armée rouge des ouvriers et paysans) se trouve face à une géographie différente : des terrains entrecoupés de fleuves et de rivières ainsi que de vastes zones urbaines. Lors de la bataille de Khourst, le plus grand combat mécanisé de tous les temps, elle engage alors encore plus de fantassins et simultanément les chars.

L’Armée Rouge, commandée par Joukov, compte plus de 1,3 millions de soldats, 3.600 chars et 20.000 pièces d’artillerie. Elle est opposée aux 800.000 hommes, 2.700 chars et aux 12.000 pièces d’artillerie du Feld-Maréchal Von Kluge.( environ 50% des capacités en blindés sont déployés par l’armée allemande)

2400 avions d’un côté, 2000 avions de l’autre,  6000 si l’on compte les réserves engagées, la bataille est titanesque. 

Nous sommes en 1943, à 250 km de Karkov. L’offensive allemande est mise en échec et ils n’avanceront plus.

Le bilan est conséquent : 607.000 morts et disparus soviétiques pour 500.000 allemands !

 

Dans les années 60, les divisions russes commencent à se mécaniser. Le fantassin ne marche plus à pied, il est transporté dans des véhicules blindés à roues ou chenillés tous amphibies. Les moyens du génie sont développés et complétés par des engins de génie pontage.

La doctrine est toujours offensive mais on regarde désormais vers l’ouest, vers l’occident.

 

La marche en avant continue à être l’essentiel de la doctrine. La supériorité doit être dans tous les domaines de 3 contre 1, avec cependant des contraintes logistiques de plus en plus en plus importantes. La division de base passe à 8.500 hommes. L’objectif de la journée est de 40 km et la division occupe un terrain incomparablement plus vaste, de 25 km sur 35. La densité humaine est passée de 500 hommes au km2 à 10 hommes au km2.

 

Dans les années 80, la division couvre un terrain de 60 km sur 30. Quasiment autonome, elle est dimensionnée pour une action offensive, représentant une force de 15.000 hommes. L’objectif de la journée est d’avancer de 60 à 70 km. La densité est de 8 hommes au km².

Elle concentre ainsi une force blindée considérable dans laquelle les appuis ont pris une place essentielle. Cela commence à l’échelon du bataillon. Le régiment est construit selon une structure 3 plus 1: 3 bataillons de chars à 3 compagnies (soit environ 90 chars) plus un bataillon de mécanisés, plus des appuis d’artillerie. La division blindée est construite de la même manière, 3 régiments de chars et un régiment de fusiliers mécanisés sur BMP (transport chenillé de fantassins, mais aussi formidable engin d’appui et de destruction anti-char, chacun de ces engins pouvant tirer un missile, sagger puis spandrell, jusqu’à 3 km ou 5 km ).

Les éléments organiques divisionnaires sont pléthoriques.

Un régiment de génie peut installer 150 mètres de pont sur n’importe quelle coupure humide. Un régiment d’artillerie sol-sol avec ses obusiers blindés et un groupe de BM 21 (successeur des fameuses orgues de Staline) porte ses feux dans la profondeur jusqu’à 30 km.

Un régiment de missiles sol-air assure la défense anti-aérienne avec des missiles SA6 et SA8. Un régiment de génie est capable de miner, déminer, ouvrir des itinéraires, et un groupe à capacité nucléaire ou chimique composé de 4 lanceurs FROG montés sur camion ZIL 135 tout terrain de grande mobilité, complètent cette force considérable.

La division rouge marche sur 3 axes espacés de 10 à 15 km pas plus, les moyens d’artillerie étant toujours à distance d’appui. Loin devant, l’éclairage est assuré par des reconnaissances à base de véhicules à roues et amphibies, mais il n’est pas rare d’observer une compagnie de chars en tête, pour marquer un axe d’effort. Extrait de Vostok.....

 

 



28/12/2009
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