ATHENA-DEFENSE

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A propos de La gauche, la droite, Hollande, La Libye, BHL, la Syrie

 

 

Faisant suite à ma réflexion de mon précédent article
« A propos des élections en général… » j’ai lu avec intérêt l’appel aux électeurs de droite de Philippe Tesson.

 

Pour Philippe Tesson, je cite : «  Il reste incompréhensible qu'une fraction de Français idéologiquement hostiles à la gauche, les uns franchement orientés à droite, les autres de sensibilité
centriste, aient assuré, transgressant par-là même leurs convictions, la
victoire de François Hollande le 6 mai dernier, tout en se prononçant, parfois avec
force, contre son programme et tout en doutant de sa capacité à résoudre les
problèmes qui se posent à la France.

On veut parler ici principalement d'une partie de la droite chiraquienne et d'une partie des électeurs du MoDem. On sait que le ressort de leur motivation était dans la répugnance qu'exerce sur eux la
personne de Nicolas Sarkozy. S'y ajoutaient certes, et on l'admet davantage, les réserves que provoqua chez eux dans les derniers temps de la campagne la radicalisation du président sortant sur les problèmes relatifs à l'immigration. » … Plus loin : « Ces quelques centaines de milliers de voix transfuges qui sont à l'origine de cette ahurissante duperie obéissaient, si l'on comprend bien, à
des causes culturelles et morales. Culturelles : les manières d'être de Sarkozy, ses façons de faire. N'y revenons pas : ce procès byzantin est étranger à la raison, il est à mettre au rang des délits de sale gueule. On ne supprime pas un homme parce qu'il ne vous plaît pas, la politique n'est pas
affaire de sentiment. » Et enfin : « Non seulement les dissidents du centre et de la droite qui ont voté Hollande ont assuré sa victoire, aux dépens de leurs propres intérêts idéologiques et politiques, mais
ils ont renforcé Marine Le Pen, aux dépens de ces mêmes intérêts, faisant de celle-ci la maîtresse d'un jeu diabolique en lui offrant le piège dans lequel elle espère enfermer la droite lors des prochaines législatives. »

 

Je ne suis pas loin de penser  que Philippe Tesson n’a pas tout à fait tort, le rejet de Sarkozy
en tant que personne, et dont il est responsable, doit-il faire oublier aux gens de droite modérée et humanistes, qu’ils n’ont pas à avoir peur de voter pour leurs idées, et non contre une personne qui soit dit en passant sera réhabilité, lorsque l’on voudra bien faire un bilan pas tout à fait négatif de
son quinquennat. Lorsque j’ai décidé d’orienter ce blog vers une réflexion plus politique, je prenais un risque, celui de décourager une partie de mes fidèles  et de capter quelques autres plus radicaux. Or je m’aperçois que des gens de gauche comme de droite, viennent respirer un peu d’air, que je souhaite un peu plus pur ici qu’ailleurs.. Pari difficile, j’en suis conscient, mais pari à,
relever. Ma légitimité provient paradoxalement de  mon inexpérience en la matière. Je ne roule pour personne.  Je continuerais tant que je tiendrais la barre solidement.

 

Hier tard dans la nuit j’ai suivi l’intervention de Bernard Henri Lévy, certes le personnage
égocentrique parfois m’exaspère.. Mais il m’a paru sincère sur son action lors de la crise libyenne.  Et du coup les égéries de « On n’est pas couché sur France 2 »  Natacha Polony et Audrey Pulvar, chroniqueuses de talent, m’ont paru un peu décalées, dans la mesure où elles ont eu face à
elles un BHL qui paraissait plutôt sincère, presque touchant. Il présentait son film :,"Le serment de Tobrouk". Un film qui retrace sur plusieurs mois comment la Libye s’est libérée des jougs de son tortionnaire Kadhafi. Et o, bien entendu, il est le personnage central. Mais comment lui en vouloir ? Objectivement qui d’autres serait intervenu à sa place ? Il l’a fait, dont acte. D’ailleurs, il n’a été qu’in facilitateur, un agent de liaison, et grâce à lui, le drapeau français à flotter en Libye..  Avons nous su exploiter cet avantage ? Bien sur que non, comme d’habitude…

 

Fallait-il y aller ?  Oui selon BHL, sauver des vies, est une justification suffisante.. Fallait-il le faire ? Si nous avions su ce qu’il adviendrait de la situation après la chute de Kadhafi ?
Oui, l’Islam mettra du temps pour devenir laïque, il fallait prendre ce risque..

 

Et finalement la seule question qui vaille fût posée par Pierre Palmade, présent à l’émission..
Pouvez-vous nous définir en quoi vous êtes un philosophe ? La réponse de BHL m’a troublé, « Depuis la shoah  (Hitler) et la Kolyma (Staline) le philosophe ne peut plus se contenter de contempler le monde, mais il doit agir, c’est pourquoi je revendique le droit à l’ingérence, et c’est pourquoi je lance un appel à François Hollande, pour qu’il pousse la communauté internationale à intervenir pour cesser les massacres en Libye… Mais aura-t-il la même folie positive pour agir que ne l’avait eu Sarkozy.. Là est la question ?

 

 

Ci-dessous : Appel de BHL à François Hollande :

 

La France fera-t-elle, pour Houla et Homs, ce qu'elle a fait pour Benghazi et
Misrata ?

Userez-vous de votre crédit personnel considérable, et de celui de notre pays, pour revenir
vers nos alliés d'hier et, avec eux, avec la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, la Ligue arabe, la Turquie, décider d'une stratégie allant au-delà du "soutien sans faille à la mission Annan" dont vient de
faire état, ce lundi, à 18 heures, un communiqué élyséen ?

Ferez-vous en sorte que le Groupe des pays amis du peuple syrien où nous jouissons, du
fait de notre rôle moteur en Libye, d'une influence décisive, réfléchisse à la mise en oeuvre rapide d'une ou plusieurs des options déjà sur la table et qui n'attendent qu'un Capitaine : périmètres de sécurité, aux frontières de la Jordanie ou de la Turquie, proposés par le Qatar ; l'idée des "no-kill
zones" avancée par le ministre des Affaires étrangères turc et que sanctuarisaient, au coeur du pays, des éléments de l'Armée syrienne libre équipés en armes défensives ; zones interdites, dans le ciel, aux hélicoptères de la mort et, sur la terre, aux blindés transport de troupes et de matériels
de guerre ?

Ou bien vous laisserez-vous gagner par le défaitisme des Norpois qui se sont toujours
trompés, qui, la veille de la chute de Tripoli, prédisaient encore un "enlisement" et qui vont partout ânonnant que la-Syrie-n'est-pas-la-Libye, qu'Assad-n'est-pas-Kadhafi ou que la-Russie-et-la-Chine-mettront-inévitablement-leur-veto :
moyennant quoi nous ne faisons rien, nous ne risquons rien, nous restons les bras croisés face aux atrocités ?

Je sais, Monsieur le Président, que vous avez d'autres urgences, un autre calendrier, des engagements que vous avez pris et que vous devez tenir.

Mais qu'est-ce qui était le plus urgent - d'aller en Afghanistan préparer le retrait anticipé
de nos troupes ou de prendre l'initiative en Syrie ?

Qu'est-ce qui est le plus important - annoncer la réduction du salaire de vos ministres et le gel du prix des carburants ou introduire au Conseil de sécurité une résolution autorisant le bombardement de ceux des tanks positionnés à  l'extérieur des villes, en position de tir ?

Réassurer le couple franco-allemand, vous faire mieux connaître d'Angela Merkel, sauver
l'euro, ce sont des obligations impérieuses - mais sauver un peuple ? et en quoi le drame grec empêche-t-il de décrocher le téléphone pour, comme fit votre prédécesseur, convaincre vos homologues russe et chinois que leur soutien aveugle au terrorisme d'Etat syrien les déshonore et les affaiblit ?

Nous nous sommes rencontrés, à votre demande, le 27 janvier, alors que commençait la campagne électorale.

Je vous avais rappelé que Nicolas Sarkozy, le 10 mars 2011, devant les émissaires libyens venus demander l'aide de la France, avait confié que, si le Conseil de sécurité venait à bloquer une résolution visant à faire respecter "la responsabilité de protéger" qui est dans les obligations des Nations unies, il se rabattrait sur une instance de légitimité de format plus réduit,
dont les pivots auraient été l'Union européenne et la Ligue arabe.

Vous aviez semblé, ce jour-là, juger la démarche rétrospectivement raisonnable.

Vous aviez paru, surtout, partager l'idée qu'Assad n'est pas plus fort que ne l'était jadis Kadhafi - et qu'il n'est fort, en vérité, que de notre abstention, de notre laisser-faire, de notre lâcheté.

C'est l'une des raisons qui m'ont fait voter pour vous.

Puissé-je ne pas m'être mépris.

Comme disait le combattant syrien masqué : n'ayons pas peur de ce tigre de papier.

 

Par Bernard-Henr Lévy

 

 



03/06/2012

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