ATHENA-DEFENSE

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A propos de syndicalisme.. Mon coup de gueule..

 

Mon coup de gueule……

 

A quoi peut servir le syndicalisme dans les armées ? Est-ce un « mal » nécessaire ? Comment pouvons-nous  concevoir une défense européenne dans une inégalité flagrante de traitement de ceux qui en sont les acteurs principaux ? Un syndicalisme apolitique et neutre peut-il exister ? L’histoire du syndicalisme en France et de sa relation avec « Le  Politique, le mouvement social, le communisme, les mouvements pacifistes, la lutte des classes  » condamne-t-il tout progrès de notre institution dans ce domaine ? Faut-il considérer que l’appartenance à une institution régalienne interdit la prise en compte de la défense des droits collectifs et individuels ?  En un mot la France sera-t-elle le dernier pays d’Europe à considérer que les membres de l’institution militaire ne peuvent s’organiser dans la défense de leurs « intérêts catégoriels ».. Est-ce si iconoclaste de se poser ces questions ?

 

En Allemagne, le Bundeswehrverband (syndicat des militaires de l'armée allemande), regroupe plus de 200.000 personnes, ses ressources financières sont garanties statutairement et son président le colonel Kirsch est un partenaire officiel du ministère de la défense.. En France une association de défense des droits des militaires n’est légitimée d’aucune façon alors que  le statut général des militaires français  défini par la loi 2005-270 du 24 mars 2005 incorporée au Code de la défense Partie IV livre 1er, interdit aux personnels militaires des armées, aux pompiers militaires et aux gendarmes l’adhésion à des groupements professionnels, les privant ainsi de toute possibilité de défendre leurs intérêts et d’exprimer leurs revendications, et ce en contradiction totale avec la constitution et la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

 

Or  Article L4111-1 insiste sur le fait que « L'état militaire exige en toute circonstance esprit de sacrifice, pouvant aller jusqu'au sacrifice suprême, discipline, disponibilité, loyalisme et neutralité. Les devoirs qu'il comporte et les sujétions qu'il implique méritent le respect des citoyens et la considération de la Nation. »

Ce qui implique donc que la nation « considère » le militaire…  Considérer possède 20 synonymes parmi ceux-ci, les verbes, écouter,  estimer,  regarder, respecter.

 

Or dans l’histoire récente de notre institution,  force est de constater que l’écoute de la base par les chefs n’est pas un élément fondateur dans lequel la base ( langage de syndicaliste que je ne suis pas) est écoutée.. Louvois en est un exemple.

Quant à l’estime ? Le décrochage régulier et décennal de la grille indiciaire des uns et des autres par rapport à d’autres ministères plus écoutés est flagrant.

 

Et le regard ?  Celui que porterait le citoyen envers ceux à qui est exigé,  esprit de sacrifice, pouvant aller jusqu'au sacrifice suprême, discipline, disponibilité, loyalisme et neutralité  se traduit-il dans les faits, lorsque l’on sait à quel point la communication dans les armées est d’une faiblesse pour ne pas en dire plus, lamentable.. L’information y est soit trop discrète, soit décalée, soit à contre temps, soit sans intérêt..   Quant aux médias ils relayent l’inconséquente insignifiance de ceux qui croient protéger l’institution en organisant eux-mêmes  leur inexistence..

 

Alors respecté ?  Certainement dans les discours mais dans les actes ? Que faisons-nous du dialogue ?

Et dans ce domaine nous sommes tous responsables, Messieurs qu’on nomme grands,  comme les petits et les sans grades.. La frilosité et le silence ne servent ni l’institution, ni les hommes qui la composent, ni la Nation.. Les décisions qui vont être prises concernant la Défense devraient concerner tous les citoyens responsables.. Mais je crains que la neutralité ne se traduise par une certaine forme de lâcheté.. Je suis d’ailleurs lassé de ces quelques « Généraux à la retraite » souvent les mêmes et non représentatifs qui se fendent de déclarations tonitruantes relativement générales et souvent sociétales ou légèrement obsolètes suffisamment insignifiantes pour être accessoires  relayées sur Internet dans l’indifférence elle aussi générale, à l’exception de ceux qui ont pour seul  univers  « la ligne bleue des Vosges… »    

 

Reste,  les organismes de concertation  dont les membres ne sont pas en cause et qui font ce qu’ils peuvent tout en en dénonçant d’ailleurs l’autisme des politiques..  L’histoire donnera un jour raison a ceux qui souhaitent une représentation raisonnée, apolitique mais indépendante et institutionnalisée..  Sans quoi  nous serons, volontaires ou non, les dignes représentants de  l’hypocrisie à la française,  dans le concert de ceux qui dénoncent, sans prendre de risque, les pieds ancrés solidement dans le confort de leur immobilisme…   

 

Roland Pietrini



25/02/2013
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